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	<title>Inachev&#233;.net</title>
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	<description>Site de cr&#233;ation litt&#233;raire plus ou moins exp&#233;rimentale</description>
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		<title>Inachev&#233;.net</title>
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		<title>Le Lac</title>
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		<dc:date>2010-02-28T20:08:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Texte inachev&#233;, inabouti, dont je ne suis pas encore satisfait, qui trouve sa place dans mes variations &#233;rotiques sur les cinq sens, ici, le toucher... &lt;br class='autobr' /&gt; Cet &#233;t&#233;, souviens-toi, c'&#233;tait la canicule. Et &#231;a nous faisait grand effet. &#8212; &#201;t&#233; pass&#233; sur les routes, &#224; chercher l'ombre et la fraicheur, illusoire. Succession de chambres de lits, de couches indistinctes. &#201;t&#233; qui n'est que souvenir de ton corps, torpeur assommante et moite, stupeur humide et sensualit&#233; hallucin&#233;e de somnambule. &lt;br class='autobr' /&gt;
Draps (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://inacheve.net/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;&#201;ros&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Texte inachev&#233;, inabouti, dont je ne suis pas encore satisfait, qui trouve sa place dans mes variations &#233;rotiques sur les cinq sens, ici, le toucher...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet &#233;t&#233;, souviens-toi, c'&#233;tait la canicule. Et &#231;a nous faisait grand effet. &#8212; &#201;t&#233; pass&#233; sur les routes, &#224; chercher l'ombre et la fraicheur, illusoire. Succession de chambres de lits, de couches indistinctes. &#201;t&#233; qui n'est que souvenir de ton corps, torpeur assommante et moite, stupeur humide et sensualit&#233; hallucin&#233;e de somnambule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Draps froiss&#233;s, jet&#233;s bas. Paupi&#232;res entrouvertes, le sommeil &#224; port&#233;e de main, et ton corps nu, tantalisateur &#224; deux doigts de ma bouche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps p&#233;dale, g&#233;latineux, dans l'air capiteux et pesant, avec une lenteur exasp&#233;rante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vent qui rythmait les journ&#233;es s'est retir&#233; &#8212; nature morte inanim&#233;e. Il n'y a plus ni nuit ni matin&#233;e. Tout n'est plus que longue apr&#232;s-midi &#8212; apr&#232;s-midi qui n'en finit pas de nous &#233;craser, et p&#232;se sur l'ombre de tes cheveux en d&#233;sordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est au ralenti, les mouvements sont lents et las, suspendus, vibrants, tels une fresque Sixtine. Les yeux mi-clos, les mains lourdes, les doigts gourds que l'on sent gonfl&#233;s de chaleur, pulsation sourde aux tempes, lourdeur paresseuse des corps qui soudain se noient. Nos peaux qui n'en sont plus, charg&#233;es d'humidit&#233; et de senteurs fauves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Corps en sommeil, corps en repos &#8212; corps en r&#233;pit, corps en d&#233;die. La p&#233;nombre est charg&#233;e, lumineuse et bourdonnante, la chaleur est partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma main se hasarde vers ta cuisse, mes doigts glissent, gravissent les reliefs, cherchent sans savoir quoi, dirig&#233;s vers ton sexe par un d&#233;sir primordiale, machinal. Il fait trop chaud pour musarder en chemin, ta peau a d&#233;j&#224; son compte, ton sexe seul a soif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un film translucide fait briller ta peau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bient&#244;t tu soupires, le d&#233;sir ne t'a pas quitt&#233;e, tu n'as pas cess&#233; de guetter la caresse &#8212; appel silencieux par-dessus la torpeur, au-del&#224; l'immobilit&#233; l&#233;nifiante, la paralysie ambiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les dix prochains paragraphes sont &#224; retravailler et &#224; &#233;toffer...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu attends mes doigts. Tu les veux autant que tu les crains. Tu retiens ton souffle, et l'assoupissement qui s'avance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fait trop chaud pour jouer encore &#8212; mais la chaleur &#233;veille tes sens qui ne demandent qu'&#224; &#234;tre nourris &#224; nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme &#224; regret, je soul&#232;ve mon corps qui semble peser des tonnes, je me rapproche de ton corps vibrant en attente. Ta peau para&#238;t presque fra&#238;che contre la mienne. Tu m'offres ta bouche, d'une fra&#238;cheur absolue &#8212; avec toi, j'ai l'amour en m&#234;me temps que l'eau fra&#238;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans le vouloir, tu tends le ventre, tu ondules les cuisses pour venir &#224; la rencontre de ma main et t'enrouler autour de mon bras. Je laisse un long moment mes doigts sur ton sexe. Je sens tes l&#232;vres gonfl&#233;es qui frissonnent sourdement entre mes phalanges. Tu respires plus fort, ma main s'aventure, plonge en toi, ne trouve nulle r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'air tropical se m&#234;le &#224; nos haleines, s'insinue dans nos d&#233;sirs, r&#233;duit nos deux corps &#224; deux sexes &#8212; tout mon corps devient verge, je voudrais te p&#233;n&#233;trer toute enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ta peau m'accueille avec la m&#234;me avidit&#233; que ton sexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref soulagement. Bref soulagement de mon sexe qui glisse en toi, reprends sa place avec paresse. Mais ce n'est bient&#244;t plus assez et, comme &#224; regret, mon visage perdu dans tes cheveux, tu commences un va-et-vient retenu &#8212; mouvements larges et las, paresseux et lents. Je ne suis plus, je suis en toi, je suis bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il manque quelque chose ici, il me semble&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois j'interromps l'inlassable flux et reflux de nos nuits, je suspends un instant l'oc&#233;an de nos d&#233;lices, j'&#233;merge et je caresse tes courbes de mon sexe luisant de toi. Ton ventre qui se soul&#232;ve, tes seins dont je sens les t&#233;tons se presser contre ma verge. Ta peau r&#233;agit &#224; son contact, se convulse en un orgasme nomade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ext&#233;nu&#233;e, tu te laisses faire, tu gis, ivre de jouissance &#8212; cette image d'abandon lascif, d'air &#233;pais et lourd charg&#233; de senteurs charnelles, de suspension du temps, d'espace intime r&#233;duit comme peau de chagrin, ferm&#233; d'une brume opaque et capiteuse, cette image que fera toujours rejaillir pour moi ces trois petits mots luxe calme volupt&#233; &#8212; ivre, les yeux clos, plong&#233;e en cette transe singuli&#232;re d'oubli de soi, d'oubli de conscience. &#192; mon sexe s'ajoute bient&#244;t ma langue &#8212; tu g&#233;mis (ou g&#233;mis-tu vraiment, puis-je jamais savoir ce qu'entendent mes oreilles, puis-je mettre un nom dessus ?), n'est-on pas d&#233;j&#224; pass&#233; par l&#224; ? Oui, peut-&#234;tre, qui sait, on a d&#233;j&#224; oubli&#233;, qu'importe, reprend-moi, non, c'est de trop, non, assez de tout &#231;a, j'ai mal de tant de volupt&#233;, de tant de violence reprend-moi, ne t'&#233;loigne pas, assez de jouissance, reprend-moi, je me replonge, avide, familier, retrouve mon antre. N'y a plus que du lisse, du soyeux, nos deux corps, nos deux odeurs qui se m&#234;lent dans la chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous baignons de stupeur, nous baignons de sueur, le corps entier transform&#233; en sexe ouvert, mes doigts, mes bras, ma poitrine, sont des verges et je veux t'en poss&#233;der, te p&#233;n&#233;trer tout enti&#232;re, ton ventre, tes seins, tes fesses, ton dos si lisse, si long, sinueux dans tes spasmes, puis si long, si abandonn&#233;, si d&#233;tendu dans mes bras lorsqu'enfin la jouissance nous laisse quelque r&#233;pit, quelques instants, imperceptibles et non mesurables, de repos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et des nuits enti&#232;res des jours entiers ainsi o&#249; l'on ne saurait distinguer le sommeil de l'amour, o&#249; il n'est plus question de d&#233;lassement, plus question de paresse &#8212; que de langueur. Tour &#224; tour nos chambres successives, interchangeables nous ont connus nus l'un &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la p&#233;nombre &#233;touffante, je devine ce grain de beaut&#233; au coin de ton &#339;il droit, j'entends mes cheveux bruisser sous tes doigts. Je sens la chatouille des tiens au creux de ma paume. Je respire ta beaut&#233; et ton odeur. Les yeux ferm&#233;s, tout contre toi, je vois le bleu de tes yeux, tes sourires et tes moues, je vois la petite tache sur ton pied mignon, je sens tes caresses suivre la courbe de mes &#233;paules, je sens tes hanches, je sens tes fesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se r&#233;veille encore emboit&#233;s l'un &#224; l'autre, et mon sexe en toi trouve un second souffle. Machinalement, comme plong&#233;s dans une transe hypnotique, on retrouve les gestes naturels, mouvements d'abord imperceptibles, palpitations internes, discr&#232;tes, tes muscles se contractent autour de ma verge, la pressent et l'enserrent, la tiennent prisonni&#232;re comme pour l'emp&#234;cher de s'&#233;chapper. Minuscules frottements, battements de sang invisibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu sens ce plaisir qui ne t'a pas quitt&#233;e monter &#224; nouveau, tu le repousses au loin, je crois entendre quelque non dans tes g&#233;missements. Douleur d&#233;licate, fuite exquise, tentation ultime, &#224; laquelle tu n'&#233;chapperas pas. Mouvement d'une lenteur saccad&#233;e, jouissance exasp&#233;rante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est plus besoin de caresse. Ma main pos&#233;e sur ton sein suffit &#224; ton soupir. Ta peau luisante qui exige mes attentions, l'air d&#233;plac&#233; par un seul de tes mouvements, suffisent &#224; m'exciter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assomm&#233;s de soleil, effondr&#233;s nus c&#244;te &#224; c&#244;te sur le lit. Je sens ta pr&#233;sence &#224; mes c&#244;t&#233;s, l'air vibre &#224; la surface de ta peau &#8212; air tremblant et r&#233;chauff&#233;, sans espoir d'orage qui troublerait la vue et les sens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu te voudrais plus avare de ton plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tes non &#8212; ton &lt;i&gt;nom&lt;/i&gt; &#8212; pas d'encouragement, une invite crypt&#233;e de ton corps qui se tend, comme pour me dire convaincs moi un peu, encore un peu, mieux, encore. Nous sommes las, tu en joues, tu m'&#233;chappes, tu me tentes, te caches sans bouger, l'air tremblant &#224; la surface de ta peau est la seule muleta que tu aies besoin d'offrir &#224; mes sens pour m'aiguillonner, m'aguicher, m'exciter, tu n'as de cesse de jouer &#224; cache-cache avec notre d&#233;sir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu ne t'en lasses pas, tu ne le comprends plus &#8212; comme cette interruption de la pens&#233;e devant un feu de bois, devant la mer, devant les vagues. Le plaisir r&#233;alimente chaque fois ton d&#233;sir, sensation nouvelle, inattendue. D&#233;sir nourri de plaisir, interminable, inaccessible.