Accueil > Fictions > Des amphéts pour un amphi
Des amphéts pour un amphi
Petit exercice : à partir d’un titre donné, tenter d’esquisser une intrigue
jeudi 30 avril 2026, par
Des amphéts pour un amphi : le titre a jailli comme ça, brut, dans mon esprit, à la lecture d’un article de presse sur l’usage non médical de psychotropes par des étudiants stressés, imaginant ainsi démultiplier leurs capacités.
Aussitôt ce titre m’a paru parfaitement à sa place dans une collection comme la Série Noire. Mais pour quel roman ? Petit exercice : à partir d’un titre donné, tenter d’esquisser une intrigue, un pitch.
Le plus évident — en lien de surcroit avec la lecture qui l’a fait naitre — serait que cela se passe dans un milieu universitaire. Mais alors quoi ? Un trafic de drogues parmi les étudiants qui tournerait mal ? Pourquoi pas. Ça fait un peu réchauffé, mais il y a du potentiel. Ce serait toutefois un sujet un peu trop « social » pour la Série Noire, non ? Pas suffisamment distancié, ou acide ?
Dans ce goût-là, on pourrait alors penser plutôt à une histoire à la David Lodge : parmi les professeurs et leurs assistants ? Quand David Lodge rencontre #MeToo ? Ça commencerait par une soirée qui semble avoir mal tourné : l’overdose d’un professeur — pour éviter les clichés, je pencherais pour un professeur jeune (pas un vieux mal blanc en tout cas). Un professeur qui ne semble jamais avoir fait de vague. Rapidement, le détective en charge de l’enquête découvre qu’il n’est sans doute pas mort là où on l’a trouvé (dans un bureau de l’administration, mettons, même pas le sien), mais plus vraisemblablement au pied d’un tableau d’amphi (on retrouve de la poussière de craie sur ses vêtement, accumulée de telle sorte qu’on peut imaginer qu’il s’est roulé par terre). Mais la hiérarchie de la police a hâte de clore le dossier : l’overdose accidentelle, c’est parfait, c’est plausible, et ça permet de réaffecter les moyens à d’autres enquêtes. Mais notre détective flaire le gros coup. Il poursuit seul ses investigations, tente de tracer la drogue qu’on a détecté dans le sang de la victime. Au fil de ses pérégrinations, notre anti-héros va se faire tabasser par une petite frappe qui veut se faire remarquer par un gang de dealers (lequel, finalement, n’a rien à voir avec la choucroute), tomber amoureux de la veuve éplorée de la victime (pas si innocente que ça : il nous faut bien une femme fatale quelque part).
Finalement : l’overdose aura été vraiment accidentelle (il pensait prendre un doliprane, et ça n’en était pas), mais on aura mis au jour une sombre histoire de kidnapping, sur fond de vengeance politique (le préfet est trempé jusqu’au cou, et peut-être même l’Élysée ?).
Voilà. Reste à l’écrire. Et à tenter de réconcilier toutes les contradictions que, dans mon improvisation, j’ai immanquablement suscitées.
Inachevé.net