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C’est une voix qui s’élève

vendredi 3 septembre 2010, par js.bach

C’est une voix qui s’élève. Si si, je t’assure, une voix parmi la cacophonie des voix. Elle est rauque et lasse, voilà quelques siècles qu’elle se bat sans relâche, fatiguée par tant d’années de lutte, tant d’hivers qui ont voulu l’éteindre.

C’est une voix qui s’élève. Elle bourdonne à nos sens, sans répit. Elle se noue à la gorge, s’accroche à l’estomac. Son onde est délicate et diaphane, elle assourdit le nombril du monde. Aussi (peu) assurée que son impéril, elle se lézarde comme un vieux mur baigné de salpêtre, qui tremble sur ses bases.

C’est une voix qui s’élève. Son chant est impérieux et confus. On ne tend l’oreille que pour mieux l’entendre s’éloigner. Elle a un regard d’enfant, qui interroge tous ceux qui l’écoutent, et impose son désarroi naïf.

C’est une voix qui s’élève, rouge sang, et sans lumière. Une voix qui n’est plus que murmure tant elle est détimbrée. Et cette angoisse pure, de son évanouissement.