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	<title>Inachev&#233;.net</title>
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	<description>Site de cr&#233;ation litt&#233;raire plus ou moins exp&#233;rimentale</description>
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		<title>Inachev&#233;.net</title>
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		<title>D'un lieu &#224; l'autre</title>
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		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre inspir&#233; par ma lecture de Lieux de Georges P&#233;rec, me revient ces jours-ci en m&#233;moire l'exp&#233;rience &#233;trange de ma d&#233;couverte progressive de Paris. Enfant ayant grandi en banlieue parisienne, ce sont mes parents qui m'ont emmen&#233; visiter Paris. Ils ont &#233;t&#233; mes guides lors de mes premiers trajets parisiens, le plus souvent en voiture. Quelques grands rep&#232;res &#8212; des amers urbains, dirons-nous &#8212; jaillissaient ainsi parfois, au d&#233;tour d'un trajet : la Tour Eiffel, le Louvre, le quartier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://inacheve.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Langues oubli&#233;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Peut-&#234;tre inspir&#233; par ma lecture de &lt;i&gt;Lieux&lt;/i&gt; de Georges P&#233;rec, me revient ces jours-ci en m&#233;moire l'exp&#233;rience &#233;trange de ma d&#233;couverte progressive de Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfant ayant grandi en banlieue parisienne, ce sont mes parents qui m'ont emmen&#233; visiter Paris. Ils ont &#233;t&#233; mes guides lors de mes premiers trajets parisiens, le plus souvent en voiture. Quelques grands rep&#232;res &#8212; des amers urbains, dirons-nous &#8212; jaillissaient ainsi parfois, au d&#233;tour d'un trajet : la Tour Eiffel, le Louvre, le quartier d'affaire de Beaugrenelle en face de la Maison de la Radio, la Tour Montparnasse, Orsay, aussi, bien s&#251;r, les Palais divers et vari&#233;s. Ils surgissaient ainsi, isol&#233;ment souvent, sans que je puisse v&#233;ritablement &#233;tablir de lien entre eux. Peu &#224; peu, je savais que la fr&#233;quentation de certains lieux (mus&#233;es, cin&#233;ma, logement de membres de la famille &#233;largie) nous vaudrait sans doute de passer au pied de l'un ou l'autre. Mais ces relations entre lieux fr&#233;quent&#233;s et le territoire dans lequel ils s'inscrivaient &#233;taient bien souvent assez l&#226;ches, tributaires, en outre, des itin&#233;raires choisis par mes parents au gr&#233; des caprices de la m&#233;t&#233;o ou de la circulation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Devenu adolescent, j'eus bient&#244;t le droit de sortir seul (enfin non, pas seul : avec mon fr&#232;re la plupart du temps, puis avec des amis). La plupart du temps, c'&#233;tait pour aller au cin&#233;ma. Pour des raisons pratiques (temps de trajets en transport en commun &#233;gaux pour les uns et les autres) comme de go&#251;t, notre pr&#233;f&#233;rence allait bien souvent aux salles de cin&#233;ma du quartier latin, ces salles o&#249; l'on pouvait d&#233;couvrir tout un pan de l'histoire du cin&#233;ma, les grandes heures des drames, com&#233;dies ou westerns am&#233;ricains, de la nouvelle vague ou de Bergman, des Hitchcock et des Kubrick, des Kurosawa et des Lynch &#8212; j'en passe et des meilleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je savais comme y aller. J'avais fait le trajet de nombreuses fois avec mes parents, qui me les avaient fait r&#233;p&#233;ter &#224; l'oral plusieurs fois. Je n'avais donc pas de probl&#232;me ni avec les horaires, ni avec les correspondances. Je connaissais aussi le trajet &#224; pied de la sortie du m&#233;tro vers le lieu o&#249; j'avais donn&#233; rendez-vous &#224; mes amis.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais une vision de Paris qui ressemble &#224; celle de ces cartes de jeu vid&#233;o de mon enfance, qu'il fallait absolument visiter en entier pour en avoir une id&#233;e. On commen&#231;ait &#224; un endroit, et un cercle s'&#233;clairait alentours. Ce n'&#233;tait qu'en envoyant l'un de nos personnages explorer les environs que les reliefs et &#233;l&#233;ments de paysage se r&#233;v&#233;laient.&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me chose pour moi &#224; Paris : la carte des environs des stations de m&#233;tro que j'avais l'habitude de fr&#233;quenter &#233;tait tout &#233;clair&#233;e. J'en connaissais les rues, les magasins, les restaurants. En revanche, aucune id&#233;e de comment on pouvait passer d'une zone &#233;clair&#233;e &#224; la voisine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est que pendant mes &#233;tudes que j'ai commenc&#233; &#224; connecter les points &#8212; et quel sentiment merveilleux la premi&#232;re fois que, &#224; la faveur d'une gr&#232;ve de transport, je d&#233;couvris que je pouvais aller de Montparnasse &#224; mon lyc&#233;e du Quartier Latin en traversant le Luxembourg ! Puis, plus tard, au gr&#233; de mes promenades solitaires ou amicales, tout Paris s'est mis &#224; s'&#233;clairer ou presque. Je dis ou presque, d'abord