Voilà à présent trois mois et un jour que je tiens, quotidiennement, ces Virus Diaries. De vous à moi, je n’étais pas certain d’en être capable. Il n’en demeure pas moins que ces pages n’ont jamais eu vocation à se poursuivre ad vitam aeternam. Pourtant, et je l’ai déjà dit, le titre que je leur ai choisi — dans une volonté d’originalité face au tsunami de journaux de confinement — m’interdit d’y mettre un terme rapide. Un virus ne s’en va pas comme ça : pendant combien d’années me suis-je (…)
Site de création littéraire plus ou moins expérimentale
Articles les plus récents
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Mercredi 17 juin
17 juin 2020, par Jérémie Szpirglas -
Mardi 16 juin
16 juin 2020, par Jérémie SzpirglasOn pourrait arguer que je ne suis pas un perdreau de l’année. Disons, à la rigueur, que je ne suis plus si jeune que j’ai pu l’être — et qui l’est du reste ? Même si j’ai l’impression d’être encore un gamin (à la fois l’âme du gosse que j’ai été, mais aussi son émerveillement et sa stupéfaction récurrente), je pense avoir (un peu) vécu, avoir (un peu) fait l’expérience de mes semblables et ne pas être (totalement) dénué d’une perspicacité psychologique (tout est relatif, n’est-ce pas ?). (…)
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Lundi 15 juin
15 juin 2020, par Jérémie SzpirglasMais qui donc lui écrit des discours aussi plats ? D’un autre côté, je l’avoue, je n’ai jamais aimé ses discours. Depuis le début, je les trouve maladroits, ampoulés. Même lorsque le sentiment que j’y devinais me semblait juste, leur formulation me semblait toujours « à côté ». Non par manque de sincérité sans doute (bien que), mais parce qu’elle ne m’apparaissait jamais destinée au présent, comme si j’y ressentais confusément la volonté de bâtir un nouveau modèle de discours politique qui, (…)
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Dimanche 14 juin
14 juin 2020, par Jérémie SzpirglasLes mécaniques ont quelque chose de fascinant. Les mouvement d’horlogerie, par exemple : ils semblent au laïc d’une complexité sans nom — qui s’éclaircit aussitôt qu’on s’attache à les déconstruire pour en comprendre chaque élément. Et l’on découvre alors que leur principe est plus ou moins inchangé depuis des lustres. Ils sont certes de plus en plus délicats, souvent de plus en plus petits, mais aussi épurés que possible. Rien de trop, rien qui manque, bien entendu. Et ce n’est évidemment (…)
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Samedi 13 juin
13 juin 2020, par Jérémie SzpirglasEntre les quatre murs aveugles, on se gava de mots, d’images et de sons. Il y avait de quoi faire. Dans les premiers temps, l’enseignement obligatoire à distance orientait les jeunes vers les grands chefs-d’œuvre — et les parents, dans leur ennui, suivaient leurs rejetons en bêlant, (re)découvrant ainsi classiques et références, qu’on avait à présent le temps de voir et revoir jusqu’à plus soif. Ce n’était qu’émerveillement après émerveillement, choc esthétique après choc esthétique, on en (…)
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Vendredi 12 juin
12 juin 2020, par Jérémie SzpirglasC’est une silhouette sombre qui bascule derrière les paupières. Quelques éclats de lumière intense occultés dans la chute, reparaissant immédiatement. C’est tout. Tout s’arrête. Un bruit inopiné, une turbulence musculaire réflexe, une vibration dans l’infrabasse, qu’importe. Les yeux s’ouvrent, l’image s’évanouit. On s’y replonge, on tente de se remettre dans les exactes mêmes circonstances, on essaie de se repasser le film, plus lentement, en l’examinant de plus près, afin de comprendre, (…)
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Jeudi 11 juin
11 juin 2020, par Jérémie SzpirglasAussi loin que je me souvienne, le pays, le monde, a été en crise. C’est peut-être le mot que j’ai le plus souvent lu et entendu prononcé dans les médias. Pourtant, le sens premier, médical, de « crise », très proche de son étymologie, est, je cite : « Ensemble des phénomènes pathologiques se manifestant de façon brusque et intense, mais pendant une période limitée, et laissant prévoir un changement généralement décisif, en bien ou en mal, dans l’évolution d’une maladie. » Je souligne (…)
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Mercredi 10 juin
10 juin 2020, par Jérémie SzpirglasEt oui, voici demain, justement. Fallait bien qu’il arrive, celui-là. Il prend son temps, mais le voilà, sans faute, ponctuel, 24h après son prédécesseur. Rien ne sert de courir, il faut partir à point, comme me le répète sans cesse mon fils aîné, lorsqu’il me défie à la course. Au passage, je commence, à l’instar de l’ennemi Desproges, à maudire La Fontaine, le fabuleux fabuliste. Ras-le-bol de ses morales insipides et paternalistes, sentencieuses et moralisatrices (bonjour, Monsieur de la (…)
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Mardi 9 juin
9 juin 2020, par Jérémie Szpirglas« Revenons à nos moutons. » C’est, finalement, le leitmotiv de ces dernières semaines. Sans cesse distraits, sans cesse revenant à nos agneaux. C’est un appel professionnel interrompu par un réveil de sieste intempestif. Une phrase commencée, à moitié écrite, interrompue par la demande d’un enfant en mal d’activités, ou par les pleurs suscités par une petite dispute fraternelle. Une solution de garde temporaire, qui s’arrête puis reprend, puis s’arrête à nouveau. Une livraison prévue un jour (…)
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Lundi 8 juin
8 juin 2020, par Jérémie SzpirglasNous ne pouvons faire ici l’impasse sur une autre hypothèse quant à cet arrêt général de toute activité. Une hypothèse qui suppose que la musique ne serait pas réellement une drogue. Du moins pas comme on pourrait l’entendre. Certes, elle plongerait les sujets qui y sont soumis à un ravissement profond, souvent collectif. Elle serait addictive, et d’un usage récréatif. Mais pas que. Ce serait aussi une drogue au sens de médicament : adoucissant les mœurs, apaisant ou exaltant les âmes, selon (…)
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