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	<title>Inachev&#233;.net</title>
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	<description>Site de cr&#233;ation litt&#233;raire plus ou moins exp&#233;rimentale</description>
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		<title>Inachev&#233;.net</title>
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		<title>Miroir magique</title>
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		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; Miroir, &#244; miroir, dis-moi ! Qui est la plus belle de toutes ? &#187; Il fut longtemps difficile de r&#233;pondre &#224; cette question lorsqu'on n'&#233;tait pas une reine de conte de f&#233;e. Aujourd'hui, c'est beaucoup plus facile : followers, salaires, likes, r&#233;sultats google. Internet et les r&#233;seaux sociaux sont un miroir magique &#224; la port&#233;e de tous. Seulement, comme pour celui de la reine mal&#233;fique, c'est un miroir qui ne rend absolument pas compte du subjectif intrins&#232;que de la r&#233;ponse &#224; cette question. Et, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Miroir, &#244; miroir, dis-moi ! Qui est la plus belle de toutes ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il fut longtemps difficile de r&#233;pondre &#224; cette question lorsqu'on n'&#233;tait pas une reine de conte de f&#233;e. Aujourd'hui, c'est beaucoup plus facile : followers, salaires, likes, r&#233;sultats google. Internet et les r&#233;seaux sociaux sont un miroir magique &#224; la port&#233;e de tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seulement, comme pour celui de la reine mal&#233;fique, c'est un miroir qui ne rend absolument pas compte du subjectif intrins&#232;que de la r&#233;ponse &#224; cette question. Et, plus encore, de l'impact m&#234;me de ladite beaut&#233; sur le monde. Sans convoquer ici Pascal, une beaut&#233; qui stup&#233;fie, qui soumet, a peu en commune avec une beaut&#233; qui exalte, qui invite &#224; l'action &#8212; une dialectique qui renvoie ici aussi &#224; celle du Dieu, vengeur et jaloux, ou plein d'amour et de compassion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lors d'une conversation avec le compositeur &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Steve_Reich&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Steve Reich&lt;/a&gt;, j'&#233;voquais avec lui la dimension &#171; politique &#187; de certaines de ses &#339;uvres &#8212; et leurs motivations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens lui avoir demand&#233; un moment : &#171; Avez-vous le moindre espoir d'avoir un quelconque impact sur le monde ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Question rh&#233;torique, bien s&#251;r, dont je connaissais la r&#233;ponse. Mais ce qui m'a frapp&#233;, c'est l'humilit&#233; de sa r&#233;ponse.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Prenez &lt;i&gt;Guernica&lt;/i&gt;. Sans doute une peinture parmi les plus belles qui soient, mais aussi l'une des plus fortes, des plus expressives : elle nous happe, elle frappe l'imagination, elle dit toute l'horreur de la guerre. &lt;i&gt;Guernica&lt;/i&gt; a-t-elle eu le moindre effet sur le cours de l'Histoire ? Non. Hitler &#233;tait d&#233;j&#224; au pouvoir, la Shoah s'est poursuivie. Deux ans plus tard, le conflit le plus sanglant de l'histoire de l'homme a &#233;clat&#233;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et on pourrait continuer : m&#234;me depuis 1945, &lt;i&gt;Guernica&lt;/i&gt;, certes reconnue mondialement comme un chef-d'&#339;uvre de la peinture, est un non-&#233;v&#233;nement du point de vue historique. Et les guerres se poursuivent joyeusement.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Alors moi, avec ma musique, quel espoir puis-je avoir ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors pourquoi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut imaginer Sisyphe heureux, sans doute. Heureux et sans m&#233;moire. Car il n'apprend ni de ses &#233;checs, ni de ses victoires. Il vit son pr&#233;sent. Sans m&#233;moire, mais sans sensibilit&#233; non plus ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais alors pourquoi ce besoin de reconnaissance ? Pourquoi ce recours narcissique &#224; ce miroir qui, au surplus, ne dit rien sur rien ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi &#233;crit-on ? J'aimerais ne plus ressentir le besoin de publier, le besoin d'&#234;tre lu. Je n'&#233;cris pas pour &#234;tre lu. Mais j'en nourris toujours l'espoir. J'aime &#233;crire, m&#234;me si c'est une v&#233;ritable torture. Il faut imaginer Sisyphe heureux, encore et toujours. Et l'on n'invente rien, quoi qu'on en dise. M&#234;me Camus n'a pas invent&#233; sa phrase ! Il l'aurait emprunt&#233;e au philosophe japonais (en partie form&#233; en Allemagne et en France) &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Sh?z?_Kuki&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sh ?z ? Kuki&lt;/a&gt; (1888-1941).&lt;br class='autobr' /&gt;