parce que, comme on le sait, la forme d'une ville change plus vite que le c&#339;ur d'un homme &#8212; il faut donc r&#233;explorer sans cesse les m&#234;mes territoires pour les conserver &#233;clair&#233;es &#8212;, ensuite parce que je n'ai &#233;videmment pas eu l'occasion d'explorer tout Paris &#8212; et je continue encore aujourd'hui &#224; d&#233;couvrir des lieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces derniers mois, cette d&#233;couverte se surimpose &#8212; un peu comme un calque par-dessus le quelque du r&#233;el pr&#233;sent &#8212; la carte de mon histoire familiale. Une histoire que je suis en train d'&#233;crire, &#224; l'aide des souvenirs des membres de ma famille, de la rue Vaucouleurs &#224; la rue Alphonse-Karr, et jusqu'au m&#233;tro Jaur&#232;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Revenir</title>
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		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je reviens beaucoup ces derniers jours sur des textes anciens. Le premier roman que j'ai achev&#233;, par exemple. Que j'aimerais reprendre pour lui donner une forme plus aboutie. Il fut abouti. Mais, sur les conseils de divers &#233;diteurs qui manifest&#232;rent, tour &#224; tour ou en m&#234;me temps, leur int&#233;r&#234;t, je l'ai travaill&#233; longuement, selon des indications et conseils parfois l&#233;gitimes, parfois m&#234;me pertinents, mais g&#233;n&#233;ralement entrant en totale contradiction les uns avec les autres. Pendant un temps, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je reviens beaucoup ces derniers jours sur des textes anciens. Le premier roman que j'ai achev&#233;, par exemple. Que j'aimerais reprendre pour lui donner une forme plus aboutie. Il fut abouti. Mais, sur les conseils de divers &#233;diteurs qui manifest&#232;rent, tour &#224; tour ou en m&#234;me temps, leur int&#233;r&#234;t, je l'ai travaill&#233; longuement, selon des indications et conseils parfois l&#233;gitimes, parfois m&#234;me pertinents, mais g&#233;n&#233;ralement entrant en totale contradiction les uns avec les autres. Pendant un temps, j'ai ainsi eu quatre versions sur lesquelles je travaillais en parall&#232;le, chacune destin&#233;e &#224; un &#233;diteur en particulier. Finalement, trouvant qu'il y avait des choses bien dans chaque version, j'avais voulu en faire une synth&#232;se, dans une version unique. Laquelle s'av&#232;re aujourd'hui totalement boursoufl&#233;e. J'ai l'habitude de la d&#233;crire comme un roman afflig&#233; d'un cancer g&#233;n&#233;ralis&#233; : diverses tumeurs gonflent &#231;&#224; et l&#224;, correspondant chacune &#224; une direction dans laquelle on m'a conseill&#233; de le retravailler, mais d&#233;s&#233;quilibrant totalement le texte dans sa globalit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout &#231;a pour dire que ce premier roman fait partie de quelques textes sur lesquels je reviens depuis quelques semaines ou mois. Ce n'est pas un exercice facile. Un peu comme de regarder une photo de soi voil&#224; plusieurs ann&#233;es : on se reconnait bien s&#251;r, mais quel accoutrement ridicule ! Et puis cette coiffure&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas facile aussi car comment les reprendre : doit-on tout r&#233;&#233;crire (c'est tr&#232;s d&#233;courageant) ? &#201;laguer seulement ? Mais alors jusqu'&#224; quel point ? R&#233;&#233;crire seulement quelques passages, mais alors o&#249; s'arr&#234;ter ? Je n'ai pas de r&#233;ponse toute faite. D'autant qu'avec le temps mon &#233;criture a chang&#233;, je ne recherche plus les m&#234;mes rythmes, les m&#234;mes effets, la m&#234;me musique. Le vocabulaire aussi &#233;volue &#8212; les envies surtout. Alors comment r&#233;&#233;crire sans d&#233;naturer ? Et pourquoi pas, du reste, ne pas d&#233;naturer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Revenir sur un texte, m&#234;me sans reprendre les fragments d&#233;j&#224; &#233;crits, c'est aussi continuer, prolonger. Et &#231;a n'a rien de naturel non plus. Plus encore que dans la reprise d'un texte abouti, il faut veiller &#224; rester fid&#232;le au ton initial, &#224; l'intention &#8212; ou pas, du reste. Y a pas de r&#232;gles non plus. Mais quelque chose d'un peu frustrant &#224; ne pas r&#233;ussir &#224; reprendre l&#224; o&#249; on s'est arr&#234;t&#233;. On n'a plus les jambes. Il faut s'&#233;chauffer, se remettre en train, tenter de se replonger dans l'ambiance &#8212; r&#233;&#233;couter des musiques ? Se rappeler des belles choses ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;crire est une torture de tous les instants. On se demander vraiment pourquoi on le fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors l'autre solution, qui pointe son nez : revenir sur un texte &#8212; le revoir, le r&#233;&#233;crire, le prolonger &#8212; avec l'aide de l'IA ? Et son cort&#232;ge de peurs : peur de se faire piller &#8212; fournir le point de d&#233;part, c'est aussi donner plus qu'on ne re&#231;oit &#8212;, peur d'aimer cette paresse, ce confort, peur de douter de sa paternit&#233;, peur du regard des autres aussi, sans doute. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors je n'ai pas franchi le pas. Pas encore du moins, pour mes travaux strictement litt&#233;raires. Je n'insulte pas l'avenir, mais j'aimerais pour l'instant &#233;viter. D'autant que je n'ai pour l'instant constat&#233; aucune rupture esth&#233;tique, aucun &#233;clair de g&#233;nie venant de l'IA, dans quelque domaine que ce soit. Puissance oui. Consensus parfois brillant. Mais rupture, disruption ? &#199;a viendra peut-&#234;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