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;*&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais quand ni comment ils sont apparus. Tout d'un coup, ta langue est glac&#233;e sur mon ventre, sur ma verge. Tu fais glisser un gla&#231;on entre tes l&#232;vres, entre les miennes, puis un second, sur mon ventre. Le premier contact est d&#233;plaisant, presque d&#233;sagr&#233;able. Si j'en avais l'&#233;nergie, j'aurais un mouvement de recul. Au lieu de quoi, je te laisse faire. J'attends. Puis je me fais &#224; cette fraicheur, je subis tes caresses, je souffre de les attendre. On sait que &#231;a arrive, que &#231;a va arriver, flash impromptu, inattendu. On sait que &#231;a y est &#8212; on ne sait rien. &#199;a ne suffit pas. On veut savoir o&#249; quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je frissonne, j'ai presque froid. Tu remontes sur moi, tu prends mon sexe raide entre tes doigts, tu le guides en toi, tu glisses un nouveau gla&#231;on entre mes l&#232;vres et tu m'offres tes seins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ferme les yeux, j'entends ton g&#233;missement rauque &#224; mon oreille, ton souffle violent, haletant, ton corps se d&#233;tend dans un dernier spasme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je fonds en toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et j'encha&#238;ne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;*&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Noir&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;*&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cherchant la fraicheur vers les cimes, nous voil&#224; pr&#232;s d'un lac d'altitude. Le soleil, plus aveuglant que sur la plaine, p&#232;se moins sur nos sens, qu'il lib&#232;re du poids de sa folie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes l&#224;, immobiles, dans le confort du vent et de la lumi&#232;re douce de cette apr&#232;s midi d&#233;clinante qui n'en finit pas de. C&#244;te &#224; c&#244;te, nus apr&#232;s le bain. Le vent se fait plus doux et plus caressant &#224; la fois. Il finit de nous s&#233;cher. Ta peau luit, mordor&#233;e au soleil. Je te regarde, je te contemple, belle, &#233;panouie dans ta d&#233;tente. Mais bient&#244;t, nous ne sommes plus seuls, la brise prend part &#224; notre silence. Je sens tes yeux sur moi. Je vois tes seins se tendre, tes t&#233;tons se dresser sous sa caresse. D&#233;lice suspendu de mon sexe lentement excit&#233;. Mon d&#233;sir cro&#238;t, calme et certain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ton regard effleure mon sexe. Tu es comme intrigu&#233;e, fascin&#233;e, par sa m&#233;tamorphose. Tu prends de longues respirations qui offrent ta poitrine au vent. J'aper&#231;ois l'humidit&#233; qui suinte entre tes cuisses, jouant de reflets dans la lumi&#232;re &#233;paisse et enveloppante. Nos regards se croisent, souriants, complices d'on ne sait quoi, d'on ne sait pas encore. Nous sommes &#224; un m&#232;tre l'un de l'autre, et c'est comme si ta main couvait ma verge. Sans un mot, le d&#233;sir s'impose. Vent et soleil nous magn&#233;tisent, nous poussent l'un vers l'autre, pressants et discrets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brisant l'immobilit&#233; toute apparente du tableau, tu te penches sur moi. D&#233;licate, tu poses quelques l&#233;gers baisers sur mon sexe. D'un petit geste, tu rattrapes quelques cheveux &#233;chapp&#233;s de ta chevelure. Ta main se pose sur ma cuisse. Ta langue mutine titille mon gland. De longs instants, il n'y a plus que &#231;a : ta main chaude sur ma cuisse, et ta langue, qui lib&#232;re le frisson visc&#233;ral aux aguets. Ma queue fr&#233;mit comme un roseau souple dans le courant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu entrouvres ta bouche sur mon sexe, tu refermes l'anneau de tes l&#232;vres autour de mon gland &#8212; je te sens qui descends, chaleur humide. Ta langue suit les asp&#233;rit&#233;s. Je suis s&#251;r d'avoir g&#233;mi, mais je ne m'en souviens plus pr&#233;cis&#233;ment. Mes mains caressent tes cheveux, glissent jusqu'&#224; tes seins. Tu te redresses et c'est le premier baiser depuis les joies du bain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos bouches, ta main gauche sur ma verge, qui l'&#233;tire avec lenteur et d&#233;termination, ma main droite sur ton ventre, descendant jusqu'&#224; la chaleur de ton clitoris excit&#233;, jusqu'aux d&#233;lices sucr&#233;es de ton sexe. Pendant de longues secondes encore, c'est tout. On s'en contente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul autre contact, nulle autre caresse, sinon celles, insistantes et persistantes, de la brise et du soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis tu te l&#232;ves et, me prenant la main, m'entra&#238;nes dans les herbes hautes qui se dressent sur la berge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a pique un peu. C'est loin d'&#234;tre aussi confortable que le sable, le vent et le soleil, mais tellement plus dr&#244;le !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu exiges que je te prenne sur le &lt;i&gt;chantmps&lt;/i&gt;. Apr&#232;s t'avoir bri&#232;vement contempl&#233;e, toujours &#233;merveill&#233;, je me plonge en toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oh ! ton soupir, tes dents qui me mordillent l'&#233;paule, l'oreille, et, dans un baiser, font prisonni&#232;re ma l&#232;vre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As-tu d&#233;j&#224; joui ? Peut-&#234;tre bien. Tu souris, veux prendre le dessus. Tu veux, maligne, que je sentes moi aussi la gratouille de l'herbe dans mon dos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu bouges tr&#232;s calmement, comme pour prolonger l'excitation du vent, r&#233;primant avec peine des envies plus ardentes, brutales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des voix. Irruption dans le jeu, sursaut, petit rire. Tu te baisses soudain, te serres contre moi, de peur qu'on nous voit. Mon sexe est toujours en toi, palpitant tr&#232;s perceptiblement, au chaud, confortablement install&#233; dans le fourreau doux du tien. On attend &#8212; excitation &#8212; jeu &#8212; prise au pi&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les voix s'&#233;loignent, nous &#233;clatons de rire, moi toujours en toi. Nous ne finissons point car un autre groupe &#224; son tour approche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sir est si doux et si intense &#224; la fois que peu nous importe le paroxysme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la voiture, ma main sur ta cuisse te fait soupirer. Sans te toucher davantage que ce que la biens&#233;ance permet, la tension &#233;rotique ne se rel&#226;che pas pour autant. Elle cro&#238;t au contraire. Le sourire perdure, les yeux perdus dans un nuage de volupt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;s dans la chambre d'h&#244;tel, nous ne nous touchons pas davantage. Indiff&#233;rente et tentatrice, tu fais couler un bain, pour te rincer de l'eau du lac mais non pas de notre d&#233;sir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvelle plong&#233;e, nouvelle humidit&#233; famili&#232;re. Le jeu se poursuit longuement, lentement, sans varier le rythme quiet de l'ardent vent d'ao&#251;t, dont nos sens portent encore le souvenir de l'excitation premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la large baignoire, je passe ma main mouill&#233;e sur ta peau douce. Tu montes &#224; nouveau sur moi et me reprends en toi &#8212; retenue &#8212; apesanteur de l'eau. Toujours retarder l'instant &#8212; toujours &#233;loigner le rel&#226;chement. Nous nous levons sans nous s&#233;parer. Nul besoin de se s&#233;cher, il fait si chaud &#8212; les gouttes tracent un chemin sinueux et frais &#224; fleur de peau, rel&#226;chant une caresse impromptue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le lit, la jouissance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Je le mets en ligne pour m'en &#233;carter un peu &#8212; quitte &#224; le reprendre &#224; nouveau dans quelques mois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>&#171; Pas de mal &#224; une mouche &#187;</title>
		<link>https://inacheve.net/spip.php?article218</link>
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		<dc:date>2009-07-03T00:37:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'est fou ce que les hommes, m&#234;me les plus brillants, peuvent &#234;tre longs &#224; la d&#233;tente. C'est peut-&#234;tre une question d'&#233;ducation. Ils restent ing&#233;nus toute leur vie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Celui-l&#224;, il lui a bien fallu cinquante m&#232;tres pour enfin comprendre. Ce n'est qu'apr&#232;s avoir travers&#233; la rue, s'&#234;tre arr&#234;t&#233; ahuri un bon moment devant la vitrine du magasin de fringues en face, que ses yeux se sont enfin &#233;carquill&#233;s, dans un b&#233;atement enfantin. Il est trop gentil, que voulez-vous. Mais il y a des moments o&#249; &#231;a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://inacheve.net/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;&#201;ros&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est fou ce que les hommes, m&#234;me les plus brillants, peuvent &#234;tre longs &#224; la d&#233;tente. C'est peut-&#234;tre une question d'&#233;ducation. Ils restent ing&#233;nus toute leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui-l&#224;, il lui a bien fallu cinquante m&#232;tres pour enfin comprendre. Ce n'est qu'apr&#232;s avoir travers&#233; la rue, s'&#234;tre arr&#234;t&#233; ahuri un bon moment devant la vitrine du magasin de fringues en face, que ses yeux se sont enfin &#233;carquill&#233;s, dans un b&#233;atement enfantin. Il est trop gentil, que voulez-vous. Mais il y a des moments o&#249; &#231;a suffit. O&#249; la gentillesse agace, exasp&#232;re m&#234;me. O&#249; une femme ne veut plus &#234;tre ador&#233;e comme une reine, ou idol&#226;tr&#233;e comme une d&#233;esse, elle veut juste &#234;tre aim&#233;e