On est bien peu de chose, ma bonne dame.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sacrifi&#233;e</title>
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		<dc:date>2026-09-18T09:13:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il y en a toujours une, parfois toujours la m&#234;me, parfois tout &#224; fait une autre, mais jamais moyen de savoir sur quel autel, quels augures, quelle fin. Esclave du pass&#233;, du pr&#233;sent ou de l'avenir, qu'importe. Ce n'est plus un individu, c'est toute une g&#233;n&#233;ration &#8212; injonction contradictoire du progr&#232;s : r&#233;partir la responsabilit&#233; du pouvoir pour &#233;viter de penser la suite. Abandonn&#233;e, n&#233;glig&#233;e, plong&#233;e dans la d&#233;r&#233;liction la plus consomm&#233;e. Inlassablement, toujours d&#233;j&#224;. Ni le loisir ni le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://inacheve.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Langues oubli&#233;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y en a toujours une, parfois toujours la m&#234;me, parfois tout &#224; fait une autre, mais jamais moyen de savoir sur quel autel, quels augures, quelle fin. Esclave du pass&#233;, du pr&#233;sent ou de l'avenir, qu'importe. Ce n'est plus un individu, c'est toute une g&#233;n&#233;ration &#8212; injonction contradictoire du progr&#232;s : r&#233;partir la responsabilit&#233; du pouvoir pour &#233;viter de penser la suite. Abandonn&#233;e, n&#233;glig&#233;e, plong&#233;e dans la d&#233;r&#233;liction la plus consomm&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Inlassablement, toujours d&#233;j&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ni le loisir ni le temps de penser. Pas les moyens non plus. Les aurait-on, c'est l'envie qui manquerait, de les mettre en &#339;uvre. Confort &#224; courte vue. Quand ce n'est pas simplement l'hygi&#232;ne de vie qui contredit l'hygi&#232;ne du monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour le reste : sacrifice. Silencieux. Sans le dire. Sans le faire sentir. Au contraire : l'illusion est bien plus forte. On croit remplir son r&#244;le. On se souvient &#234;tre pr&#233;dateur &#8212; on oublie qu'on est proie. Gonfl&#233; comme une baudroie, on esp&#232;re que &#231;a suffira.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis finalement, n'est-ce pas l'esp&#232;ce tout enti&#232;re que l'on sacrifie ? Cadeau empoisonn&#233; de la conscience de soi, de l'intelligence du monde. On se console en pensant, pens&#233;e en tourbillon, inexorablement attir&#233; par la masse du trou noir &#8212; on esp&#232;re toujours faire partie du rayonnement, de cette infime flux de mati&#232;re qui s'en &#233;chappe. Le plus probable est qu'on suive le gros du reste. On voudrait se distinguer &#8212; cela ne ferait qu'acc&#233;l&#233;rer la chute.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors ne reste plus que la m&#233;diocrit&#233; : suivre le mouvement. On sera moins malheureux. S'agirait alors de cesser de le dire, de l'&#233;crire. De jouer sur les mots. Ou avec, qu'importe. Rappeler un i, un e, un o, et quelques u malheureux, oublier le e qu'on pr&#233;f&#232;rerait n'avoir jamais rencontr&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bref : disparaitre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Insucc&#232;s</title>
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		<dc:date>2026-09-17T09:30:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#199;a ne sort pas
&lt;br class='autobr' /&gt;
S'arr&#234;te au seuil des l&#232;vres
&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; peine entrouvertes
&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a se bouscule, &#231;a se presse.
&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;go le dispute &#224; la pudeur
&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui gagne sans &#233;gard,
&lt;br class='autobr' /&gt;
Ni regard.
&lt;br class='autobr' /&gt;
On sait pourtant.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qu'on vaut, ce qu'on veut.
&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;serve, discr&#233;tion, imposture.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Savant d&#233;s&#233;quilibre &#8212; brutalit&#233; nette et sans ambages
&lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout ne pas s'imposer,
&lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout ne pas surplomber,
&lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout ne pas.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout ne pas.