La question est : une rupture esth&#233;tique purement IA ne serait-elle pas v&#233;ritablement appr&#233;ciable et appr&#233;ci&#233;e que par l'IA et autres entit&#233;es de cet acabit ? Si l'IA se met &#224; &#234;tre artiste, pourquoi son art serait-il destin&#233; &#224; l'humain ? Ne serait-il pas destin&#233; aux autres IA ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand je pense aux math&#233;matiques ou &#224; la physique, j'appr&#233;cie particuli&#232;rement la beaut&#233; intrins&#232;que que peuvent d&#233;gager les d&#233;monstrations, les raisonnements, voire les d&#233;veloppements structurels les plus th&#233;oriques &#224; partir d'un syst&#232;me axiomatique apparemment simple. De m&#234;me, je ne code plus depuis bien longtemps, mais je sais que certains codes informatiques peuvent &#234;tre beaux et &#233;l&#233;gants.&lt;br class='autobr' /&gt;
La beaut&#233; est multiple et jaillit parfois de lieux inattendus. Il est fort probable que si (et j'insiste sur le &#171; si &#187;), un jour, l'IA devient IArt, cette beaut&#233; sera bien diff&#233;rente de celle qu'on connait. Sera-t-elle en mesure de nous faire vibrer, de toucher nos sensibilit&#233;s humaines ? Pourrons-nous alors v&#233;ritablement parler de rupture esth&#233;tique ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Il parait qu'y a des choix.</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il parait qu'y a des choix. Oui, des choix, c'est comme &#231;a qu'on dit. On dit des choix, c'est comme &#231;a qu'on dit. Des choix &#224; faire. Oui. Tous les jours. Oui. Des petits choix, le plus souvent. Comme les petits trous de la chanson. Des petits choix, tout le temps, ou presque. Pas chaque seconde, pas chaque minute, mais quand m&#234;me. Souvent on s'en aper&#231;oit pas. Quelqu'un marche, en face de moi, et vient vers moi, sur ce trottoir bien &#233;troit : comment &#233;viter la collision ? Passerai-je &#224; droite (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://inacheve.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Langues oubli&#233;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il parait qu'y a des choix. Oui, des choix, c'est comme &#231;a qu'on dit. On dit des choix, c'est comme &#231;a qu'on dit. Des choix &#224; faire. Oui. Tous les jours. Oui. Des petits choix, le plus souvent. Comme les petits trous de la chanson. Des petits choix, tout le temps, ou presque. Pas chaque seconde, pas chaque minute, mais quand m&#234;me. Souvent on s'en aper&#231;oit pas. Quelqu'un marche, en face de moi, et vient vers moi, sur ce trottoir bien &#233;troit : comment &#233;viter la collision ? Passerai-je &#224; droite ou &#224; gauche ? Mettrai-je un pied dans le caniveau (y a-t-il de l'eau dans le caniveau ?) ? Et le choix se fait. Parfois le m&#234;me qu'en face, auquel cas il faut changer d'avis &#8212; il n'y a que les imb&#233;ciles qui ne changent pas d'avis. Alors on change d'avis, et l'autre en face n'est pas un imb&#233;cile non plus, il change d'avis en m&#234;me temps, et on n'est pas dans la merde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plein de petits choix, comme &#231;a, tout le temps. Et parfois des grands. Des grands qu'on prend aussi parfois sans le vouloir. Parce que certains petits nous forcent &#224; prendre des grands. Ne pas savoir quoi faire un soir, choisir par d&#233;faut d'accompagner un ami &#224; une f&#234;te. Voil&#224; un petit choix. &#192; cette f&#234;te, une jolie fille. Allons lui parler. Encore un petit choix &#8212; un peu plus gros, parce que &#231;a demande du courage quand m&#234;me. Et de fil en aiguille, des choix de plus en plus gros. De plus en plus grands. Et d'autres qui nous filent entre les doigts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il parait qu'y a des choix. Le choix de rester au lit un matin. Le choix de ne pas faire ce pensum, parce que bon. Le choix de ne pas faire d'&#233;tudes &#8212; et pourtant de continuer, toute sa vie, &#224; &#233;tudier, &#224; apprendre. Mais sans rien pour le prouver. Encore un choix. Un gros choix. Qui longtemps a paru anodin, mais qui ne l'est peut-&#234;tre pas tant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le choix de dire stop. Et l'impossibilit&#233; de dire stop.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Je ne suis pas (le) seul</title>