comme une femme, &#234;tre rabrou&#233;e parfois, malmen&#233;e m&#234;me, voire trait&#233;e d'une mani&#232;re qu'elle ne s'avouerait pas consciemment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, sauf quand un exc&#232;s de gentillesse l'y pousse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, comme amant, c'est un tendre. Un bon, certes. Tr&#232;s bon. Excellent m&#234;me, mais tendre, tr&#232;s tendre. Presque trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m'aime le plus souvent avec une douceur attentive qui en devient frustrante. M&#234;me dans les positions les plus acrobatiques, je le sens sur la retenue. Je vois bien qu'il voudrait me d&#233;vorer, prendre possession de moi &#8212; m'investir sans plus d'espoir de r&#233;mission. Mais non, il prend des pincettes, se comporte en enfant bien &#233;lev&#233; que sa m&#232;re a toujours interdit de b&#226;frer, m&#234;me quand il est affam&#233;. Jusque dans la jouissance, sa passion reste c&#233;r&#233;brale &#8212; il fait tous les efforts possibles et imaginables pour emp&#234;cher l'ardeur d'emporter et son corps et ses actes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m'aime. Oui, certes, il m'aime. Et je l'aime sans doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une soir, il n'y a pas si longtemps, il m'a donn&#233;e une petite tape sur les fesses. Rien de bien m&#233;chant, juste une petite tape, une petite flatterie de croupe, comme si je lui avais jou&#233; quelque tour malicieux. Il y en eu quelques autres, par la suite, c'est m&#234;me devenu assez fr&#233;quent au bout de quelques mois, une forme de rituel &#233;moustillant aux fronti&#232;res de l'interdit. Et j'aime qu'il s'arroge ainsi cette partie de mon corps &#8212; qui, soit dit en passant, est l'un des plus beaux qu'il ait vu, m'a-t-il dit, et je veux bien le croire, c'est pas la premi&#232;re fois qu'on me fait la remarque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce moment-l&#224;, j'ai esp&#233;r&#233; un peu plus. Une fess&#233;e, peut-&#234;tre. Rien d'extraordinaire non plus, je ne suis pas exigeante &#8212; et puis, faut pas pousser. Je le lui ai m&#234;me sugg&#233;r&#233;, un soir que nous &#233;tions au lit et que, ayant chacun ferm&#233; nos livres, nous nous appr&#234;tions &#224; nous livrer l'un &#224; l'autre avec cette tendresse discr&#232;te qui refl&#232;te si mal la force de mon d&#233;sir &#8212; et du sien aussi, sans doute (j'esp&#232;re).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; bas la discr&#233;tion ! &#192; bas la bonne &#233;ducation ! Bas les masques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Non, allez, donne-moi une vraie fess&#233;e ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tu es s&#251;re ? J'ai peur de te faire mal. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais non, vas-y. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il abat sa main, vaine br&#251;lure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est tout ce que tu peux faire ? Plus fort enfin&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je vais pas te donner une fess&#233;e de toutes mes forces, quand m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En voil&#224; une seconde, plus forte certes, bien appliqu&#233;e. Mais peut mieux faire. Peut certainement mieux faire. Tant pis. Contre mauvaise fortune bon c&#339;ur, je poursuis caresses et pr&#233;ludes, un peu d&#233;&#231;ue. Ce sera pour une autre fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors voil&#224;, j'ai d&#233;cid&#233; de passer &#224; l'action. Ce matin, alors qu'il m'a accompagn&#233; au m&#233;tro &#8212; quand je vous dis qu'il est trop gentil &#8212;, j'ai essay&#233; de lui faire comprendre &#224; mots couverts que je ne suis pas en porcelaine, non mais, et qu'il peut parfois, dans le feu de l'action, me mordre ou me violenter un peu &#8212; je sais pas, moi ! un peu d'imagination que diable ! &#8212; j'&#233;tais presque &#224; lui chanter &#171; Fais-moi mal, Johnny ! &#187;, mais il l'aurait pris &#224; la rigolade, et tout serait tomb&#233; &#224; l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'est &#233;loign&#233;, un masque ahuri plaqu&#233; sur le visage. Je l'ai aussi choisi pour &#231;a, j'avoue : intelligent, cultiv&#233;, incroyablement sexy, mais na&#239;f au possible. Il lui faut parfois une &#233;ternit&#233; pour comprendre certains de mes sous-entendus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils s'y attendent si peu, ces charmants idiots, &#224; ce qu'une femme comme moi leur fasse des avances aussi ouvertes. Surtout quand elles sont ainsi habilement dissimul&#233;es sous un double sens lexical, ils ne comprennent rien, les malheureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, une semaine se passe. Puis deux. Et rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous faisons l'amour. Souvent. La plupart du temps, &#231;a vient de moi. Certes, il me suffit d'un geste pour faire parler son d&#233;sir, mais il prend rarement les devants &#8212; une princesse, sans soulier ni petit pois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suis stress&#233;e ce matin. Boulot-boulot, rendez-vous encha&#238;n&#233;s. Pasdhumeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;veill&#233;e de bonne heure, je repousse d'embl&#233;e au loin ce corps chaud et endormi. Il aime se blottir tout contre moi au matin, faire du r&#233;veil un moment d'entre-deux tendre et moite dont les caresses l&#233;g&#232;res &#233;veillent en moi de longs frissons de d&#233;lices r&#234;veusement savour&#233;es. Mais l&#224;, suis pas d'humeur, vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me redresse, m'&#233;tire le dos, l'&#233;carte autoritaire. Il esquisse un nouveau geste pr&#233;venant, mais je m'&#233;chappe et glisse aussit&#244;t sous la douche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai pas envie. Je peux pas &#234;tre plus claire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envie d'&#234;tre seule, envie de me retrouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis j'aime ces moments seule sous la douche au matin. Pour tout dire, j'aime me doucher. Je m'y retrouve, je m'y red&#233;couvre, c'est une mani&#232;re de me dire bonjour. J'aime sentir la pression de l'eau caresser ma peau. J'aime tendre ma poitrine sous la chute, me laisser masser par chaque grappe de gouttes. J'aime prendre entre mes doigts le gel glissant et savonneux, passer mes mains sur mon corps. J'aime la vive caresse de ma main sur ma peau. Je sais, c'est un lieu commun, mais j'aime cette sensualit&#233; d'un &#233;rotisme solitaire, sans but ni d&#233;sir, machinale et matinale. J'aime la tension de mes cheveux pesant sous le jet. J'aime passer ma main dans mes cheveux tremp&#233;s. J'aime passer ma main sur mon sexe, mes doigts s'aventurant tout contre les cuisses, puis tout contre les l&#232;vres, retardant le moment d'effleurer le clitoris. Et, apr&#232;s cette revue int&#233;grale et m&#233;ticuleuse, j'aime peut-&#234;tre plus encore le rin&#231;age qui suit ; je d&#233;croche le pommeau ; le jet dans le cou, se d&#233;place doucement, centim&#232;tre par centim&#232;tre, de l'&#233;paule vers le sein, du sein vers le nombril. Puis les fesses, et les jambes enfin, qui m'amusent tant. Comme si, chaque matin, j'&#233;tais &#233;tonn&#233;e de les trouver si longues et si fines. Et le sexe bien s&#251;r. Quand ce rituel prend fin, je me laisse aller sous cette avalanche qui prolonge le plaisir du r&#233;veil, dans l'attente de la serviette qui mettra fin la purification matinale &#8212; friction vigoureuse et r&#234;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Absorb&#233;e par le bruissement de la serviette sur mes jambes, l'esprit vide, je sens soudain une main chaude se poser sur mes fesses, sans am&#233;nit&#233;, comme on pose sa main sur une table ou comme on se saisit d'un objet. Saisie, je me retourne d'un bloc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est l&#224;, face &#224; moi, nu. Le sexe dress&#233; et mena&#231;ant. Le visage passif, presque indiff&#233;rent. Il me consid&#232;re froidement, enti&#232;rement, comme si d'un seul regard il pouvait me voir toute enti&#232;re et me p&#233;n&#233;trer de ses yeux aciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sors, lui dis-je s&#232;chement, je finis. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne bouge pas. Me regarde toujours, imperturbable, ignorant mon regard noir. Ma bouche, mes seins, mon sexe, avec dans les yeux un &#233;clat animal et mal r&#233;veill&#233;. La seule chose qui fr&#233;mit chez lui, c'est sa queue. Un &#233;clair de frayeur diffuse m'envahit. Je ne l'ai jamais vu comme &#231;a. Je n'ose pas m&#234;me le toucher pour le chasser hors de la salle d'eau, de peur de lib&#233;rer la violence sauvage qu'il a retenue tout ce temps, et que je peux lire sur son visage, dans le jeu de ses muscles tendus sous sa peau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Qu'est-ce que tu veux ? Va t'en ! Laisse moi tranquille, voyons&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa main se tend vers mon ventre, effleure ma poitrine, descend vers mon pubis. Il y a quelque chose d'extr&#234;mement myst&#233;rieux dans son regard, qui me fascine et me d&#233;go&#251;te &#224; la fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bon, si c'est comme &#231;a, c'est moi qui m'en vais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je passe devant lui pour sortir de la salle de bain. &#192; peine ai-je franchi le seuil qu'il me saisit &#224; bras le corps &#8212; tout se passe si vite &#8212; je n'ai rien le temps de comprendre &#8212; il me pr&#233;cipite &#224; plat ventre sur le lit et s'&#233;crase sur moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai beau protest&#233; que je n'en ai pas envie maintenant, qu'il faut qu'il arr&#234;te sinon, il pers&#233;v&#232;re avec une d&#233;termination sans d&#233;faut. D'une main, il me plaque les bras sur le drap, ses jambes me tiennent prisonni&#232;re sous lui ; et il p&#232;se, de tout son poids. Je me d&#233;bats, j'essaye de le d&#233;sar&#231;onner, en vain. Il me p&#233;n&#232;tre alors, dirigeant son sexe de sa main libre avec une froide r&#233;solution. Je suis &#233;tonn&#233;e de le recevoir avec tant de facilit&#233;, il s'enfonce comme dans du beurre &#8212; l'excitation a grimp&#233; d'un coup en moi, s'est impos&#233;e avec la m&#234;me force irr&#233;pressible que lui &#8212; et mon sexe l'accueille avec un bonheur insoup&#231;onn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Battue, humili&#233;e. A cet instant pr&#233;cis, je le hais plus que je ne l'ai jamais aim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gland