&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;sultat : pas.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Rien, on n'est rien, on ne devient rien, on ne sera rien.
&lt;br class='autobr' /&gt;
On restera, petit, sans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#199;a ne sort pas&lt;br class='autobr' /&gt;
S'arr&#234;te au seuil des l&#232;vres&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; peine entrouvertes&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a se bouscule, &#231;a se presse.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;go le dispute &#224; la pudeur&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui gagne sans &#233;gard,&lt;br class='autobr' /&gt;
Ni regard.&lt;br class='autobr' /&gt;
On sait pourtant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qu'on vaut, ce qu'on veut.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;serve, discr&#233;tion, imposture.&lt;br class='autobr' /&gt;
Savant d&#233;s&#233;quilibre &#8212; brutalit&#233; nette et sans ambages&lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout ne pas s'imposer,&lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout ne pas surplomber,&lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout ne pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout ne pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;sultat : pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rien, on n'est rien, on ne devient rien, on ne sera rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
On restera, petit, sans envergure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seul et sans &#233;gal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Votif et fautif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne sachant jamais prendre ce qui se saisit de soi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne sachant, non plus, se faire plus cryptique que n&#233;cessaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Peur d'&#234;tre incompris, et incompris de fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Personne ne t'attend. Personne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Personne n'a besoin de toi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dispensable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et dispens&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Traduire</title>
		<link>https://inacheve.net/spip.php?article660</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'enfant s'agite sur sa chaise haute. Tout son corps s'y met. Ses petites fesses remuent dans la couche, entrainant tout son si&#232;ge dans un mouvement fr&#233;n&#233;tique, heurtant au passage le pied de la table dans une paraphrase du Toltshock du Sacre du Printemps. L'air de la pi&#232;ce vibre d'un seul bloc sous l'effet de la frustration. L'enfant s'agite, les deux bras tendus devant son visage &#224; l'horizontal, le regard comme aimant&#233; par un objet inconnu, que l'on imagine cach&#233; dans l'espace qui lui fait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://inacheve.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Langues oubli&#233;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'enfant s'agite sur sa chaise haute. Tout son corps s'y met. Ses petites fesses remuent dans la couche, entrainant tout son si&#232;ge dans un mouvement fr&#233;n&#233;tique, heurtant au passage le pied de la table dans une paraphrase du Toltshock du Sacre du Printemps. L'air de la pi&#232;ce vibre d'un seul bloc sous l'effet de la frustration.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'enfant s'agite, les deux bras tendus devant son visage &#224; l'horizontal, le regard comme aimant&#233; par un objet inconnu, que l'on imagine cach&#233; dans l'espace qui lui fait face. Il chantonne un fredon entrecoup&#233; de petits cris aigus et rapides, modul&#233;s par ses l&#232;vres tour &#224; tour ouvertes et ferm&#233;s &#8212; t&#226;chant &#224; toute force de d&#233;chirer le rideau d'incommunicabilit&#233; qui l'enceint.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'un coup, il s'immobilise, cesse son fredon. Il n'a pourtant rien obtenu. Les adultes autour de lui le regardent toujours d'un air ahuri, incapable de r&#233;pondre &#224; son besoin. Mais l'enfant se tait, et se tourne d'un coup vers son fr&#232;re, &#224; ses c&#244;t&#233;s. Il le regarde et on peut lire dans ses grands yeux une pri&#232;re en m&#234;me temps qu'une patience insolite. Il attend son traducteur. Le seul qui le comprenne. Le seul qui ait encore un pied dans le monde des sans-mots.