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		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je suis plong&#233; ces temps-ci dans les Lieux de Georges P&#233;rec (Seuil, 2022). Plus que le projet lui-m&#234;me, j'appr&#233;cie particuli&#232;rement la mani&#232;re dont il nous montre P&#233;rec au travail. Debout prenant des notes, install&#233; &#224; une table de caf&#233;, ou chez lui, face au clavier froid de sa machine &#224; &#233;crire. Je suis encore un peu dubitatif quant au projet lui-m&#234;me du reste &#8212; dans son entier du moins. Si le principe a tout pour me s&#233;duire &#8212; j'aime me compliquer la vie quand j'&#233;cris &#8212;, les descriptions des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://inacheve.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Langues oubli&#233;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis plong&#233; ces temps-ci dans les &lt;a href=&#034;https://lieux-georges-perec.seuil.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Lieux&lt;/i&gt; de Georges P&#233;rec&lt;/a&gt; (Seuil, 2022). Plus que le projet lui-m&#234;me, j'appr&#233;cie particuli&#232;rement la mani&#232;re dont il nous montre P&#233;rec au travail. Debout prenant des notes, install&#233; &#224; une table de caf&#233;, ou chez lui, face au clavier froid de sa machine &#224; &#233;crire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis encore un peu dubitatif quant au projet lui-m&#234;me du reste &#8212; dans son entier du moins. Si le principe a tout pour me s&#233;duire &#8212; j'aime me compliquer la vie quand j'&#233;cris &#8212;, les descriptions des lieux &#171; r&#233;els &#187; (rappelons ici que P&#233;rec s'est donn&#233; pour objectif un projet sur douze ans, de d&#233;crire douze lieux et d'&#233;crire ses souvenirs sur ses douze lieux, un par mois, jamais le m&#234;me &#224; chaque mois, en suivant un bicarr&#233; latin d'ordre 12) sont bien souvent trop syst&#233;matiques : P&#233;rec arpente le lieu en question et le d&#233;crit, maison par maison, vitrine apr&#232;s vitrine, accompagn&#233; parfois d'une s&#233;rie de photographies. D'un point de vue intellectuel et sociologique, c'est passionnant &#8212; mais il faut alors adopter une lecture diagonale, et non chronologique &#8212;, et j'imagine que des chercheurs pourraient y trouver quelques p&#233;pites. D'un point de vue litt&#233;raire, en revanche, &#231;a manque de vie et de sel. Seules les apparitions fugaces de passants ou de travailleurs, de buveurs ou de noctambules laissent apercevoir une autre po&#233;sie que celle de la recension &#8212; le plaisir des listes de P&#233;rec est en effet ici &#233;touff&#233; par la contrainte de l'exhaustivit&#233; et de la fid&#233;lit&#233; au &#171; r&#233;el &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les textes de &#171; souvenirs &#187;, en revanche, sont absolument passionnants. D'abord, bien s&#251;r, pour l'autobiographie qu'ils esquissent de P&#233;rec &#8212; une autobiographie qui touche aussi bien &#224; la grande histoire qu'&#224; celle du quotidien, des d&#238;ners entre amis, et m&#234;me, bien plus intime, de la vie amoureuse (o&#249; l'on d&#233;couvre un P&#233;rec aussi d&#233;sarm&#233; que nous face &#224; la force de sentiments qu'il est bien incapable de ma&#238;triser &#8212; m&#234;me s'il croit, parfois, trouver en l'&#233;criture un moyen justement de les maitriser, en vain bien s&#251;r, si on me permettra de divulgacher cela). Mais aussi et surtout parce que ce sont ceux justement o&#249; l'on voit l'&#233;crivain au travail, besogneux laborieux. Qui se d&#233;teste plus qu'il ne se congratule, jamais satisfait, qui prend des libert&#233;s fulgurantes avec la langue, qui se force &#224; &#233;crire et se f&#233;licite parfois d'avoir &#171; travaill&#233; &#187; d&#232;s lors qu'il a r&#233;ussi, p&#233;niblement, &#224; aligner quelques mots, un petit paragraphe pourtant minable (&#224; ses yeux : combien de fois dit-il &#171; c'est nul ! &#187; ou quelque chose d'approchant).&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour un petit &#233;crivaillon tel que moi, qui n'oserait jamais se comparer &#224; lui (m&#234;me si bon, c'est bien ce que je suis en train de faire l&#224;, mais seulement dans les aspects les plus p&#233;nibles et frustrants du m&#233;tier), quelle consolation de le lire, lui aussi, s'autocritiquant sans cesse, ne se trouvant jamais &#224; la hauteur de ses propres h&#233;ros. Quel plaisir de voir combien il lui est difficile, chaque jour, de se discipliner, de se forcer &#224; sa table, de laisser ses doigts sur la machine (et cette petite musique alors qui lui confirme qu'il est &#171; en train de travailler &#187;, puisqu'il tape &#224; la machine, quel qu'en soit le r&#233;sultat).&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne suis pas (le) seul. Je m'en doutais. Je le sais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nez n&#233;</title>
		<link>https://inacheve.net/spip.php?article583</link>
