Texte inachevé, inabouti, dont je ne suis pas encore satisfait, qui trouve sa place dans mes variations érotiques sur les cinq sens, ici, le toucher...
Cet été, souviens-toi, c’était la canicule. Et ça nous faisait grand effet. — Été passé sur les routes, à chercher l’ombre et la fraicheur, illusoire. Succession de chambres de lits, de couches indistinctes. Été qui n’est que souvenir de ton corps, torpeur assommante et moite, stupeur humide et sensualité hallucinée de somnambule.
Draps (…)
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Le Lac
28 février 2010, par Jérémie Szpirglas -
Bien agiter avant de servir — Servir très frais !
27 février 2010, par Jérémie SzpirglasJe suis perdu — sans allemand. Petit nègre infâme, sans résistance. Irrésistible, ou très résistible — paraitrait que ce serait la même chose. Moi, j’en sais rien, je suis perdu. C’est trop long, c’est trop énorme, c’est trop de choses, je suis débordé. Machiavélique petit caïd, qui fait la traite des légumes et des canapés (les deux) (dans un sens et dans l’autre). Ça brille, ça hurle, ça féconde de mort (et pourquoi pas ?). Faudrait faire un pas (de côté, de loin, d’arriéré de salaire), (…)
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Mâts
26 février 2010, par Jérémie SzpirglasIls sont là. Il y en a plus d’une centaine. Pointés vers le ciel, nus, inutiles. On imagine les drapeaux qui doivent y flotter, certains jours de grande s(c)ession. Mais là, rien. Ils pleurent avec les dernières gouttes de la pluie printanière et rémanente. Ils frissonnent un peu — on ne le voit pas, on le devine. Et puis il y a ce léger claquement de la drisse rongée par les intempéries. On est bien loin de la mer, malgré quelques mouettes qui jouent dans le ciel délavé et la lune pas bien (…)
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"La littérature n’est pas le seul lieu d’accueil de l’écriture"
25 février 2010, par Jérémie SzpirglasNotes prises sur le vif, pendant le spectacle chorégraphie L’oubli, toucher du bois de Christian Rizzo, le 25 février 2010, 20h.
Décor : pièce en travaux. Tréteaux, escabeaux, outils et ustensiles divers.
Scène 1 : De jeunes hommes arpentent la pièce, la vident.
Des gens qu’on déplace comme des meubles, des bibelots, précautionneusement, en même temps qu’on débarrasse le plancher, on les pose dans leur rigidité d’objet.
Musique : piano, répétitive, superposition de deux formules (…) -
Fragment II
24 février 2010, par Jérémie SzpirglasEncore un.
Ils sont nombreux. Nombreux, ceux qui essaient de lui ressembler. Qui imitent son look, cultivent le mal rasé, le plus ou moins sale.
Ils oublient toujours que tout ça n’était pour lui qu’apparence. Ce look n’avait de sale et de mal ficelé que ce qu’il renvoyait à l’œil indiscret et myope.
Encore un.
On les repère de loin. Pas même besoin d’être vous. Même moi. Je me dis : encore un.
Ils sont nombreux. Nombreux, ceux qui essaient de lui ressembler. Qui imitent ce qu’ils (…) -
Des grues (bis)
23 février 2010, par Jérémie SzpirglasOn croirait pas comme ça, mais c’est une machine délicate, une grue — un animal doux et familier, dont il faut s’occuper avec amour. J’en suis entouré, de grues. Y en a des tas, par troupeau, qui battent le gravas, font le pied de girafe, en bas de chez moi.
Evidemment, quand je dis ça, on me prend tout de suite pour un ignoble macho, on m’insulte, on me déteste, on me jette des verres d’eau à la figure.
Mais est-ce ma faute, à moi, la polysémie ? Est-ce que je suis responsable, moi, de (…) -
Une grue
22 février 2010, par Jérémie SzpirglasOn croirait pas comme ça, mais c’est une machine délicate, une grue — un animal familier et doux, dont il faut s’occuper avec amour.
Le nom, certes, est mal choisi. Grue — laid, lourd, râpeux en fond de gorge, nécessairement vulgaire. Girafe serait plus approprié, non ? Ce long cou, ces oreilles étranges qui ressemblent à des yeux de poissons fa, cet allure maladroite, gauche, ce déhanché d’adolescente qui a grandi trop vite — et surtout cet air perpétuellement naïf, ingénu, qui semble (…) -
VI
21 février 2010, par Jérémie SzpirglasIl est là, face à toi, et tu as presque oublié qui il est. Tu as oublié la raison de sa présence, ce que tu lui racontes. Tu parles, tu es ailleurs. Voilà à quel point tu as l’habitude de ces choses-là. Mécanique. Bien huilée. Tu n’as plus même besoin d’y songer, de les rappeler, de les convoquer pour les raconter — le cliché est là, à disposition, comme posé sur le buffet, tout près, sous ta main, avec dessus le fantôme magnifique et sublimé, et le sourire qui va avec, prêt à apparaître au (…)
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Inactivité
20 février 2010, par Jérémie SzpirglasL’inactivité pèserait sur la ville — comme un éternel jour chômé. Même le vent et les nuages sembleraient avoir abandonné leurs postes. Ce ne serait plus que silhouette figée et vaine. Pour la première fois, on entendrait le petit déclic mat et sec des permutateurs électroniques qui continueraient imperturbables à régir les feux de circulation, le grésillement persistant des néons, le battement paresseux de quelque drapeau sur une façade officielle, le souffle des souffleries et chauffages (…)
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V
19 février 2010, par Jérémie SzpirglasLe téléphone sonne. C’est une ligne spéciale — sonnerie froide et impersonnelle, que tu as fait installer il y a une bonne dizaine d’années. Tu sais que ces appels ne te sont pas vraiment destinés. Un peu comme les vendeurs de fenêtres et double vitrage, les démarcheurs en service commandé pour banques/assurances/agences de voyage, machines loteries. Ces appels ne te sont pas destinés, ils sont pour la veuve, non pour la femme. Depuis le temps, tu sais à quoi t’en tenir.
Tu sais qu’un (…)
Inachevé.net