{process=oui}
Inachevé.net

Site de création littéraire plus ou moins expérimentale

1

8 septembre 2020

Perdu au fin fond de la forêt vierge, à mille milles de toute terre habitée, l’artefact dont il est question ici a longtemps été caché à nos regards par une végétation touffue à l’extrême et d’un développement vertical exceptionnel. Jusqu’à sa découverte, au hasard d’une expédition menée par les fameux chrono-biologistes quimpancaix Jiro Hirubota et Voloira Moiloiroimoinoi — qui seront, quelques années plus tard, récompensés par le prestigieux Prix Hibal, justement pour leurs travaux sur la biodiversité réalisés dans cette antique forêt secondaire.
Dès que ces deux éminents scientifiques, et leurs guides-accompagnateurs, ont posé les yeux sur cet artefact monumental, qui nous vient d’un temps des plus anciens, ils ont compris son importance inestimable. Ainsi que le pouvoir fabuleux et hypnotisant qu’il exerce sur l’esprit humain. Et puis son aura énigmatique, enfin, qui soulève bien plus de questions qu’il n’apporte de réponses sur la civilisation qui l’a érigé. Comme nous l’allons voir ici.
Les outils théoriques et techniques manquent, en effet, pour interpréter ce monument hors du commun. Tout interroge à son sujet : sa localisation (ou plutôt son isolement extrême), sa nature architecturale (est-ce le vestige d’une structure plus vaste ? Ou un bâti autonome ?), son unicité (il ne ressemble à aucune autre structure existante ou ayant existé à la surface de cette planète ou de toute autre planète de notre connaissance), sa taille (ou plutôt sa hauteur), sa forme (ou plutôt ses formes multiples qui semblent pourtant constituer un tout étrangement cohérent), sa datation précise (les premières analyses suggèrent une construction aux alentours de -7000 et -3000 Avant Révélation), la matière dans laquelle il est bâti (et son mode de construction, qui ne laisse pas de nous étonner de la part des civilisations primitives qui peuplaient alors la planète), sans parler de sa fonction.
Cette fonction est bien évidemment le nœud (ou plutôt l’un des nœuds) du problème : il est certain qui si nous la connaissions, toutes les autres questions trouveraient au moins un début de réponse. Au reste, depuis sa découverte, les légendes à ce sujet sont multiples et parfois échevelées — certaines, toutefois, sont parfois plus pertinentes qu’elles n’en ont l’air et portent sans doute une part de vérité, que nous nous attacherons également ici à démêler.
Ajoutons enfin, pour clore ce préambule, que la tâche des archéologues et historiens est compliquée par la distance dans le temps et ce que cela signifie en termes de bouleversements telluriques ou climatiques, mais aussi humains. Certains indices trouvés sur place suggèrent en effet que l’artefact aurait été découvert bien avant Hirubota et Moiloiroimoinoi par une peuplade venue de l’ouest. Originaire d’une île disparue voilà deux ou trois millénaires dans un cataclysme volcanique, cette civilisation s’est éteinte entretemps. Les traces qu’a laissées ce peuple méconnu sur le site en troublent bien souvent l’interprétation. D’autant plus que nous les soupçonnons fortement de s’être livrés à une forme, sans doute motivée par des contingences pratiques, mais néanmoins ravageuse, de pillage.



Dernier ajout : 21 septembre. | SPIP

Si l'un de ces textes éveille votre intérêt, si vous voulez citer tout ou partie de l'un d'eux, vous êtes invités à contacter l'auteur.