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		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce matin, quelques minutes apr&#232;s mon lever, j'ai ouvert la fen&#234;tre. J'ai aussit&#244;t &#233;t&#233; envelopp&#233; d'une odeur de fraicheur, sensation tr&#232;s agr&#233;able de cet air printanier rempli d'effluves l&#233;g&#232;res et d&#233;licates. Et aussit&#244;t cette frustration : comme on vient de le lire, je suis bien incapable de d&#233;crire pr&#233;cis&#233;ment, et ad&#233;quatement, les odeurs et les parfums. Parfaitement incomp&#233;tent. Frustration et jalousie, du reste : je me souviens de toutes ces lectures sem&#233;es d'abondants parfums, capiteux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://inacheve.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Langues oubli&#233;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce matin, quelques minutes apr&#232;s mon lever, j'ai ouvert la fen&#234;tre. J'ai aussit&#244;t &#233;t&#233; envelopp&#233; d'une odeur de fraicheur, sensation tr&#232;s agr&#233;able de cet air printanier rempli d'effluves l&#233;g&#232;res et d&#233;licates.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et aussit&#244;t cette frustration : comme on vient de le lire, je suis bien incapable de d&#233;crire pr&#233;cis&#233;ment, et ad&#233;quatement, les odeurs et les parfums. Parfaitement incomp&#233;tent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Frustration et jalousie, du reste : je me souviens de toutes ces lectures sem&#233;es d'abondants parfums, capiteux ou floraux, piquants ou acides. Combien de fleurs chez Proust ? Les orchid&#233;es d'Odette, les cam&#233;lias et magnolias des jeunes filles en fleurs. Et puis bien s&#251;r les aub&#233;pines et lilas qui bordent les chemins des promenades enfantines, sans parler des catleyas au sous-texte fonci&#232;rement &#233;rotique. Et ce n'est &#233;videmment pas seulement le cas de Proust : Baudelaire et ses fleurs du mal sont remplies de parfums si vari&#233;s et iridescents, tous ces po&#232;tes qui ont d&#233;velopp&#233; &#224; l'envi ou &#224; tort et &#224; travers (rayer la mention inutile) le champ s&#233;mantique des odeurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autant de description que, du reste, j'ai lu de mani&#232;re tr&#232;s abstraite, sans parvenir r&#233;ellement &#224; me les repr&#233;senter &#8212; contrairement aux descriptions de paysage ou de physionomie, quoique, pour ces derni&#232;res, il me semble que les romanciers fran&#231;ais du XIXe si&#232;cle d&#233;ploient un vocabulaire parfois abstrus pour le lecteur d'aujourd'hui, et certainement pour le jeune lecteur que j'ai &#233;t&#233; enfant. Il en va de m&#234;me de ce que je pourrais &#233;crire : mises &#224; part quelques fragrances bien identifi&#233;es, souvent assez brutes et sans nuances, crois&#233;es fr&#233;quemment dans mon quotidien relativement r&#233;cent &#8212; l'herbe fraichement coup&#233;es &#224; la fin du printemps, une pluie estivale sur une for&#234;t surchauff&#233;e, les couches de b&#233;b&#233; (les premi&#232;res, qui ne sentent presque rien, se teintant avec le temps d'un peu d'acidit&#233; lact&#233;e, pour finir carr&#233;ment odorif&#233;rantes lorsqu'on commence &#224; diversifier l'alimentation), la vieille urine, les gaz de mes enfants (parfois, lorsque je vais les r&#233;veiller le matin), l'oc&#233;an &#8212; ah ! l'oc&#233;an &#8212; je serais bien en peine de d&#233;crire un parfum, m&#234;me aim&#233; &#8212; pour une certaine personne, son odeur me fait l'effet d'&#234;tre chez moi, mais &#224; part &#231;a, aucune id&#233;e de comment la d&#233;crire. Il est plus que probable que, si la situation l'exigeait, je me contenterais de d&#233;crire avec des mots, mais sans &#234;tre capable de dire si mes mots co&#239;ncident bien avec la r&#233;alit&#233;. Exactement comme je lis lesdites descriptions. Il est fort probable que je me tromperais, parlant de violette (alors que la violette, parait-il, refuse de se faire sentir dans la dur&#233;e : d&#232;s qu'on la sent, elle sature les capteurs d&#233;di&#233;s, et il faut attendre que lesdits capteurs se lib&#232;rent pour &#234;tre &#224; nouveau en mesure de la sentir) alors que je ferais mieux d'&#233;voquer un c&#233;drat ou de la camomille &#8212; et inversement.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'imagine que &#231;a se travaille. Certainement. Au point d'en devenir un virtuose. C'est comme tout. Comme les muscles de l'athl&#232;te, qu'il entra&#238;ne et affine, jour apr&#232;s jour. Reste &#224; le faire. &#192; se lever, chaque matin, &#224; ouvrir la fen&#234;tre, et &#224; tenter de d&#233;crire ce qu'on sent &#8212; m&#234;me les jours o&#249; l'on est enrhum&#233;s. Ce pourrait &#234;tre un exercice d'&#233;criture. Comme j'avais fait, voil&#224; bient&#244;t vingt ans, celui de &lt;a href=&#034;https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique7&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;crire la m&#233;t&#233;o du jour&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Orthographe et diversit&#233; linguistique</title>
		<link>https://inacheve.net/spip.php?article574</link>
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		<dc:date>2024-05-14T07:29:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Petite r&#233;flexion du matin. Sans pr&#233;tention aucune. Mais qui n&#233;cessiterait peut-&#234;tre une &#233;tude approfondie de la part de la socio-linguistique (si tant est que pareille discipline existe). &lt;br class='autobr' /&gt;
