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Ô Solitude !

25 janvier 2013

Solitude,

Solitude, mère de l’écoute et de l’éveil.

Solitude, tu ne fais pas avancer le schmiliblick.

Solitude, tu n’arrives à rien qu’à toi-même.

Je me souviens du temps où tu me terrifias. Ou c’était l’égarement absolu, le déchirement dans ton appréhension. Je me souviens de la peur, de l’angoisse extrême, de cette douleur essentielle qui me broyait, et qui m’a souvente fois mené à.

Je me souviens du temps où tu me privais de sommeil, me plongeait dans de longues nuits d’insomnie et d’anxiété débilitante, je me tortillais entre les draps, les muscles inlassablement tendus, secoués de spasmes, l’estomac noué. Je me tournais et me retournais sans répit, les épaules crispés, au point que le cou était douloureux.

Je me souviens de toi, Solitude, je ne m’en souviens que trop bien. Tu étais ma tortionnaire, tu me précipitais au tréfonds de tes oubliettes. La régularité de tes tourments était la seule certitude alors de mon quotidien.

Aujourd’hui, tu es une compagne plus délicate. Le plus souvent, tu restes silencieuse : tu gardes ta réserve avec tact. Parfois, tu m’insuffles une toute petite pointe de nostalgie, ou un désir fugitif, aussi fulgurant qu’éphémère, et dont je garde très rarement le moindre souvenir. Tu n’es pas en repos, non. Un changement de rythme, un essoufflement passager. Rien de plus.



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