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fr&#232;re se pr&#234;te de bonne gr&#226;ce &#224; l'exercice : il traduit. Sans m&#234;me regarder l'enfant. En quelques phrases parfaitement tourn&#233;es, il va droit au but. Il exprime le besoin, la frustration, la question qui br&#251;le les l&#232;vres &#8212; il en est d'autant plus ravi, que ce souhait, il le fait sien dans l'instant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand le fr&#232;re a termin&#233;, l'adulte regarde l'enfant, comme pour chercher confirmation. L'enfant s'agite une fois dans sa chaise &#8212; un aller-retour unique, les bras &#224; nouveau tendus, qui signifie &#171; Bah oui ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
On lui tend l'objet. Il le porte imm&#233;diatement &#224; sa bouche &#8212; se demande s'il ne pourrait pas y avoir quelque chose de plus rapide, de plus efficace, une traduction simultan&#233;e, finalement.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourtant clair, non mais sans blague.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nirvana</title>
		<link>https://inacheve.net/spip.php?article659</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lieu d'absence et de labeur, de d&#233;tachement et de lib&#233;ration, de d&#233;chargement et d'ennui profond, lieu d'aisance et de mal-&#234;tre, vomitoire et logorrh&#233;ique, acte sans but, vide de sens et pourtant charg&#233; d'&#233;motion, barque sur les flots, priv&#233; de voile et d'aviron, bouchon errant entre deux flots, galet en passe d'&#234;tre poli, mais dont personne ne tirera le moindre ricochet, les &#233;crit volent, la marche sur place, la lettre vol&#233;e par son propre exp&#233;diteur, l'amant transi et timide, seul dans son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://inacheve.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Langues oubli&#233;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lieu d'absence et de labeur, de d&#233;tachement et de lib&#233;ration, de d&#233;chargement et d'ennui profond, lieu d'aisance et de mal-&#234;tre, vomitoire et logorrh&#233;ique, acte sans but, vide de sens et pourtant charg&#233; d'&#233;motion, barque sur les flots, priv&#233; de voile et d'aviron, bouchon errant entre deux flots, galet en passe d'&#234;tre poli, mais dont personne ne tirera le moindre ricochet, les &#233;crit volent, la marche sur place, la lettre vol&#233;e par son propre exp&#233;diteur, l'amant transi et timide, seul dans son coin, en soi et hors de soi, sans destination, le cr&#226;ne se brise en deux d'un coup de hache port&#233; de l'int&#233;rieur, les membres tombent l'un apr&#232;s l'autre comme un playmobil martyris&#233;, pantin d&#233;sarticul&#233; qui n'a m&#234;me jamais eu l'espoir de s'incarner, riant aux &#233;clats, rire jaune et sardonique, les moustaches qui tombent, le coin des yeux qui remontent dans un plissement m&#233;chant, tapis de rien mouchet&#233; de noir, et puis ce carnet, ces feuilles volantes, cette corbeille en attente, une douzaine de stylos dont seuls deux ou trois fonctionnent encore &#8212; mais lesquels ? &#8212;, une agrafeuse ant&#233;diluvienne, une corbeille de faux fruits &#8212; dessin maladroit &#8212;, une odeur famili&#232;re, et ce rythme irr&#233;gulier, impair et passe, cette musique discr&#232;te qui t&#233;moigne, sans rien garantir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faudrait pourtant en accepter l'&#233;vidence. Si &#231;a ne sert &#224; rien, pourquoi &#231;a servirait ? Si &#231;a n'aura absolument aucun impact durable, alors pourquoi le publier ? &#201;crire pour soi. Par n&#233;cessit&#233;, sans chercher la moindre reconnaissance, sans chercher le moindre lecteur. Se satisfaire de son g&#233;nie unique et solitaire, dans sa solitude &#8212; sans remise en cause, c'est bien pratique. Sa satisfaire de sa m&#233;diocrit&#233;, surtout, de son petit point de vue, de cet &#233;loignement de la po&#233;sie, de l'&#233;pop&#233;e et du romanesque.&lt;br class='autobr' /&gt;
Laisser aux autres le plaisir et se complaire dans la (d&#233;)confiture.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trouver son bonheur &#224; &#233;crire sans espoir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vingt-deux mois</title>
		<link>https://inacheve.net/spip.php?article658</link>
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		<dc:date>2026-09-14T10:26:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Vingt-deux mois plus tard.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu moins peut-&#234;tre.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est encore qu'un crat&#232;re b&#233;ant.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Un crat&#232;re, entour&#233; de palissades.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Grillages ou t&#244;les, couvertes de portraits imprim&#233;s, dont l'encre,