La fixation (et la rigidification) de l'orthographe d'une langue n'est-elle pas &#224; l'origine d'une ouverture limite aux langues &#233;trang&#232;res ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait d'inculquer &#224; nos jeunes &#233;coliers l'exactitude orthographique ne les emp&#234;chera-t-il pas, par la suite, de distinguer la familiarit&#233; entre deux mots (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Petite r&#233;flexion du matin. Sans pr&#233;tention aucune. Mais qui n&#233;cessiterait peut-&#234;tre une &#233;tude approfondie de la part de la socio-linguistique (si tant est que pareille discipline existe).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fixation (et la rigidification) de l'orthographe d'une langue n'est-elle pas &#224; l'origine d'une ouverture limite aux langues &#233;trang&#232;res ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait d'inculquer &#224; nos jeunes &#233;coliers l'exactitude orthographique ne les emp&#234;chera-t-il pas, par la suite, de distinguer la familiarit&#233; entre deux mots &#233;quivalents, dans leur langue propre et dans une langue &#233;trang&#232;re (prenons par exemple &#034;paroisse&#034; et &#034;parish&#034;, sur lequel je viens de tomber) ? Une orthographe fluctuante permettrait de cultiver une souplesse d'esprit qui ouvre &#224; la compr&#233;hension (sinon &#224; la maitrise) des autres langues de la m&#234;me famille linguistique. Cela permettrait &#233;galement de pr&#233;server une certaine diversit&#233; dialectale au sein d'un m&#234;me p&#233;rim&#232;tre. Maitriser une langue latine, quelle qu'elle soit, ouvrirait aux autres, quand bien m&#234;me imparfaitement &#8212; de la m&#234;me mani&#232;re que les langues slaves...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dis &#231;a, je ne dis rien, comme dit l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je ne nie pas les avantages certains d'une orthographe cristallis&#233;e : sa beaut&#233;, d'abord, &#233;videmment, mais aussi son exactitude, qui permet d'&#233;noncer clairement une pens&#233;e, de d&#233;crire un concept sans ambigu&#239;t&#233;. Et, dans le m&#234;me temps, je ne suis pas le premier &#224; voir ce qu'une menue diff&#233;re/ance orthographique peut ouvrir de richesse s&#233;mantique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>S'y remettre</title>
		<link>https://inacheve.net/spip.php?article367</link>
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		<dc:date>2014-06-26T08:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;S'y remettre.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Fermer les yeux. Se laisser aller.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Le kal&#233;idoscope de couleurs du noir lumineux derri&#232;re la paupi&#232;re. D&#233;passer cela &#233;galement. Aller au-del&#224;. Au-del&#224; du soulagement de cette paupi&#232;re chaude sur l'&#339;il humide.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Tenter de retrouver le mot qui s'&#233;chappe. Ou plut&#244;t non. Ne pas le poursuivre. Le laisser aller au contraire. En trouver d'autres. Ceux qui viennent, ceux qui ne fuient pas.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'instant du moins.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Baisser la barri&#232;re, baisser la barre. Ne pas se laisser intimider, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'y remettre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fermer les yeux. Se laisser aller.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le kal&#233;idoscope de couleurs du noir lumineux derri&#232;re la paupi&#232;re. D&#233;passer cela &#233;galement. Aller au-del&#224;. Au-del&#224; du soulagement de cette paupi&#232;re chaude sur l'&#339;il humide.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tenter de retrouver le mot qui s'&#233;chappe. Ou plut&#244;t non. Ne pas le poursuivre. Le laisser aller au contraire. En trouver d'autres. Ceux qui viennent, ceux qui ne fuient pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'instant du moins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Baisser la barri&#232;re, baisser la barre. Ne pas se laisser intimider, inhiber. Par soi-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Personne d'autre n'exerce une surveillance aussi s&#233;v&#232;re et crue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne pas forcer. Difficile &#8212; comme de reprendre le sport apr&#232;s de longs mois de convalescence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#212; Solitude !</title>
		<link>https://inacheve.net/spip.php?article366</link>
		<guid isPermaLink="true">https://inacheve.net/spip.php?article366</guid>
		<dc:date>2013-01-25T07:41:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Solitude, &lt;br class='autobr' /&gt;
Solitude, m&#232;re de l'&#233;coute et de l'&#233;veil. &lt;br class='autobr' /&gt;
Solitude, tu ne fais pas avancer le schmiliblick. &lt;br class='autobr' /&gt;