passe. Le reste suit. Sans violence, mais sans me pr&#234;ter aucune attention, il s'enfonce en moi, toujours plus profond. &#199;a me semble interminable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; l&#224;, il suspend son mouvement, s'arr&#234;te pour savourer, jouir en ma&#238;tre de l'instant de sa conqu&#234;te. Puis il commence son mouvement de va-et-vient, avec cette lente assurance que lui donne sa totale domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il prend son temps, ne varie pas son rythme. La col&#232;re monte, j'&#233;cume. Son flegme ne fait que gonfler ma rage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;cume et ce plaisir pourtant qui m'envahit, cette volupt&#233; inconnue, inattendue. Plaisir qui me fait le d&#233;tester plus encore, de me rendre aussi impuissante quant &#224; ma jouissance. Impuissante &#224; la contr&#244;ler, impuissante &#224; la ma&#238;triser. &#192; sa merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un coup, sans pr&#233;venir, il se retire. Surprise, presque frustr&#233;e, je ne bouge pas. Il ne me tient plus, pourtant, je suis libre, je pourrais m'enfuir, et je n'en fais rien. Je ne bouge pas d'un pouce et &#224; ma rage s'ajoute bient&#244;t le m&#233;pris de moi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un instant plus tard, ses mains sont &#224; nouveau sur mes fesses. Puis sa bouche. Petites morsures capricieuses, de mes fesses vers mon sexe, qu'il lape derechef. Je ne bouge toujours pas, ne me d&#233;fends pas, ne r&#233;agis pas. Honte, honte de mes attentes, de mon app&#233;tit &#8212; envie terrible qu'il me reprenne, de sentir &#224; nouveau son sexe en moi. Mais il n'en fait rien, comme par esprit de contradiction &#8212; pas tout suite du moins. Et je suis ainsi &#224; l'attendre un long moment, le sexe offert, comme une invite &#224; laquelle il ne r&#233;pond pas pour mieux m'enrager. R&#233;duite &#224; mendier, exasp&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin il s'&#233;carte, sa bouche s'&#233;loigne, et je sens la br&#251;lure tant attendue de son sexe, qui reprend son va et vient imperturbable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il use de moi, use et m'use de moi. Et l'orgasme bient&#244;t me secoue de rage et d'impuissance m&#234;l&#233;, bouleversant de puissance et d'inattendu. Et je reste l&#224;, inerte, amorphe, incapable de bouger alors qu'il se vide en moi, d&#233;verse son plaisir indiff&#233;rent et froid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est retomb&#233; sur moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Me para&#238;t moins lourd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si, sa jouissance prise, son tact et sa d&#233;licatesse reprenaient leurs droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme s'il me retrouvait, red&#233;couvrait qui j'&#233;tais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est parti sans dire un mot apr&#232;s &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'est habill&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'est coiff&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M'a donn&#233; une petite tape sur les fesses comme il sait si bien les faire, accompagn&#233;e d'un petit bisou dans le cou dans lequel j'ai cru retrouver sa tendresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A fait comme si de rien n'&#233;tait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et moi, suis rest&#233;e prostr&#233;e dans la position o&#249; il m'a laiss&#233;e. D&#233;faite, les fesses &#224; l'air, les jambes encore emp&#234;tr&#233;es dans ma serviette de toilette. P&#233;trifi&#233;e, terrass&#233;e par un plaisir qui me d&#233;passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s pareil lever, la journ&#233;e n'est plus la m&#234;me. Elle est habit&#233;e, hant&#233;e, obs&#233;d&#233;e. Images et sensations m'assaillent sans pr&#233;venir. Quelque chose en moi est entr&#233; en branle qui ne s'arr&#234;te plus. Au travail, pendant le d&#233;jeuner, en faisant mes courses, j'y reviens sans cesse, tant&#244;t prise par une hideuse r&#233;pulsion, tant&#244;t par le souvenir de cette intense jouissance. De l'une &#224; l'autre sans pr&#233;venir. Frissonnante. M&#233;canique infernale, go&#251;t de revenez-y.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agac&#233;e, je d&#233;cide d'interrompre mon apr&#232;s midi, d'aller le voir. Machinalement, je prends le chemin de chez lui &#8212; d&#233;marche de somnambule. La confusion r&#232;gne &#8212; un petit discours r&#233;sonne dans mon esprit comme un disque ray&#233;, agglutination de bribes &#8212; inadmissible &#8212; pas le droit &#8212; respect &#8212; faut qu'on parle &#8212; mais qu'est-il arriv&#233; que s'est-il pass&#233; depuis les tendresses attentionn&#233;es, les attentions tendres, l'amant affectueux, l'amoureux affect&#233;, qui que quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;e en bas de chez lui, la confusion fait place &#224; la peur. &#192; chaque marche, l'appr&#233;hension grimpe, aussit&#244;t m&#234;l&#233;e d'un d&#233;sir indistinct, inarticul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La porte d'entr&#233;e s'ouvre sans bruit. D&#233;sir secret et diffus de le surprendre &#224; mon tour. Un coup d'&#339;il vers le bureau. Personne. Au salon. Personne non plus. Doit &#234;tre dans sa chambre. Je pousse la porte. Est allong&#233; sur son lit. Fait sa petite sieste quotidienne. Nu. Tiens&#8230; Bizarre, d'habitude, il garde ses v&#234;tements &#8212; comme s'il m'attendait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allong&#233; sur le ventre, il serre un oreiller entre ses bras. Les draps sont d&#233;faits, d&#233;couvrant son dos et sa fesse droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je retire mes chaussures, toujours sans bruit, et m'assois au bord du lit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je le regarde, ainsi endormi, sa respiration calme &#8212; il a un air innocent, presque un ange, inoffensif. J'&#233;carte un peu plus le drap, l'expose &#224; nu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De voir ses fesses ainsi sans d&#233;fense, livr&#233;es &#224; mon bon vouloir, je suis soudain prise du d&#233;sir masculin de le violer &#224; mon tour. Je tends la main, la pose en bas de son dos. Je replie les doigts, mes ongles mordent sa chair, ma paume &#233;tire sa peau &#8212; envie d'y enraciner me doigts &#8212; et je descends doucement, vers les deux globes blancs et fermes. Je les caresse, les p&#233;tris ; j'en prends possession. Pendant quelques minutes, elles sont &#224; moi seule ; j'en fais ce que je veux, je pourrais &#224; mon tour les mordre, les violenter, les d&#233;chirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un soupir, il se retourne. Son sexe est l&#224;, dress&#233; sous mon nez. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sans r&#233;fl&#233;chir, je le prends aussit&#244;t dans ma bouche. Et c'est un plaisir nouveau que de jouer avec, de le lui voler, de l'en d&#233;poss&#233;der en l'embrassant goul&#251;ment. Offrande anonyme, de bon c&#339;ur, sans arri&#232;re pens&#233;e. Je m'y livre sans souci, laisse mes mains s'aventurer o&#249; bon leur semble &#8212; sa poitrine, ses cuisses, son sexe que j'embrasse encore et encore. Laisse aller ma langue d'un bout &#224; l'autre, mord discr&#232;tement ses cuisses, suce insatiable. Je ne le regarde pas, ne l&#232;ve m&#234;me pas les yeux, pour voir si ma g&#226;terie lui plait ou non, si ma langue l'a r&#233;veill&#233;. M'en fiche. Sa queue est &#224; moi, la sucer devient un plaisir exclusivement &#233;go&#239;ste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin il jouit. Je me redresse, me l&#232;ve sans un mot, et sors, sans lui accorder un regard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir venu, lorsque j'arrive chez lui apr&#232;s diner, il est &#224; nouveau couch&#233;, mais il n'y a plus dans la pi&#232;ce ce parfum capiteux d'&#233;rotisme qui flottait quand je l'ai quitt&#233;e en fin d'apr&#232;s midi. Il s'est dissip&#233; dans un ordre serein. Je me glisse &#224; ses c&#244;t&#233;s, et sens ses bras m'enlacer avec une intensit&#233; et une chaleur que je ne lui connais pas. Je m'endors dans une pl&#233;nitude ouat&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant deux jours, je ne l'ai pas revu. Silence radio complet. Puis, le soir suivant, je le trouve en bas de chez moi, bien habill&#233;, la bouche en c&#339;ur &#8212;une fleur. Il m'embrasse et me dit avec un petit air myst&#233;rieux de remonter me pr&#233;parer &#224; sortir. Les surprises, j'aime &#231;a, mais l&#224;, je ne peux r&#233;primer ma m&#233;fiance, non plus que l'excitation dont elle se m&#234;le aussit&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la soir&#233;e durant, je reste aux aguets, mais rien ne vient. Selon toute vraisemblance, il m'a pr&#233;par&#233;e une belle soir&#233;e romantique, apparemment en toute innocence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien imbib&#233;s &#224; la sortie du restaurant, nous partons &#224; l'aventure dans les rues alentours. J'ai toujours aim&#233; sortir &#224; son bras. Nos promenades sont parmi nos moments les plus tendres &#8212; c'est d'ailleurs comme &#231;a qu'il m'a eu la premi&#232;re fois, une promenade agr&#233;able ponctu&#233;e d'un baiser attendu, dans les r&#232;gles de l'art &#8212;. Marcher, discuter pendant des heures, surprendre &#224; tout instant ces &#233;clairs dans son regard qui me font chaud au ventre, dans la h&#226;te non dite de les assouvir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son bras pass&#233; autour de ma taille, je me laisse guider sans arri&#232;re-pens&#233;e par ce geste protecteur qui n'est plus que tendresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rues sont vides, l'&#233;cho se m&#234;le &#224; nos pas dans un joyeux quatuor. Je souris, je suis bien, &#233;moustill&#233;e par la marche et le vin, curieuse de savoir jusqu'o&#249; ira cette main qui glisse de ma hanche &#224; mes fesses et gagne ainsi du terrain &#224; chaque nouvelle caresse. Je souris et je ne dis rien. Je fais comme si de rien n'&#233;tait. Je ne dis rien non plus quand sa caresse se fait plus insistante et se fraye un chemin sous ma jupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'amuse, joue comme la douce brise avec le l&#233;ger tissu, prend une fesse dans sa main, ses doigts audacieux g&#234;n&#233;s seulement par les mouvements de la marche. Quand ils arrivent aux l&#232;vres humides, je les renvoie d'un mouvement de hanche d'o&#249; ils sont venus, dans un petit &#233;clat de rire l&#224;. Mais ils n'abandonnent pas pour autant la partie, repartent de