&lt;br class='autobr' /&gt;
apr&#232;s vingt-et-un mois d'intemp&#233;ries diverses,
&lt;br class='autobr' /&gt;
semble couler comme des larmes.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Photo sans photog&#233;nie : un chantier comme un autre.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis non.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Crat&#232;re sans sens ni raison,
&lt;br class='autobr' /&gt;
rempli de ferrailles, d'&#233;clats de bitumes,
&lt;br class='autobr' /&gt;
de fragments de b&#233;ton, de shrapnels d'acier.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Terrain vague, comme &#224; l'abandon (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vingt-deux mois plus tard.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu moins peut-&#234;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est encore qu'un crat&#232;re b&#233;ant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un crat&#232;re, entour&#233; de palissades.&lt;br class='autobr' /&gt;
Grillages ou t&#244;les, couvertes de portraits imprim&#233;s, dont l'encre,&lt;br class='autobr' /&gt;
apr&#232;s vingt-et-un mois d'intemp&#233;ries diverses,&lt;br class='autobr' /&gt;
semble couler comme des larmes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Photo sans photog&#233;nie : un chantier comme un autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis non.&lt;br class='autobr' /&gt;
Crat&#232;re sans sens ni raison,&lt;br class='autobr' /&gt;
rempli de ferrailles, d'&#233;clats de bitumes,&lt;br class='autobr' /&gt;
de fragments de b&#233;ton, de shrapnels d'acier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Terrain vague, comme &#224; l'abandon &#8212; et pourtant rien de vague, ici. Aucune &#233;vasion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Absurdit&#233; d'un monument votif dress&#233; &#224; la va-vite, dont les portraits de d&#233;solation couvrent la terre enti&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le ciel est aussi bleu que ce jour-l&#224;. La chaleur, sans doute, aussi douce.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a que le vide, l'absence, le n&#233;ant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce p&#232;lerinage, que nous avons pourtant voulu, nous semble &#8212; on n'osera se le dire &#8212; tout &#224; coup sans objet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Anti-h&#233;ros, anti-drame, anti-&#233;motion.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'histoire, elle, se poursuit, mais on est ici bloqu&#233; entre deux. Comme un deuil mal cuit, mal fini, que quelqu'un voudrait ne jamais clore.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme ce crat&#232;re, ce trou sans &#226;me, que quelqu'un ne voudra jamais combler.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Souvenirs de ground zero, juin 2003.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Il r&#232;gne</title>
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		<dc:date>2026-09-11T09:20:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il r&#232;gne dans les rues de la ville un calme paradoxal. Non pas que tout soit &#224; l'arr&#234;t, loin de l&#224;. La d&#233;licate m&#233;canique urbaine est &#224; l'&#339;uvre &#8212; les feux de circulation, les bus qui passent, les cin&#233;mas respectent les horaires des s&#233;ances. La rumeur est bien pr&#233;sente, le ronronnement des voitures, la clameur d'un klaxon, le hurlement rauque d'une moto. Rien ne manque et pourtant. &#192; l'&#339;il comme &#224; l'oreille, c'est difficilement quantifiable &#8212; peut-&#234;tre des statistiques indiqueraient-elles une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il r&#232;gne dans les rues de la ville un calme paradoxal. Non pas que tout soit &#224; l'arr&#234;t, loin de l&#224;. La d&#233;licate m&#233;canique urbaine est &#224; l'&#339;uvre &#8212; les feux de circulation, les bus qui passent, les cin&#233;mas respectent les horaires des s&#233;ances. La rumeur est bien pr&#233;sente, le ronronnement des voitures, la clameur d'un klaxon, le hurlement rauque d'une moto. Rien ne manque et pourtant. &#192; l'&#339;il comme &#224; l'oreille, c'est difficilement quantifiable &#8212; peut-&#234;tre des statistiques indiqueraient-elles une r&#233;duction de l'activit&#233; par rapport &#224; une