Solitude, tu n'arrives &#224; rien qu'&#224; toi-m&#234;me. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens du temps o&#249; tu me terrifias. Ou c'&#233;tait l'&#233;garement absolu, le d&#233;chirement dans ton appr&#233;hension. Je me souviens de la peur, de l'angoisse extr&#234;me, de cette douleur essentielle qui me broyait, et qui m'a souvente fois men&#233; &#224;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens du temps o&#249; tu me privais de sommeil, me plongeait dans de longues nuits d'insomnie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://inacheve.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Langues oubli&#233;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Solitude,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solitude, m&#232;re de l'&#233;coute et de l'&#233;veil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solitude, tu ne fais pas avancer le schmiliblick.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solitude, tu n'arrives &#224; rien qu'&#224; toi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens du temps o&#249; tu me terrifias. Ou c'&#233;tait l'&#233;garement absolu, le d&#233;chirement dans ton appr&#233;hension. Je me souviens de la peur, de l'angoisse extr&#234;me, de cette douleur essentielle qui me broyait, et qui m'a souvente fois men&#233; &#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens du temps o&#249; tu me privais de sommeil, me plongeait dans de longues nuits d'insomnie et d'anxi&#233;t&#233; d&#233;bilitante, je me tortillais entre les draps, les muscles inlassablement tendus, secou&#233;s de spasmes, l'estomac nou&#233;. Je me tournais et me retournais sans r&#233;pit, les &#233;paules crisp&#233;s, au point que le cou &#233;tait douloureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens de toi, Solitude, je ne m'en souviens que trop bien. Tu &#233;tais ma tortionnaire, tu me pr&#233;cipitais au tr&#233;fonds de tes oubliettes. La r&#233;gularit&#233; de tes tourments &#233;tait la seule certitude alors de mon quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, tu es une compagne plus d&#233;licate. Le plus souvent, tu restes silencieuse : tu gardes ta r&#233;serve avec tact. Parfois, tu m'insuffles une toute petite pointe de nostalgie, ou un d&#233;sir fugitif, aussi fulgurant qu'&#233;ph&#233;m&#232;re, et dont je garde tr&#232;s rarement le moindre souvenir. Tu n'es pas en repos, non. Un changement de rythme, un essoufflement passager. Rien de plus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vus (crois&#233;s en venant du m&#233;tro)</title>
		<link>https://inacheve.net/spip.php?article364</link>
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		<dc:date>2012-09-25T18:41:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Une quatre-aile, un minibus de touristes, un taxi qui s'arr&#234;te tout enwarningu&#233;, quelques smarts perdues dans la grande ville, un mec qui s'la joue, une enseigne box &#224; vendre &#224; louer, un couple grisonnant et bas sur pattes, une rue vide mais point silencieuse (on entend la circulation qui passe &#224; un bout, et quelques &#233;clats de voix &#224; l'autre bout), et l'autre qui me presse. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un futur Ehpad (il en faut, au moins autant que des &#233;coles), un h&#244;tel 4 &#233;toiles (il en faut, moins que des &#233;coles), (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une quatre-aile, un minibus de touristes, un taxi qui s'arr&#234;te tout enwarningu&#233;, quelques smarts perdues dans la grande ville, un mec qui s'la joue, une enseigne box &#224; vendre &#224; louer, un couple grisonnant et bas sur pattes, une rue vide mais point silencieuse (on entend la circulation qui passe &#224; un bout, et quelques &#233;clats de voix &#224; l'autre bout), et l'autre qui me presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un futur Ehpad (il en faut, au moins autant que des &#233;coles), un h&#244;tel 4 &#233;toiles (il en faut, moins que des &#233;coles), un club &#233;changiste (il parait qu'il en faut) avec un voiturier qui a attach&#233; une baudruche gonfl&#233;e &#224; l'h&#233;lium &#224; sa pancarte, des magasins ferm&#233;s, des vitrines assombries, et l'autre qui se presse encore. &#171; Mais vers o&#249;, vers o&#249;, s'exclame-t-on ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux filles qui cherchent je ne sais quoi &#233;gar&#233; sur le plancher de leur voiture, un couple qui n'arrive pas &#224; se dire au revoir, une rue encombr&#233;e de v&#233;hicules mal gar&#233;s, une AX rouge parqu&#233;e ill&#233;galement sur une place handicap&#233;e (salaud), un couple qui s'embrasse goulument sur le pas d'une porte coch&#232;re, et l'autre encore qui sort enfin ses clefs et s'appr&#234;te &#224; grimper.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>(...)</title>
		<link>https://inacheve.net/spip.php?article363</link>
		<guid isPermaLink="true">https://inacheve.net/spip.php?article363</guid>