plus belle &#224; l'attaque et envahissant bient&#244;t et mes fesses et mon sexe. Je ne peux plus rien faire pour contenir l'assaut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf peut-&#234;tre&#8230; je m'arr&#234;te brusquement. Las ! Non seulement &#231;a ne les contient pas, mais il en profite pour m'embrasser fougueusement. Sa langue imp&#233;rieuse dans ma bouche, ses doigts explorateurs&#8230; envie de lui, &#231;a fait presque mal &#8212; h&#226;te de rentrer me satisfaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'&#233;carte, avec un petit sourire. Je le regarde avec un air de d&#233;fi &#8212; m&#234;me pas cap'. Erreur. Il m'embrasse &#224; nouveau, plus ardemment encore et m'entra&#238;ne un peu plus loin, me fait traverser la rue &#8212; en dehors des clous &#8212; et, d'autorit&#233;, me plaque contre une vitrine &#8212; c'est un antiquaire, derri&#232;re la vitre, il y a un lit &#224; baldaquin drap&#233; de velours &#233;carlate qui rayonne sous les spots adoucis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et toujours ce m&#234;me pas cap' qui passe en boucle dans ma t&#234;te. J'ai bien tort car il me saisit bient&#244;t par les hanches, me soul&#232;ve et me d&#233;pose sur le rebord de la fen&#234;tre ; dans le m&#234;me mouvement, il se place entre mes jambes, retrousse ma jupe, couvre mon corps de son buste puissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne lui reste plus qu'&#224; &#233;carter le tissu d&#233;licat de mes dessous. Je ne r&#233;siste plus et l&#226;che un grand &#233;clat de rire lorsque je sens son sexe chaud braver l'air de la nuit pour se presser contre le mien. Qui n'attend que lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant que la volupt&#233; ne me ferme les yeux, j'aper&#231;ois par-dessus son &#233;paule notre reflet dans la vitrine d'en face. Ma main sur sa nuque, son dos et ses jambes, et les miennes, nues, qui lui enserrent la taille et contrastent sur son v&#234;tement sombre. Et planant au-dessus, mon visage r&#233;joui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Nouvelle version de &lt;a href='https://inacheve.net/spip.php?article7' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Et puis quoi encore ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Et puis quoi encore ?</title>
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		<dc:date>2008-08-15T00:36:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le passage clout&#233; travers&#233;, il se regarda dans la vitrine et comprit. C'est fou ce que les hommes, m&#234;me les plus brillants, peuvent &#234;tre longs &#224; la d&#233;tente. C'est peut-&#234;tre une question d'&#233;ducation. Ils restent ing&#233;nus toute leur vie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Celui-l&#224;, il lui a bien fallu cinquante m&#232;tres pour enfin comprendre. Il est trop gentil. Mais il y a des moments o&#249; &#231;a suffit, o&#249; la gentillesse agace, exasp&#232;re m&#234;me. O&#249; une femme ne veut plus &#234;tre ador&#233;e comme une reine, ou idol&#226;tr&#233;e comme une d&#233;esse, elle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://inacheve.net/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;&#201;ros&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le passage clout&#233; travers&#233;, il se regarda dans la vitrine et comprit. C'est fou ce que les hommes, m&#234;me les plus brillants, peuvent &#234;tre longs &#224; la d&#233;tente. C'est peut-&#234;tre une question d'&#233;ducation. Ils restent ing&#233;nus toute leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui-l&#224;, il lui a bien fallu cinquante m&#232;tres pour enfin comprendre. Il est trop gentil. Mais il y a des moments o&#249; &#231;a suffit, o&#249; la gentillesse agace, exasp&#232;re m&#234;me. O&#249; une femme ne veut plus &#234;tre ador&#233;e comme une reine, ou idol&#226;tr&#233;e comme une d&#233;esse, elle veut juste &#234;tre aim&#233;e comme une femme, &#234;tre rabrou&#233;e, parfois malmen&#233;e m&#234;me, voire trait&#233;e d'une mani&#232;re qu'elle ne s'avouerait pas consciemment. Sauf quand un exc&#232;s de gentillesse l'y pousse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'&#233;tait un amant tendre. Bon. Tr&#232;s bon. Excellent m&#234;me, mais tr&#232;s tendre. Presque trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m'aimait le plus souvent avec une douceur attentive qui en devenait frustrante. M&#234;me dans les positions les plus acrobatiques, je le sentais sur la retenue. Je voyais bien qu'il voulait me d&#233;vorer, prendre possession de moi &#8212; m'investir sans plus d'espoir de r&#233;mission. Mais non, il prenait des pincettes, se comportait comme un enfant bien &#233;lev&#233; que sa m&#232;re a toujours interdit de b&#226;frer, m&#234;me quand il est affam&#233;. Jusque dans la jouissance, sa passion &#233;tait c&#233;r&#233;brale. Il faisait tous les efforts possibles et imaginables pour emp&#234;cher l'ardeur d'emporter et son corps et ses actes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m'aimait. Oui, certes, il m'aimait. Et je l'aimais sans doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois, il m'avait donn&#233; une petite tape sur les fesses. Rien de bien m&#233;chant, juste une petite tape, une petite flatterie de croupe, comme si je lui avais jou&#233; quelque tour malicieux. Ce geste se r&#233;p&#233;ta quelques fois, devint assez fr&#233;quent au bout de quelques mois. Il semblait y trouver plaisir. Et j'aimais qu'il s'arroge ainsi cette partie de mon corps &#8212; qui, soit dit en passant, est l'un des plus beaux qu'il ait vu, m'a-t-il dit, et je veux bien le croire, c'est pas la premi&#232;re fois qu'on me fait la remarque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce moment-l&#224;, j'avais esp&#233;r&#233; un peu plus. Une fess&#233;e, peut-&#234;tre. Rien d'extraordinaire non plus, je ne suis pas exigeante &#8212; et puis, faut pas pousser. Je le lui avais m&#234;me sugg&#233;r&#233;, un soir que nous &#233;tions au lit et que, ayant chacun ferm&#233; nos livres, nous nous appr&#234;tions &#224; nous livrer l'un &#224; l'autre avec cette tendresse discr&#232;te qui refl&#233;tait si mal la force de mon d&#233;sir &#8212; et du sien aussi, sans doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; bas la discr&#233;tion ! &#192; bas la bonne &#233;ducation ! Bas les masques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Non, allez, donne-moi une vraie fess&#233;e ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tu es s&#251;re ? J'ai peur de te faire mal. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais non, vas-y. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il abattit sa main, qui ne fit qu'une vaine br&#251;lure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est tout ce que tu peux faire ? Plus fort enfin&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je vais pas te donner une fess&#233;e de toutes mes forces, quand m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m'en appliqua une seconde, plus forte certes, mais il pouvait certainement mieux faire. Je poursuivis mes caresses et pr&#233;ludes, un peu d&#233;&#231;ue. Tant pis, ce serait pour une autre fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors voil&#224;, j'ai d&#233;cid&#233; de passer &#224; l'action. Un matin qu'il m'accompagnait au m&#233;tro &#8212; quand je vous dis qu'il est trop gentil &#8212;, j'ai essay&#233; de lui faire comprendre &#224; mots couverts que je n'&#233;tais pas en porcelaine et qu'il pouvait parfois, dans le feu de l'action, me mordre ou me violenter un peu. J'&#233;tais presque &#224; lui chanter &#171; Fais-moi mal, Johnny ! &#187;, mais il l'aurait pris &#224; la rigolade, et tout serait tomb&#233; &#224; l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'&#233;loigna avec un masque ahuri plaqu&#233; sur le visage. Je l'avais aussi choisi pour &#231;a, j'avoue : intelligent, cultiv&#233;, incroyablement sexy, mais na&#239;f au possible. Il lui fallait toujours beaucoup de temps pour comprendre certains de mes sous-entendus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils s'y attendent si peu, ces charmants idiots, &#224; ce qu'une femme comme moi leur fasse des avances aussi ouvertes. Surtout quand elles sont ainsi habilement dissimul&#233;es sous un double sens lexical, ils ne comprennent rien, les malheureux. Les Anglais sont bien meilleurs dans ce domaine. Faut dire &#224; notre d&#233;charge qu'ils ont l'avantage de l'entra&#238;nement auquel les contraint la relative pauvret&#233; (ou pudibonderie) de leur langue, qui met des puns &#224; tous bouts de phrase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, une semaine passa. Puis deux. Et rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous continuions &#224; faire l'amour. Tr&#232;s souvent m&#234;me. La plupart du temps, &#231;a venait de moi. Certes, il me suffisait d'un geste pour faire parler son d&#233;sir, mais il prenait rarement les devants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin-l&#224;, j'&#233;tais stress&#233;e. J'avais un certain nombre de rendez-vous dans la journ&#233;e, dont aucun ne s'annon&#231;ait facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me r&#233;veillai de bonne heure et repoussai d'embl&#233;e son corps endormi loin de moi. Il aimait se blottir tout contre moi au matin, pour faire du r&#233;veil un moment chaleureux d'entre-deux tendre et moite dont les caresses l&#233;g&#232;res &#233;veillent habituellement en moi de longs frissons de d&#233;lices r&#234;veusement savour&#233;es. Mais je n'&#233;tais pas d'humeur, vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; peine avait-il amorc&#233; son mouvement pour me prendre dans ses bras que je me redressai, m'&#233;tirant le dos en l'&#233;cartant de la main. Il esquissa un geste pr&#233;venant, mais je m'&#233;chappais aussit&#244;t sous la douche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais pas envie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envie d'&#234;tre seule, de me retrouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis j'aime ces moments seule sous la douche au matin. Pour tout dire, j'aime me doucher. Je m'y retrouve, je m'y red&#233;couvre, c'est une mani&#232;re de me dire bonjour. J'aime sentir la pression de l'eau caresser ma peau. J'aime tendre ma poitrine sous la chute, me laisser masser par chaque grappe de gouttes. J'aime prendre entre mes doigts le gel glissant et savonneux, passer mes mains sur mon corps. J'aime la vive caresse de ma main frictionnant ma peau. Certains matins, cette sensation charnelle prend un tour hautement &#233;rotique. J'aime la tension de mes cheveux pesant sous le jet. J'aime passer ma main dans mes cheveux tremp&#233;s. J'aime passer ma main sur mon sexe, mes doigts s'aventurant tout contre les cuisses, puis tout contre les l&#232;vres, retardant le moment d'effleurer le clitoris. Puis, apr&#232;s la revue int&#233;grale au savon vient le rin&#231;age, qui r&#233;veille plus encore. Et j'aime peut-&#234;tre plus encore me rincer ; je d&#233;croche le pommeau ; le jet dans le cou, se d&#233;place doucement, centim&#232;tre par centim&#232;tre, de l'&#233;paule vers le sein, du sein vers le nombril. Puis les fesses, et les jambes enfin, qui m'amusent tant. Comme si, chaque matin, j'&#233;tais &#233;tonn&#233;e de les trouver si longues et si fines. Et le sexe bien s&#251;r. Quand ce rituel prend fin, je me laisse aller compl&#232;tement sous cette avalanche qui prolonge le plaisir du r&#233;veil, dans l'attente de la serviette qui couronnera la purification matinale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que, baiss&#233;e vers mes jambes, je me s&#233;chais, je sentis une main chaude se poser sur mes fesses, sans am&#233;nit&#233;, comme on pose sa main sur une table ou comme on se saisit d'un objet. Je me retournai brusquement. Il &#233;tait l&#224;, face &#224; moi, nu, le sexe dress&#233; et mena&#231;ant. Son visage &#233;tait passif, presque indiff&#233;rent. Il me consid&#233;rait froidement, enti&#232;rement, comme si d'un seul regard il pouvait me voir toute enti&#232;re et me p&#233;n&#233;trer de ses yeux aciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sors, lui dis-je s&#232;chement, je finis. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne bougeait pas. Il me regardait toujours. Ma bouche, mes seins, mon sexe, avec dans les yeux un &#233;clat animal et mal r&#233;veill&#233;. Sa queue toute rouge fr&#233;missait. Il m'effraya soudain. Je ne l'avais jamais connu comme &#231;a. Je n'osais pas m&#234;me le toucher pour le pousser hors de la salle d'eau, de peur de lib&#233;rer la violence sauvage qu'il avait contenue tout ce temps et que je pouvais lire &#224; pr&#233;sent sur son visage, dans le jeu de ses muscles tendus sous sa peau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Qu'est-ce que tu veux ? Va t'en ! Laisse moi tranquille, voyons&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il tendit sa main vers mon ventre, effleura ma poitrine, descendit vers mon pubis. Il y avait &#224; pr&#233;sent quelque chose dans son regard d'extr&#234;mement myst&#233;rieux, qui me fascinait et me d&#233;go&#251;tait &#224; la fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bon, si c'est comme &#231;a, c'est moi qui m'en vais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je passai devant lui pour sortir de la salle de bain. &#192; peine avais-je franchi le seuil que je sentis son bras me saisir par la taille. Il me pr&#233;cipita &#224; plat ventre sur le lit et s'&#233;crasa sur moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout se passa si vite. Je n'eus pas le temps de comprendre. J'eus beau protester que je n'en avais pas envie maintenant, qu'il fallait qu'il arr&#234;te car sinon &#231;a irait mal pour lui, il pers&#233;v&#233;ra avec une d&#233;termination sans d&#233;faut. D'une main, il me plaqua les bras sur le drap, ses jambes me tenant prisonni&#232;re sous lui, et il pesa sur moi de tout son poids. Je me d&#233;battais, j'essayais de le d&#233;sar&#231;onner, rien &#224; faire. Dirigeant son sexe de sa main libre, il me p&#233;n&#233;tra avec une froide r&#233;solution et une &#233;tonnante facilit&#233;. Sans m'en apercevoir je m'&#233;tais excessivement excit&#233;e et mon sexe accueillait ce viol avec un bonheur insoup&#231;onn&#233;. Car c'&#233;tait un viol. Je me sentais battue, humili&#233;e. Je le ha&#239;ssais &#224; ce moment-l&#224; plus fort que je ne l'avais jamais aim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'enfon&#231;a plus profond&#233;ment en moi, sans violence, mais sans me pr&#234;ter aucune attention. Je sentis passer le gland. Puis le reste suivit, dans un mouvement qui me sembla interminable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'arr&#234;ta un instant, jouissant en ma&#238;tre de l'instant de sa conqu&#234;te. Puis il commen&#231;a son mouvement de va-et-vient, avec cette lente assurance que lui donnait sa totale domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il prenait son temps, ne variait pas son rythme et &#231;a ne faisait que gonfler ma rage. La col&#232;re montait. J'&#233;tais &#233;cumante. Et en m&#234;me temps, je me sentais aussi comme paralys&#233;e par un plaisir inattendu. Je le d&#233;testais de me faire sentir aussi impuissante quant &#224; ma jouissance. Impuissante &#224; la contr&#244;ler, impuissante &#224; la ma&#238;triser. J'&#233;tais &#224; sa merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#224; coup, sans pr&#233;venir, il se retira. Etrangement, je ne bougeais pas. Il ne me tenait plus pourtant. J'&#233;tais libre. J'aurais pu m'enfuir. Je n'en fis rien. Je ne bougeais pas d'un pouce. Il posa &#224; nouveau ses mains sur mes fesses, puis je sentis sa bouche. Il me mordilla un peu puis, capricieux, descendit vers mon sexe qu'il lapa derechef. Je ne bougeais toujours pas, ne me d&#233;fendais pas non plus, ne r&#233;agissais pas. Je me sentais honteuse : j'avais terriblement envie qu'il me reprenne. Par esprit de contradiction, et comme s'il lisait dans mes pens&#233;es, il ne le fit pas. Pas aussit&#244;t du moins. Et j'attendis ainsi, le sexe offert, comme une invite &#224; laquelle il ne r&#233;pondait pas pour mieux m'enrager. R&#233;duite &#224; mendier. Il m'exasp&#233;rait &#224; prendre son temps comme &#231;a. Puis il s'&#233;carta et je sentis &#224; nouveau son sexe me br&#251;ler, reprenant son va et vient imperturbable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il se vida en moi. &#192; le sentir m'utiliser ainsi, l'orgasme me secoua, bouleversant de puissance et d'inattendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il retomba sur moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me parut moins lourd &#8212; il s'appuyait de ses coudes pour ne pas m'&#233;touffer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si, sa jouissance prise, son tact et sa d&#233;licatesse reprenaient leurs droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme s'il me retrouvait, red&#233;couvrait qui j'&#233;tais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est parti sans dire un mot apr&#232;s &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'est habill&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'est coiff&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M'a donn&#233; une petite tape sur les fesses comme il sait si bien les faire, accompagn&#233;e d'un petit bisou dans le cou dans lequel j'ai cru retrouver sa tendresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A fait comme si de rien n'&#233;tait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et moi, je suis rest&#233;e prostr&#233;e dans la position o&#249; il m'a laiss&#233;e. D&#233;faite, les fesses &#224; l'air, les jambes encore emp&#234;tr&#233;es dans ma serviette de toilette. P&#233;trifi&#233;e, terrass&#233;e par un plaisir qui me d&#233;passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant toute la journ&#233;e, la sc&#232;ne m'obs&#233;da. Des images, des sensations m'assaillaient sans pr&#233;venir. Au travail, pendant le d&#233;jeuner, en faisant mes courses, j'y repensais. Tant&#244;t prise par une hideuse r&#233;pulsion, tant&#244;t par une intense jouissance. Basculais d'un sentiment &#224; l'autre sans pr&#233;venir. Frissonnante dans tous les cas. Quelque chose en moi &#233;tait entr&#233; en branle et ne s'arr&#234;tait plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir venu, j'allais chez lui. Je marchais comme une somnambule. Il fallait que je lui parle. Lui dire que c'&#233;tait inadmissible, qu'il n'avait aucun droit de me traiter ainsi, que j'avais besoin qu'il me respecte un minimum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, alors que je passais et repassais mon petit discours dans ma t&#234;te, je me souvins de l'amant attentionn&#233; qu'il avait toujours &#233;t&#233;, de cette affection douce qu'il me dispensait d&#232;s que j'en ressentais le besoin, de ces multiples tendresses dont il m'entourait constamment. Etait-il possible que ce fut la m&#234;me personne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mesure que je gravissais les escaliers vers son appartement, l'appr&#233;hension monta, aussit&#244;t m&#234;l&#233;e d'un d&#233;sir indistinct, inarticul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ouvris sans bruit la porte d'entr&#233;e. Je voulais le surprendre &#224; mon tour. Je jetai un coup d'&#339;il vers le bureau. Personne. Personne non plus dans le salon. Il devait &#234;tre dans la chambre. Je poussai la porte. Il &#233;tait allong&#233; dans son lit. Il avait l'habitude de faire un petit somme &#224; cette heure-l&#224;, mais cette fois, il s'&#233;tait d&#233;shabill&#233;. Allong&#233; sur le ventre, il tenait entre ses bras l'oreiller sur lequel sa t&#234;te reposait. Le drap d&#233;fait d&#233;couvrait son dos et sa fesse droite. Retirant mes chaussures, toujours sans bruit, je m'assis sur le lit et &#233;cartait encore un peu plus le drap.