apr&#232;s-midi normale de rentr&#233;e, et encore &#8212; n'est-ce qu'une impression ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Les caf&#233;s sont ouverts, mais les salles sont clairsem&#233;es. Et, surtout, relativement silencieuses. Personne n'ose hausser la voix. Rares sont les rires. Pourtant, ce matin, tout le monde s'est rendu au travail, &#224; l'&#233;cole &#8212; comme tous les jours. Tout le monde doit donc bient&#244;t en rentrer, en toute logique. Mais personne n'ira faire les courses pour le d&#238;ner. Ou alors, tr&#232;s vite, le strict minimum. On se h&#226;tera, comme si l'orage mena&#231;ait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur les trottoirs, personne ne baguenaude.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le temps semble comme suspendu, flou. N'avance plus. Tourne en boucle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis ces centaines d'&#233;crans de t&#233;l&#233;vision. Hypnotisants. Scotchants. De loin en loin, quelques rares groupes agglutin&#233;s devant &#8212; qui se dispersent tr&#232;s rapidement pour se reformer &#224; quelques dizaines ou centaines de m&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces colonnes de fum&#233;e qui resteront &#224; jamais dans les m&#233;moires comme travers&#233;es, stri&#233;es, des lignes des tubes cathodiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bient&#244;t, une tour tombe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sid&#233;ration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sentiment d'irr&#233;alit&#233;, d'un mauvais film catastrophe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le speaker ne sait plus quoi dire non plus. Il balbutie, radote, ratiocine. Reste muet devant ces petites silhouettes qui semblent des pantins d&#233;sarticul&#233;s jet&#233;s dans le vide &#8212; dont on n'ose imaginer la chute qui ne nous est pas montr&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
On ne sait ce qui se passe. On s'appelle, on se met en garde les uns les autres, on tente de se calmer mutuellement, on dit : &#171; Rentre &#224; la maison. S'il-te-plait, ce n'est pas s&#251;r. &#187; Mais on reste. On reste. On se raccroche &#224; l'illusion d'une normalit&#233; en honorant un rendez-vous, en rejoignant une bulle d'amiti&#233; s&#233;curisante. Une amiti&#233; d&#233;pouill&#233;e, &#224; l'os.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Vestiges</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;De si&#232;cle en si&#232;cle, de mill&#233;naire en mill&#233;naire, la nature ne cesse de d&#233;faire ce qu'elle-m&#234;me a fait. Apr&#232;s avoir lentement excav&#233; une baie, la voil&#224; &#224; pr&#233;sent s'&#233;chinant &#224; la combler. Elle a goulument mont&#233; des montagnes &#8212; tel un p&#226;tissier ses blancs en neige ? L'&#233;rosion se chargera de leur ravaler l'ego. Que deux plaques continentales referment une mer, et voil&#224; l'eau qui patiemment la rouvre, provocant au passage un d&#233;luge au proportions bibliques et arasant plus encore c&#244;tes et fonds (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De si&#232;cle en si&#232;cle, de mill&#233;naire en mill&#233;naire, la nature ne cesse de d&#233;faire ce qu'elle-m&#234;me a fait. Apr&#232;s avoir lentement excav&#233; une baie, la voil&#224; &#224; pr&#233;sent s'&#233;chinant &#224; la combler. Elle a goulument mont&#233; des montagnes &#8212; tel un p&#226;tissier ses blancs en neige ? L'&#233;rosion se chargera de leur ravaler l'ego. Que deux plaques continentales referment une mer, et voil&#224; l'eau qui patiemment la rouvre, provocant au passage un d&#233;luge au proportions bibliques et arasant plus encore c&#244;tes et fonds marins, sans &#233;gard pour la faune ou la flore. Une flaque se forme, le soleil l'&#233;vapore.&lt;br class='autobr' /&gt;
La nature elle-m&#234;me, au long d'un interminable (et jamais termin&#233;) processus d'&#233;volution, a fait apparaitre l'humain &#8212; et soyons certains qu'elle le fera disparaitre, et estompera le moindre signe de sa pr&#233;sence. Suffira d'attendre : viendra bien un moment o&#249; une subduction emportera tout cela par le fond magmatique, qui m&#234;lera tout &#8212; et bien malin celui qui parviendra &#224; y d&#233;nicher trace de notre passage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Attendons quelques millions d'ann&#233;es suppl&#233;mentaires, et c'est la plan&#232;te tout enti&#232;re que la nature ravalera. Quelle importance, au fond. Qu'y a-t-il l&#224; &#224; sauver, v&#233;ritablement ? En serions-nous dignes ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La s&#233;lection naturelle, parfois, ne retient personne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et nulle arche pour sauver le moindre couple.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est sans doute tr&#232;s bien ainsi.&lt;br class='autobr' /&gt;