		<dc:date>2012-08-10T13:07:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;(&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Tu vois, c'est comme quand tu sors de l'avion. Comme au moment o&#249; tu quittes ton si&#232;ge apr&#232;s un long voyage en avion. Tu ne sens plus beaucoup tes jambes, elles sont ankylos&#233;es, et puis tu as des fourmis dans les pieds &#8212; &#231;a picote, ce n'est pas tr&#232;s agr&#233;able, mais ce n'est pas vraiment d&#233;sagr&#233;able non plus. Puis, tu te l&#232;ves et tu d&#233;couvres avec une pointe de surprise &#8212; une pointe de surprise que tu dissimules aussit&#244;t &#8212; que tes jambes peuvent de porter, que, un pied devant l'autre, tu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://inacheve.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Langues oubli&#233;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;(&#8230;)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu vois, c'est comme quand tu sors de l'avion. Comme au moment o&#249; tu quittes ton si&#232;ge apr&#232;s un long voyage en avion. Tu ne sens plus beaucoup tes jambes, elles sont ankylos&#233;es, et puis tu as des fourmis dans les pieds &#8212; &#231;a picote, ce n'est pas tr&#232;s agr&#233;able, mais ce n'est pas vraiment d&#233;sagr&#233;able non plus. Puis, tu te l&#232;ves et tu d&#233;couvres avec une pointe de surprise &#8212; une pointe de surprise que tu dissimules aussit&#244;t &#8212; que tes jambes peuvent de porter, que, un pied devant l'autre, tu peux marcher. &#192; petits pas, d'abord. C'est pas facile : le sommeil que tu as trouv&#233; sur ton si&#232;ge n'&#233;tait pas des meilleurs. Et en m&#234;me temps tu te sens inhabituellement l&#233;g&#232;re. Puis tu sors de l'avion, tu clignes des yeux dans le soleil &#233;tincelant. Tu as besoin d'un instant pour t'y habituer, pour d&#233;couvrir le paysage qui s'ouvre &#224; mesure. D&#232;s la descente de l'avion, d&#232;s que tu poses un pied sur le tarmac, tu es soudain assaillie de couleurs et d'odeurs. Elles te sont presque famili&#232;res, tu crois les avoir d&#233;j&#224; vues, les avoir d&#233;j&#224; senties, oui, tu crois avoir d&#233;j&#224; &#233;t&#233; l&#224;, mais c'est comme si tu l'avais oubli&#233;. C'&#233;tait il y a trop longtemps. Ou alors c'est comme un souvenir inscrit dans ton cerveau, mais que tu n'aurais jamais v&#233;cu toi-m&#234;me, qu'on se passerait de p&#232;re en fille, de m&#232;re en fils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soudain l'horizon s'ouvre. Presque brutalement, tu es happ&#233;e par l'immensit&#233;. D'un coup, ce n'est plus &#224; quelques m&#232;tres, mais &#224; des centaines, des milliers, des milliers de milliers de m&#232;tres que tu vois, que tu embrasses le monde en toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tes jambes. Sans plus de douleur, sans plus de lourdeur, d'un bond, elles sont l&#224;, elles t'ob&#233;issent, tu peux courir si tu veux. Oui, courir, loin. Courir, libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(D'un bond, je suis sur mes jambes. Je jette un petit regard sur tout le petit monde assembl&#233; l&#224;, autour de moi. Et le sourire que je leur adresse, ce n'est plus un sourire d'adieu, c'est un sourire de joie, c'est un sourire tout amour.)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ton c&#339;ur s'est soulev&#233;e l'angoisse. L'angoisse, l'appr&#233;hension, le poids. Oui, le poids. Tout ce qui peut peser dans la vie. Les petits et grands soucis, les petites et grandes inqui&#233;tudes, les aspirations et les ambitions. Il ne reste plus que l'exaltation. Et cette paix &#233;trange de savoir que tu as tout le temps devant toi. Tout le temps, tout le monde, un oc&#233;an de possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis tu penses &#224; toutes ces images magnifiques qui t'attendent, toutes les exp&#233;riences que tu as anticip&#233;es, minutieusement, en d&#233;cortiquant guides, souvenirs et journaux de voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#231;a est pour toi. Tu es libre. Tu es livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(Je retrouve enfin mes jambes. Adieu fauteuil roulant, adieu b&#233;quilles. Adieu fatigue, je t'abandonne loin derri&#232;re moi, avec le poids de la maladie qui t'attire vers le fond de l'abime. Adieu, je n'ai plus besoin de vous. J'ai ce qu'il me faut, j'ai tout ce qu'il me faut.)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu cours. Droit devant toi. Sous tes pas se d&#233;voile le chemin, l'&#233;vidence. Tu cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu respires l'odeur des arbres, tu sautes &#224; travers les montagnes, tu joues avec la lumi&#232;re &#233;tincelante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu abandonnes derri&#232;re toi bassesse et l&#226;chet&#233;, petitesse et enfermement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu n'es plus que paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quand tu l&#232;ves &#224; nouveau tes yeux vers les autres, ceux que tu as laiss&#233;s derri&#232;re toi, ce n'est qu'avec un sourire, un sourire immense, un rire &#233;clatant, qui rayonne jusque dans leur c&#339;ur. Tu le sais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour eux tu n'es que ce rire, ce bonheur, cette force renversante, et c'est vers eux que tu cours, ce sont eux que tu vas rejoindre par-del&#224; les montagnes, la lumi&#232;re et la joie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(&#8230;)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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