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De voir ces fesses ainsi sans d&#233;fense, livr&#233;e &#224; mon bon vouloir, je fus soudain pris du d&#233;sir masculin de le violer &#224; mon tour. Je tendis la main et la posai en bas de son dos, descendant doucement vers les deux globes blancs et fermes. Je les caressai, les p&#233;tris, en pris possession. Pendant ces quelques minutes, elles furent &#224; moi seule. Tout &#224; coup, dans son sommeil, il se retourna et son sexe se dressa sous mon nez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans r&#233;fl&#233;chir, je le pris aussit&#244;t dans ma bouche. Je trouvais aussit&#244;t un plaisir nouveau &#224; jouer avec son sexe, que j'embrassais goul&#251;ment. C'&#233;tait une forme d'offrande, de bon c&#339;ur, sans arri&#232;re pens&#233;e. Je m'y donnais sans souci, laissant mes mains s'aventurer o&#249; bon leur semblait, sur sa poitrine, sur ses cuisses, sur son sexe que j'embrassais encore et encore. Je ne levai m&#234;me pas les yeux vers lui, pour voir si ma g&#226;terie lui plaisait ou s'il s'&#233;tait r&#233;veill&#233; entre-temps. Je m'en fichais. C'&#233;tait pour moi que je le faisais. &#199;a devenait un plaisir exclusivement &#233;go&#239;ste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a s'arr&#234;ta l&#224;. Je ne fis rien d'autre. Quand j'eus fini, je me levai sans un mot, sans lui accorder un regard, et je sortis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vins le rejoindre qu'apr&#232;s d&#238;ner. Je me glissai dans le lit &#224; ses c&#244;t&#233;s et il me serra entre ses bras avec une intensit&#233; et une chaleur que je ne lui connaissais pas encore. Je m'endormis dans une pl&#233;nitude ouat&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un soir, deux jours plus tard, il me surprit en bas de chez moi, bien habill&#233;. Je ne l'attendais pas l&#224;. Il m'embrassa sans r&#233;pondre &#224; mes questions et m'invita &#224; aller me pr&#233;parer pour sortir. &#171; Je t'emm&#232;ne au restaurant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soir&#233;e fut belle, romantique. J'ai toujours aim&#233; sortir &#224; son bras, nous promener ensemble, discuter pendant des heures avec ces &#233;clairs dans le regard qui me faisaient chaud au ventre, dans la h&#226;te non dite de les assouvir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sort&#238;mes bien imbib&#233;s et gais du restaurant et nous engage&#226;mes aussit&#244;t dans l'une de nos habituelles promenades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il avait pass&#233; son bras autour de ma taille et je me laissais aller sans arri&#232;re-pens&#233;e &#224; ce geste protecteur qui m'avait si souvent paru paternaliste &#8212; ce n'&#233;tait plus que tendresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rues &#233;taient vides et je ne dis rien lorsque sa main descendit sur mes fesses et se mit &#224; les caresser sans en avoir l'air. Je ne dis rien non plus quand sa caresse se fit plus insistante, se frayant un chemin sous le tissu l&#233;ger de ma jupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je restai encore silencieuse lorsqu'il nous arr&#234;ta brusquement et m'embrassa fougueusement. Puis il m'entra&#238;na plus loin pour m'embrasser de nouveau, plus ardemment encore. Je ne savais que penser. Je souriais, curieuse de la suite. Un peu interloqu&#233;e, affichant un sourire bienveillant et dubitatif, je suivais intrigu&#233;e sa man&#339;uvre que je ne l'imaginais pas capable de mener &#224; bout, comme &#231;a, en pleine rue. En m&#234;me temps, derri&#232;re ce flegme l'air de dire je vois o&#249; tu veux en venir, m&#234;me pas cap', j'avais h&#226;te de rentrer. J'avais envie de lui, &#231;a faisait presque mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soudain, il me prit par le bras, me fit traverser la rue &#8212; en dehors des clous &#8212; et, me poussant dans le creux d'une fen&#234;tre basse sur la rue, me colla contre la vitrine d'un antiquaire. Derri&#232;re il y avait un lit &#224; baldaquin drap&#233; de velours &#233;carlate qui rayonnait sous les spots adoucis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bravant tous les interdits, il me prit par les hanches et me souleva pour me poser sur le rebord de la fen&#234;tre. Dans le m&#234;me geste, il se pla&#231;a entre mes jambes et retroussa ma jupe, couvrant tout mon corps de son buste puissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne r&#233;sistai pas et j'&#233;clatai d'un rire de plaisir lorsque je sentis son sexe chaud braver l'air froid de la nuit pour se presser sur le mien, qui n'attendait que &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par dessus son &#233;paule, au-del&#224; du passage clout&#233;, je pouvais voir notre reflet dans la vitrine d'en face. Son dos et ses jambes, les miennes lui enserrant la taille, ma main sur sa nuque et mon visage r&#233;joui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes de travail sur &lt;i&gt;Et puis quoi encore ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E., ses &#171; non &#187;, ses peu d'encouragements apparents au d&#233;but, qui sont justement des invitations &#171; Convaincs moi un peu mieux encore &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses jeux de lassitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son plaisir finalement, dont elle ne se lasse pas, qu'elle ne comprend pas tant il est fort et apparemment jamais assouvi m&#234;me quand il l'est. Le plaisir r&#233;alimente chaque fois son d&#233;sir, sensation nouvelle, inattendue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprendre aussi les moments incompris de son d&#233;sir &#224; elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autres points de d&#233;part.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; et comprit. C'&#233;tait un magasin de mat&#233;riel vid&#233;o et, comme souvent dans ce genre d'&#233;tal, tous les sets de t&#233;l&#233;vision &#233;taient branch&#233;es sur une seule et m&#234;me cha&#238;ne. Ce visage qui se r&#233;p&#233;tait, multiple et tapissant la paroi de verre, c'&#233;tait le sien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il changeait, refl&#233;tait toutes les mimiques possibles, les moues stupides et les grimaces de plaisir, en passant par l'indiff&#233;rence, l'intellectuel p&#233;n&#233;tr&#233;, la peine, le soulagement, et m&#234;me encore ce masque qu'il travaillait consciencieusement tous les matins pour faire le beau.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a avait commenc&#233; quelques semaines plus t&#244;t. Les regards f&#233;minins s'&#233;taient faits plus insistants, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeu t&#233;l&#233;vis&#233; : mettre au d&#233;fi les femmes de le s&#233;duire. En rapporter la preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; et comprit. Car ce n'&#233;tait pas son reflet, qui le contemplait avec un air ahuri, c'&#233;tait bien lui qu'il regardait. C'&#233;tait la devanture d'un de ces magasins de mat&#233;riel t&#233;l&#233; et son image &#233;tait r&#233;p&#233;t&#233;e au moins une vingtaine de fois. De prime abord, il songea &#224; une cam&#233;ra, habilement dissimul&#233;e quelque part entre les &#233;crans plats cent pouces et les vid&#233;os projecteurs, mais il s'aper&#231;ut vite, malgr&#233; la l&#233;g&#232;re brume &#233;thylique qui lui troublait les esprits, que cette image n'&#233;tait non seulement pas en temps r&#233;el (en bougeant, on s'en aper&#231;oit vite), mais ne datait pas non plus de ce jour-l&#224; : la coiffure &#233;tait diff&#233;rente, les v&#234;tements &#233;galement, jusqu'au soleil enfin, qui brillait de tous ses feux sur sa peau blafarde d&#233;couverte alors qu'en cette soir&#233;e humide, il &#233;tait frileusement emmitoufl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis l'image changea et il resta bouche b&#233;e devant un ballet d'instantan&#233;s de son visage en gros plan, plan am&#233;ricain, de profil, droite, gauche, de trois quart, en contre plong&#233;e, de dos, gros plan sur ses pieds, ses &#233;paules. Quand on arriva &#224; ses fesses, il commen&#231;a &#224; s'inqui&#233;ter. Tout se d&#233;roulait dans un parfait silence, mise &#224; part les quelques voitures hurlant leur palliative puissance virile sur le boulevard. Aucun son ne s'&#233;chappait du magasin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces photos avaient &#233;t&#233; prises en diverses occasions, depuis plus de deux ans &#8212; il pouvait le voir &#224; une cicatrice, tour &#224; tour absente ou encore vide, &#224; un cycle tout relatif de bronzage et de longueur de cheveu. Chacune correspondait &#224; une p&#233;riode particuli&#232;re de sa vie, &#233;troitement li&#233;e &#224; certaines jeunes femmes, voire jeunes filles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tiens, celle-ci, par exemple, c'&#233;tait, voyons voir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, comme le lui r&#233;p&#233;tait inlassablement la vitrine, avec un manque de tact caract&#233;ris&#233;, il n'&#233;tait pas si beau, limite s&#233;duisant, et encore, peut-&#234;tre mignon ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que lui avait-elle dit, d&#233;j&#224; ? Il ne s'en souvenait plus mais il comprenait &#224; pr&#233;sent qu'il y avait l&#224; des tas de sous-entendus pas tr&#232;s catholiques (plus cathodiques que catholiques en tous cas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a peut aussi &#234;tre une peinture, pour laquelle il a pos&#233; ? Ce qui permettrait de dire autre chose, de parler d'un mod&#232;le masculin, for once, qui se ferait abus&#233; par une artiste peintre, cette fois-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a peut &#234;tre assez dr&#244;le aussi, mais&#8230; mais&#8230; Cette premi&#232;re phrase a de toute fa&#231;on quelque chose en elle d'intrins&#232;quement cynique, et m&#234;me blessant, si on consid&#232;re certains aspects de l'exercice. En tous cas, c'est compliqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien aussi la nouvelle de Vian sur le brouillard opaque et aphrodisiaque. Mais je ne peux pas reprendre ce motif, pour deux raisons : 1. Je ne veux pas lui piquer ses id&#233;es et 2. Il y a trop d'indications visuelle dans cette premi&#232;re phrase. Ou alors, je peux utiliser le r&#234;ve &#8212; ou m&#234;me une r&#233;alit&#233; : il s'aper&#231;oit qu'il est tout nu, ou que sa braguette est ouverte, ou qu'il y a dans son apparence physique un changement notable et anormal (signes ext&#233;rieurs d'une virilit&#233; extraordinaire ? apparition de t&#233;tons ? grosse bosse dans le pantalon ? maquillage ?). On peut &#234;tre dans une soci&#233;t&#233; matriarcale et les hommes sont le sexe faible. D&#233;j&#224; fait, certes, mais pas forc&#233;ment dans une nouvelle &#233;rotique, et pas forc&#233;ment en parachutant ainsi un homme de &lt;i&gt;notre&lt;/i&gt; monde dans celui-ci&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout un univers &#224; r&#233;inventer. &#171; Vous, les femmes, vous pensez qu'&#224; vos bagnoles et au foot ! alors bon&#8230; &#187; Il a une aventure avec une autre femme, qui s'int&#233;resse &#224; lui, qui n'est pas &#8212; trouver un terme &#233;quivalent &#224; &#171; macho &#187;. L'autre, sa femme, prend son plaisir et le laisse sur sa faim, pleine de bi&#232;res et de nullit&#233; crasse. Marrant &#231;a&#8230; Je suis s&#251;r que &#231;a a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; fait. Il faut le faire avec la plus grande d&#233;sinvolture possible, &#234;tre un peu stupide et un peu grossier. Y aller &#224; fond dans la com&#233;die. Le probl&#232;me est qu'on s'&#233;carte dr&#244;lement de l'exercice, encore une fois, qui &#233;tait, faut-il le r&#233;p&#233;ter, une &#171; nouvelle &#233;rotique &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Fantasmes de concert</title>
		<link>https://inacheve.net/spip.php?article116</link>