En attendant, il faut bien. Il faut bien quoi ? Il faut bien poursuivre. S'imaginer heureux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la chance de pouvoir envisager le moment o&#249;, enfin, on pourra se dire que tout cela fut bien bel et beau, qu'assez de bonheur a &#233;t&#233; sem&#233; autour de soi, et qu'on a le droit.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'univers poursuivra sa course. Sans qu'on sache jamais o&#249; elle m&#232;ne, et c'est tant mieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourtant : justement. Savoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce cela qui me retient ? Cette soif ? Cette pulsion ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis cette f&#233;licit&#233; &#224; &#233;couter, voir, lire, embrasser, jouir, encore et encore, toujours et toujours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ruines</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Plus rien ne tenait debout. Rien. Faute d'entretien sans doute. Apr&#232;s tout il n'y avait plus personne pour le faire. Et m&#234;me avant cela, plus personne ne savait comment. De temps en temps, une structure d&#233;j&#224; de guingois, brinquebalant au gr&#233; des vents rachitiques, finissait de s'effondrer, cr&#233;ant un petit &#233;boulement qui se propageait, de proche en proche, tel ces dominos align&#233;s &#8212; dans l'un des derniers b&#226;timents encore debout, d'ailleurs, des enfants jadis avaient cr&#233;&#233; un fantastique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://inacheve.net/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Fictions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Plus rien ne tenait debout. Rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Faute d'entretien sans doute. Apr&#232;s tout il n'y avait plus personne pour le faire. Et m&#234;me avant cela, plus personne ne savait comment.&lt;br class='autobr' /&gt;
De temps en temps, une structure d&#233;j&#224; de guingois, brinquebalant au gr&#233; des vents rachitiques, finissait de s'effondrer, cr&#233;ant un petit &#233;boulement qui se propageait, de proche en proche, tel ces dominos align&#233;s &#8212; dans l'un des derniers b&#226;timents encore debout, d'ailleurs, des enfants jadis avaient cr&#233;&#233; un fantastique circuit, mais l'alarme les avait surpris avant qu'ils ne puissent terminer, on les avait appel&#233;, et appel&#233; encore, ils voulaient terminer leur jeu, mais les parents, comme de bien entendu, ne leur en laiss&#232;rent pas l'occasion (avec raison : le danger &#233;tait imminent), alors ils avaient donn&#233; une pichenette au premier domino, mais le manque de de temps les avait emp&#234;ch&#233; de tout v&#233;rifier et seul un petit m&#232;tre s'&#233;tait &#233;tal&#233; de tout son long : les vingt m&#232;tres restant &#233;taient encore debout, et avaient r&#233;sist&#233; contre toute attente &#224; toutes les avanies du temps ; c'&#233;tait bien la seule invention (imparfaite pourtant) qui t&#233;moignaient encore du g&#233;nie humain.&lt;br class='autobr' /&gt;
De leur c&#244;t&#233;, les continents avaient poursuivi leurs lentes et catastrophiques d&#233;rives. Des m&#233;tropoles enti&#232;res se retrouvaient au sommet des plus hautes cha&#238;nes de montagne &#8212; c'est ainsi qu'un feu de circulation, l&#233;g&#232;rement pench&#233;, marquait la nouvelle plus haute cime du monde, &#224; 9354 m&#232;tres d'altitude, au niveau du cercle polaire arctique (lequel, en raison de la modification progressive de l'axe de rotation de la plan&#232;te, &#233;tait &#224; pr&#233;sent 200 nautiques plus au nord). D'autres cit&#233;s, jadis si arrogantes, gisaient sous des dizaines de m&#232;tres de basaltes et de cendres volcaniques. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les eaux s'&#233;chinaient encore, elles aussi, &#224; leur patient labeur, mordant cruellement rocs et b&#233;tons indistinctement, r&#233;duisant les uns et les autres &#224; l'&#233;tat de sable d'une finesse sans pareille. Grignot&#233;es, les falaises faisaient r&#233;guli&#232;rement basculer une tour ou deux dans le ressac. Les canyons creusaient si profond que des lacs, noyant le moindre vestige de pr&#233;sence humaine, &#233;taient parfois n&#233;cessaires pour que l'eau puisse rejoindre la mer. Inutile d'invoquer la col&#232;re de Dieu : la nature se charge tr&#232;s bien elle-m&#234;me des d&#233;luges et d&#233;truit tout aussi bien la moindre esquisse de Babel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout romantique normalement constitu&#233; aurait trouv&#233; l&#224; mati&#232;re &#224; contemplation et paisible m&#233;lancolie &#8212; mais les romantiques, eux aussi, avaient disparu. Il n'y avait pas de raison apr&#232;s tout, non mais sans blague.