Oh que c’est beau ! On l’a tous entendu un jour. Et on l’a cru. Et on l’a appris. Et maintenant, on répète, comme des moutons. Oh que c’est beau ! Une montagne, la mer au loin, une skyline, un cumulonimbus bourgeonnant. Oh que c’est beau ! Les volets s’ouvrent sur une campagne verdoyante. Oh que c’est beau ! Que se passerait-il si, chaque fois, depuis tout petit, on nous avait dit : Oh que c’est laid ! Cachez cette vue que je ne saurais voir ! Alors tout le reste : Vermeer, Rembrandt, Bach, (…)
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Langues oubliées
Proses déconstruites/Langues oubliées
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Oh que c’est beau !
10 juillet, par Jérémie Szpirglas -
Pré-temps-cieux
9 juillet, par Jérémie Szpirglasle voilà, c’est lui, c’est moi, toujours un pas devant les autres, les mains labiles dansant au niveau de ses épaules, sans masquer jamais son visage, c’est lui, c’est moi, on ne le voit pas, il est partout, il montre, il démontre, il manifeste, il dit regarde, regarde, lis, vois, écoute, comme c’est beau, c’est si beau, c’est si beau, as-tu jamais vu quoi que ce soit de si beau, regarde cette phrase, écoute ce plan, ce ralentis, vois ce sublime suspendu, tiens, je te le suspends encore un (…)
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Le temps de
25 juin, par Jérémie SzpirglasTiens, ça tombe un jeudi, cette année. On aurait pu le calculer, on a bien dû, un jour, le calculer. On avait oublié. Ça prend par surprise comme ça, au dernier moment, au petit matin, sans tambour ni trompette, sans drapeau ni invitation. Pas de goûter non plus. On a passé l’âge. Il reviendra, mais pas tout de suite. En attendant, il s’agirait de s’échauffer. C’est le mot juste et pourtant. Pourtant il semble incongru. Comment s’échauffer lorsque tout est chauffé à blanc. Se dégourdir ? (…)
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Le monde n’est pas
24 juin, par Jérémie SzpirglasLe monde n’est Le monde n’est pas Le monde n’est pas très accueillant Ni pour toi ni pour moi Le monde ne nous Le monde ne nous ouvre pas Les bras Baisser Les bras Le monde ne nous ouvre pas Le monde ne nous accueille pas Les bras Baissés Les bras Ouverts Ni toi ni moi Ne nous ouvre pas Ne s’ouvre pas à Ni toi ni moi Et je Et je ne Et je ne sais Et je ne sais comment Le rendre plus accueillant Le monde n’est pas Le monde n’est pas Te cueillir toi Fleur en cours Non pas te cueillir mais te (…)
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Cette tristesse infinie sur ton visage, mon amour
23 juin, par Jérémie SzpirglasCette tristesse infinie sur ton visage, mon amour. Ça me brise le cœur, mon corps tout entier qui se disloque. Ton regard ailleurs : je sais à quoi il est occupé. Je sais. Il est occupé à ne pas penser à ça. Occupé à se forcer de s’obliger à penser à autre chose. La manie comme mécanisme de défense. Mais cette tristesse infinie qui sourd d’autour de tes yeux, mon amour. Et cette espèce de vide là où j’aime tant voir un éclat. Mon amour que puis-je faire ? Je ne sais pas. Et chaque fois que (…)
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Quand fuir ?
23 juin, par Jérémie SzpirglasQuand fuir ? Que fuir, on sait. Fastoche : le danger, le mal, le trop chaud-froid, l’effroi, l’effrayant, le terrible, l’horrifiant, la vague, le tsunami, la guerre, le sauvage, le terrifiant, l’incompréhensible, et tutti quanti — mais j’ai pas le temps ni la place dans la marge. Mais quand fuir ? Au moment propice, bien sûr. Mais c’est quand ? Bien avant ? Aussitôt avant ? Dans l’instant ? Alors que le danger est déjà là ? Mais alors qu’est-ce qu’on fout là ? On devrait pas être déjà partis (…)
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Que veux-tu dire ?
19 juin, par Jérémie SzpirglasQue veux-tu dire quand tu crées ? Que veux-tu dire quand tu écris ? Veux-tu d’ailleurs dire quoi que ce soit quand tu écris ? Ou alors écris-tu parce que c’est comme ça, parce ça se fait, c’est ce que tu as choisis de faire, parce qu’on te le demande aussi, souvent ? Pourquoi ce mot ? Et celui-ci, que tu mets juste à côté, pour lui tenir compagnie — a priori pour l’éternité, tu les as posés ensemble, c’est fini, on espère qu’ils s’entendront bien parce que ça ne bougera plus ? Parce qu’ils (…)
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Avancer à tout prix
17 juin, par Jérémie SzpirglasTête inclinée, regard fiché sur le sol.
L’ellipse de vision balayée de traits de lumière, points non fixés défilant.
S’accroche, butte sur une pierre saillante, une racine émergeant tel le dos d’un cétacé, une branche en travers.
Passés les premiers essoufflements, on avance, sans une pensée pour quelque but, on a le sentiment qu’on pourrait enchainer les pas sans fin, sans arrivée, sans bout.
On avance, les jours filent, lever, zénith, coucher, nadir, quelques sourires, quelques éclats, (…) -
Busy making other plans
15 juin, par Jérémie Szpirglas« Life is what happens when you’re busy making other plans. » Il est bien gentil, John — ou le sage zen quelconque auquel il a chipé l’idée —, mais si on fait des plans (sur la comète), c’est peut-être qu’on a à faire. Ce ne sont pas des plans en l’air (et les parties de jambe avec), ils ne sont pas là par hasard. Souvent ils répondent à des impératifs (avec point d’exclamation), ils doivent remplir des obligations, assumer des responsabilités, nourrir les enfants, faire chauffer la popote, (…)
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Coupable
11 juin, par Jérémie SzpirglasUn brouillard tombe alentours
Sphère de semi-obscurité — un mètre et demi peut-être
-- au-delà le flou, l’incertain —
au-dedans le serrement, le nœud
pèse, surplombe, pointe.
Les images défilent, netteté imparable,
sautent comme la pellicule sur un projecteur hors d’âge,
ou plutôt ce diamant sur un vinyle trop souvent écouté
et cette image projetée en 360° sur la surface de la sphère
cette image que je ne veux plus voir,
cette image dont je suis responsable,
cette image qui me (…)
Inachevé.net