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Art contemporain

Dernier ajout : 12 octobre 2020.

Ici sont réunis, et remis en forme, les fragments d’un texte rédigé au fil de l’eau pendant les mois plombés par la Covid-19. Comme un pied de nez à l’époque, cette fiction est née de deux contraintes majeures : l’unité de lieu d’abord (avec cette image d’un truc monumental posé au milieu de nulle part), et ensuite en prenant (avec un malin plaisir) le contrepied du principe du rasoir d’occam, qui veut que l’explication la plus probable d’un phénomène est généralement la plus simple (par exemple, dans nos contrées, si l’on entend des bruits de sabots, on pensera plutôt à un cheval qu’à un zèbre).

Autres titres possibles :
Rasoir d’Occam
Étonnant, non ? (petit hommage à l’immense Pierre Desproges)


| Un texte au hasard |

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  • 3

    17 septembre 2020

    À présent que le tableau est dressé, examinons les diverses énigmes posées par ce monument. Et d’abord sa construction. À l’instar d’autres artefacts uniques en leurs genres, comme ces taciturnes et énigmatiques statues découvertes en 1560 Après Révélation au milieu du Grand Océan, l’édification de cette gigantesque colonne au milieu de nulle part interroge. D’autant que, selon toute probabilité, les paléoclimatologues situent cette construction au cœur de (...)

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  • V

    17 septembre 2020

    « C’est d’autant plus fou que, après ça, quand les flics sont venus pour leur enquête, ils ont fait une découverte hallucinante. Les rafales de mitraillette avaient tellement entamé le béton, qu’elles avaient découvert un truc caché à l’intérieur. « C’était là, vous voyez ? Il ne reste plus qu’un gros trou dans le béton. « Oui, c’est assez haut, environ au quart de la hauteur. Ça fait bien 50 mètres, déjà. Ils ont dû grimper. C’est comme ça qu’ils s’en sont aperçus d’ailleurs. Les gendarmes (...)

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  • 2

    16 septembre 2020

    Aujourd’hui encore, il est difficile de le décrire. La forêt secondaire est si touffue et les plantes grimpantes s’enroulent tant et tant autour de lui qu’on n’a jamais pu l’embrasser d’un coup d’un seul du regard dans son entier. Toutes les tentatives qui ont été faites de le dégager de sa gangue de végétation ont été vaines : même lorsqu’on parvient à se débarrasser de quelques plantes grimpantes, les plantes voisines et intelligentes, qui (...)

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  • IV

    15 septembre 2020

    « Ces trous, là ? Non, ce n’est pas l’accident du camion. D’ailleurs, vous voyez bien : ils sont plein de peinture. Ça veut bien dire qu’ils étaient déjà là à ce moment. Non, ils sont arrivés bien avant. Y avait encore de l’eau au fond du canyon à cette époque. « La pile était un lieu idéal pour ouvrir une échoppe pour les touristes qui venaient encore. La rivière était en contrebas. De la pile, on pouvait y accéder sans problème et rapidement à pied, mais on (...)

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  • III

    8 septembre 2020

    Un anniversaire

    « Les premiers lycéens qui l’avaient grimpé sont revenus pour rouvrir la voie et la rééquiper. Ils ne voulaient pas que les plus jeunes risquent leurs vies. Le premier scandale avait déjà fait pas mal de bruit et ils voulaient éviter d’être montrés du doigt comme d’immenses irresponsables. Ils ont profité de l’occasion pour fêter les vingt ans de leur bac, qui tombaient précisément cette année-là. Tant qu’à faire, ils ont voulu le faire là-haut ! Ils avaient installé de la musique et de la (...)

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  • 1

    8 septembre 2020

    Perdu au fin fond de la forêt vierge, à mille milles de toute terre habitée, l’artefact dont il est question ici a longtemps été caché à nos regards par une végétation touffue à l’extrême et d’un développement vertical exceptionnel. Jusqu’à sa découverte, au hasard d’une expédition menée par les fameux chrono-biologistes quimpancaix Jiro Hirubota et Voloira Moiloiroimoinoi — qui seront, quelques années plus tard, récompensés par le prestigieux Prix Hibal, justement pour leurs travaux sur la (...)

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  • II

    7 septembre 2020

    « Je ne suis pas le seul à avoir fêté mon bac dans cette vallée ! Tous les gens du coin le font. Chaque année, c’est un raout pas possible ici. Parfois, ils installent même des sonos monumentales. Avec les parois encaissées du canyon, ça fait une acoustique du tonnerre, sans vraiment déranger les voisins — d’ailleurs, quels voisins ? Plus personne ne vit plus dans le coin à part moi et le père Goriot. « Une année, le club de varappe du lycée a décidé de fêter son bac en (...)

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