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et les livres eux-m&#234;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors &#224; quoi bon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>M&#233;moire</title>
		<link>https://inacheve.net/spip.php?article654</link>
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		<dc:date>2026-09-08T12:25:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Voil&#224; bien trois d&#233;cennies qu'il n'a plus rouvert la partition. Trois d&#233;cennies. C'est compl&#232;tement fou. Bien s&#251;r, entretemps, il a eu, &#224; maintes reprises, l'occasion d'entendre l'&#339;uvre &#8212; dans des interpr&#233;tations vari&#233;es, plus ou moins &#224; son go&#251;t. Pourquoi y a-t-il song&#233; &#224; nouveau ? Il n'arrive pas &#224; se rappeler le fil de pens&#233;es qui l'y a men&#233;. Ah si peut-&#234;tre, maintenant qu'il se creuse les m&#233;ninges, il se souvient : il sifflait un autre quintette. La Truite. Pourquoi ? Aucune id&#233;e l&#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://inacheve.net/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Musique(s)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voil&#224; bien trois d&#233;cennies qu'il n'a plus rouvert la partition. Trois d&#233;cennies. C'est compl&#232;tement fou. Bien s&#251;r, entretemps, il a eu, &#224; maintes reprises, l'occasion d'entendre l'&#339;uvre &#8212; dans des interpr&#233;tations vari&#233;es, plus ou moins &#224; son go&#251;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi y a-t-il song&#233; &#224; nouveau ? Il n'arrive pas &#224; se rappeler le fil de pens&#233;es qui l'y a men&#233;. Ah si peut-&#234;tre, maintenant qu'il se creuse les m&#233;ninges, il se souvient : il sifflait un autre quintette. &lt;i&gt;La Truite&lt;/i&gt;. Pourquoi ? Aucune id&#233;e l&#224; encore. Ce qui est certains c'est que, de &lt;i&gt;La Truite&lt;/i&gt; au &lt;i&gt;Quintette en Ut&lt;/i&gt;, il n'y a qu'un pas que son esprit a franchi d'un pas all&#232;gre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est lui-m&#234;me qui s'est lanc&#233; le d&#233;fi : arriverait-il &#224; se souvenir de tout ? Il r&#233;fl&#233;chit, fouille sa m&#233;moire et s'avoue bient&#244;t vaincu : impossible de retrouver le premier th&#232;me. En revanche, l'introduction ? &#199;a oui. Facile. Ce do tenu, sorti du silence, comme venu de nulle part, pianissimo, crescendo, nouvelle attaque fortissimo, puis decrescendo &#8212; suivi, comme une plaisanterie, de cette petite arabesque, qui ouvre la fen&#234;tre sur un ciel soudain ensoleill&#233;, p&#233;tillant et clair &#8212; qui donne envie de faire quelques pas sautillants, pour finir en suspension dans l'azur. Puis un r&#233;, cette fois : pareil, tenu, crescendo, nouvelle attaque fortissimo, puis decrescendo&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est ainsi que, d'une note &#224; la suivante, d'une mesure &#224; l'autre, le tissu musical se d&#233;roule. Mais il ne retrouve pas encore le premier th&#232;me. Non. Pour cela, il faut terminer l'introduction, aller jusqu'au bout. Ce n'est qu'alors que sa m&#233;moire, telle la t&#234;te de lecture d'un lecteur &#224; bande qui n'a aucune id&#233;e de la suite, lui permettra enfin de fredonner le premier th&#232;me, ce saut de tierce suivi d'un arp&#232;ge descendant, fugato, s'interrompant furieusement pour reprendre aussit&#244;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et tout d&#233;roule. Est-ce ainsi qu'un com&#233;dien se souvient de son texte ? C'est en tout cas comme cela que notre homme se souvient de la musique. Comme si la partition se r&#233;&#233;crivait devant ses yeux &#224; mesure qu'il en d&#233;vide la pelote &#8212; mais sans possibilit&#233; pour lui de sauter directement &#224; un passage en particulier. Il doit bien exister quelques th&#232;mes qu'il est capable de convoquer dans l'instant, mais pour la plupart, il est forc&#233; de suivre pas &#224; pas le chemin musical.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



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