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		<dc:date>2008-08-14T00:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#034;Grandis !&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Je le pense et le r&#233;p&#232;te dans ma t&#234;te. &#192; l'adresse de ce jeune con qui pianote &#8212; tout dans les doigts (une mitraillette dans la main) rien dans la t&#234;te rien dans le coeur. &#034;Grandis, enfin ! Il est temps de faire un peu de musique, Schumann ne m&#233;ritait pas &#231;a.&#034; Il a encore bien du chemin &#224; parcourir ce gar&#231;on. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Grandis ! pens&#232;-je encore, avec un soupir.&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, alors que je lui enjoins de &#034;grandir&#034;, je me prends justement &#224; contempler la poitrine de ma voisine, un petit (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#034;Grandis !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je le pense et le r&#233;p&#232;te dans ma t&#234;te. &#192; l'adresse de ce jeune con qui pianote &#8212; tout dans les doigts (une mitraillette dans la main) rien dans la t&#234;te rien dans le coeur. &#034;Grandis, enfin ! Il est temps de faire un peu de musique, Schumann ne m&#233;ritait pas &#231;a.&#034; Il a encore bien du chemin &#224; parcourir ce gar&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Grandis ! pens&#232;-je encore, avec un soupir.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, alors que je lui enjoins de &#034;grandir&#034;, je me prends justement &#224; contempler la poitrine de ma voisine, un petit d&#233;collet&#233; discret qui sugg&#232;re l'ambre ferme et doux &#8212; l'imagination pallie &#224; merveille les insuffisances de la vue &#8212;, avec ces petits reliefs sous les doigts de la chair de poule n&#233;e sous la caresse &#224; fleur de peau, le volume app&#233;tissant et discret qui fr&#233;mit et se dresse derri&#232;re le t&#233;ton &#8212; suivi de l'ar&#233;ole que j'imagine large et sombre &#8212; dure sous la langue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'&#233;coute plus, je me force &#224; ne plus regarder, je ne peux que penser &#224; ce sein sous mes doigts. Je crois deviner les tr&#233;pidations de son coeur sous la chaleur de mon regard. Je jette un nouveau coup d'oeil, la poitrine s'&#233;l&#232;ve, se rabaisse, palpite. Elle fait semblant de rien, sa main se crispe sur le banc o&#249; elle est assise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut s'arr&#234;ter l&#224;, arr&#234;ter d'y penser, arr&#234;ter de l'&#233;crire, sinon je lui saute dessus avant m&#234;me que ce petit pianiste ridicule et niais ait termin&#233; son num&#233;ro de singe savon. Je la renverse sur le si beau dallage de cette &#233;glise romane, sans souci du bruit, je presse tout contre elle, je l'embrasse &#224; pleine bouche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Grandis !&#034; C'est &#224; moi que je parle &#224; pr&#233;sent, grandis, grandis, cesse de penser &#224; ses yeux de biche (tous les yeux sont de biche, dans ce genre de texte, mais l&#224;, je vous jure, c'est vrai, elle a des yeux de biche), &#224; sa bouche &#224; ses seins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin l'averse se termine. Le piano se tait. Les touches respirent apr&#232;s la torture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se l&#232;ve et va tourner les pages pour l'&#339;uvre suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a n'arrange pas mes affaires : j'ai un faible pour les tourneuses de page. Surtout celles avec un d&#233;collet&#233; comme celui-l&#224;. J'aime quand elles se l&#232;vent, se penchent au-dessus du clavier pour ne pas d&#233;ranger le pianiste &#8212; on voudrait plonger &#8212; on se demande comment le pianiste ne se d&#233;concentre pas. Puis elles se rasseyent, sages, l'air de rien, semblant tout ignorer du trouble qu'elles ont suscit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a donnerait presque envie de faire du piano.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai encore dans la t&#234;te toutes ces images que je me suis faites, je les projette sur celles que j'ai d&#233;j&#224;. C'est terrible. Serai-je capable d'aller jusqu'au bout du &lt;i&gt;Quintette&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Peut-&#234;tre une suite, un jour, mais pas tout de suite. Je ne suis pas d'humeur. Mais alors pas du tout du tout du tout.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Caresses dans les cheveux</title>
		<link>https://inacheve.net/spip.php?article69</link>
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		<dc:date>2008-07-17T00:50:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Besoin, avant toute autre chose, de caresses dans les cheveux. Ces caresses qui, tout soudain, rel&#226;chent les tensions et font vagabonder l'esprit dans un plaisant n&#233;ant futilit&#233; amus&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; de la jouissance absolue des sexes, les caresses dans les cheveux apportent une pl&#233;nitude saine et ing&#233;nue, une compl&#233;tude quasi parfaite. &#192; un d&#233;tail pr&#232;s. Quelle que soit la dur&#233;e de ces divines caresses, leur terme in&#233;luctable arrive toujours trop t&#244;t (ainsi va la vie !). Sous les d&#233;lices de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Besoin, avant toute autre chose, de caresses dans les cheveux. Ces caresses qui, tout soudain, rel&#226;chent les tensions et font vagabonder l'esprit dans un plaisant n&#233;ant futilit&#233; amus&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la jouissance absolue des sexes, les caresses dans les cheveux apportent une pl&#233;nitude saine et ing&#233;nue, une compl&#233;tude quasi parfaite. &#192; un d&#233;tail pr&#232;s. Quelle que soit la dur&#233;e de ces divines caresses, leur terme in&#233;luctable arrive toujours trop t&#244;t (ainsi va la vie !). Sous les d&#233;lices de la tendresse capillaire, ni elle ni l'agent caresseur ne peut trouver le sommeil. Insupportable interruption impos&#233;e par la fatigue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on ne fait pas les caresses n'importe comment ! Ah non ! Et toutes les caresses ne conviennent pas &#224; notre ch&#232;re et exigeante Sarah ! Non, il lui faut un expert. Un qui sache ne pas abuser des intenses plaisirs de la nuque, du cou, du derri&#232;re de la t&#234;te ; un qui sache les d&#233;laisser un temps et &#224; temps pour aller explorer les plus doux du devant les oreilles, qui bruissent gentiment au pavillon ; un qui sache s'aventurer vers le haut de l'occiput en tirant un peu, en emm&#234;lant beaucoup ; un qui sache ponctuer le c&#226;lin du doux effleurement au front et de l&#233;gers baisers renvers&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#199;a fait tellement longtemps que je l'ai &#233;crit, celui-l&#224;... Il fallait bien que je le serve un jour quelque part !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Que dire d'elle ?</title>
		<link>https://inacheve.net/spip.php?article33</link>
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		<dc:date>2008-05-27T15:52:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Originellement &#233;crit dans le cadre de T.A.B.P., mais qui trouve sa place ici aussi, d'une certaine mani&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt; Jugement de valeur et jugement qualitatif. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une femme peut &#234;tre jolie, c'est &#224; la fois une valeur et une qualit&#233;. D'ailleurs, ce dernier mot a un sens un peu trouble. Toujours le probl&#232;me du critique. Un adjectif, qualitatif par essence, devient jugement de valeur aussit&#244;t plac&#233; dans une phrase de critique. Ou du moins le danger est fort grand de le voir devenir. &lt;br class='autobr' /&gt;
La mise en mot, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://inacheve.net/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;&#201;ros&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Originellement &#233;crit dans le cadre de &lt;a href='https://inacheve.net/spip.php?article32' class=&#034;spip_in&#034;&gt;T.A.B.P.&lt;/a&gt;, mais qui trouve sa place ici aussi, d'une certaine mani&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jugement de valeur et jugement qualitatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une femme peut &#234;tre jolie, c'est &#224; la fois une valeur et une qualit&#233;. D'ailleurs, ce dernier mot a un sens un peu trouble. Toujours le probl&#232;me du critique. Un adjectif, qualitatif par essence, devient jugement de valeur aussit&#244;t plac&#233; dans une phrase de critique. Ou du moins le danger est fort grand de le voir devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en mot, la mise en &#339;uvre d'une description n'&#233;chappe jamais au jugement de valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adjectif est sujet &#224; l'affect. Exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une poitrine avenante, invitante, opulente, inqui&#233;tante, intrigante (pas mal), inexistante, attirante, obs&#233;dante, criante, &#233;vidente, d&#233;sirable, palpable, vulgaire, en avant, dissimul&#233;e, myst&#233;rieuse, timide, all&#233;chante, prot&#233;g&#233;e, protectrice, maternelle, point&#233;e, insolente, d&#233;fiante, expos&#233;e, fatigu&#233;e, lib&#233;r&#233;e, emprisonn&#233;e, press&#233;e, tombante, haute, adolescente, form&#233;e, bien form&#233;e (et oui !), hallucinante, d&#233;rangeante, inoubliable, fabuleuse, d&#233;concertante, merveilleuse, jouissive, &#233;lastique, coquine, d&#233;lass&#233;e (et d&#233;lac&#233;e), bedonnante, incommodante, bien port&#233;e, naturelle, oubli&#233;e, am&#233;ricaine (?), s&#233;duisante, r&#234;veuse, &#233;vapor&#233;e, excit&#233;e, excitante, fr&#233;missante, pr&#234;te, houleuse, d&#233;sesp&#233;r&#233;e, &#233;panouie, mignonne &#233;videmment, balanc&#233;e, pendante, bandante, vexante, amoureuse, livr&#233;e, abandonn&#233;e, lascive, froide, frigide, gonfl&#233;e, gonflante, disproportionn&#233;e, minuscule, microscopique, volontaire, ridicule, vide, insultante, irrit&#233;e, atome &#233;ph&#233;m&#232;re, braqu&#233;e, ferm&#233;e, compass&#233;e, fleurie, tentante, trompeuse, terrible, terrifiante, intimidante, tonique, tonifi&#233;e et tonifiante, &#233;veill&#233;e et r&#233;veill&#233;e, allum&#233;e, d&#233;cid&#233;e, fatigante, brutale, sensible, hypersensible, lascive, accueillante, offerte, &#224; d&#233;vorer, voil&#233;e, retenue, l&#233;nifiante, infatigable, vitup&#233;rante, visible, r&#233;v&#233;l&#233;e, d&#233;voil&#233;e, expos&#233;e, pudique et impudique, plongeante et &#224; s'y plonger, &#224; s'y perdre &#224; jamais, &#224; se damner, &#224; vendre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien d'autres encore.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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