C’est l’une de ces matinées printanières qui promettent promenades et jeux d’eau. Le léger voile nuageux, vaporeux et vierge, rend la lumière plus blanche et plus éblouissante encore.
Il ne fait pas si chaud, mais justement. Le soleil brûle sans qu’on s’en aperçoive vraiment. L’été n’est pas loin, mais il paraîtrait que la pluie non plus.
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Paris — 1er juin 2008 — avec le café
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Paris — Nuit du 31 mai au 1er juin 2008
1er juin 2008, par Jérémie SzpirglasMoiteur excitante, sensualité essentielle, sueurs et odeurs se mêlent à l’humidité tiède. Cette nuit est propice aux ébats sans fin, sans cesse recommencés, ces ébats où jamais jouissance n’étanche la soif.
Le cou est un refuge, le ventre un mystère, les cheveux une source abondante, les doigts insatiables fouillent la nuit et le ciel qu’on oublie. Qu’importe la nuit quand il en est ainsi ? Qu’importe la brise délicate qui se glisse dans l’entrouverture de la fenêtre et caresse les peaux (…) -
3 mai 2007 — 23 h 40
31 mai 2008, par Jérémie SzpirglasLe Zoo. Je suis installé au bar. Un type sur la banquette dessine (lui) sur son moleskine. Un groupe de « Jeunes pour Ségo » débat véhémentement juste à côté de moi. Les filles sont mignonnes (et clairement lesbiennes et l’une avec l’autre). Le dessinateur (« je vous emmerde ») a un air prononcé de Sarkozyste.
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2 mai 2007
31 mai 2008, par Jérémie Szpirglas« Faut pas faire des grimaces comme ça ! » Elle est entrée il y a quelques minutes et s’est installée sur la banquette en face, à deux ou trois mètres de distance. « Tu fais la moue, t’es adorable quand tu fais la moue. » Funny face, elle s’ennuie, regarde autour d’elle, joue avec ses ongles. « Tu m’as vu rire, tu te détournes et évites mon regard, tes yeux glissent doucement, rapidement. » Quand elle boit, elle amène sa bouche en baissant la tête, rentrée dans les épaules, vers la paille (…)
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Jeudi 26 avril 2007 — 22 h 45
31 mai 2008, par Jérémie SzpirglasDur de faire plante verte quand on est musicien. Petit concert de deux guitaristes chanteurs au Zoo. Leurs propres chansons sont d’une indigence étonnante. En reprenant quelques titres, ils attirent quelques voix (en période d’élection, ce vocabulaire me paraît très adapté).
Le Zoo est très rempli pour un jeudi soir. Personne n’écoute, pourtant, à quelques exceptions près, quelques groupes venus là sans savoir, et dont les conversations sont décousues et tuées par ce semblant d’animation (…) -
22 avril 2007
31 mai 2008, par Jérémie SzpirglasAvec du soleil dans les ruelles, des celsius sur les avenues et des mini-jupes aux terrasses des cafés. Cet après-midi dominical a un fort avant-goût estival et toute la population du bar s’est ramassée sur les deux rangées de table sur la rue. L’auvent est à moitié élevé, laissant le chaud soleil inonder les bras et les jambes nues, venant justifier les paires de lunettes hors de prix que l’on montre, sans souci pour ses yeux. Tenues décontractées ou semi-décontractées — on n’oublie rien de (…)
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14 avril 2007
31 mai 2008, par Jérémie SzpirglasCependant, en relisant certaines notes pour T.A.B.P., je trouve ces quelques textes assez passionnant, drôle même, souvent savoureux. Cet excellent exercice devient un excellent projet, certes nombriliste et surtout stylistique et technique, mais on pourrait imaginer un mode narratif plongé dans cet univers noctambule (et, occasionnellement, diurne). Et cela n’empêche pas, de temps en temps, de tricher, de choisir un autre bar, exceptionnellement et, peut-être, les hypothétiques futurs (…)
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27 mars 2007
31 mai 2008, par Jérémie SzpirglasAprès une longue absence-maladie, je retrouve l’endroit en apparence inchangé. Je me suis assis au fond, tranquille, place d’hiver dans ce printemps chaotique (doux, voire chaud aujourd’hui).
Une chose a changé néanmoins : un serveur est là que je ne connais pas. Pas de tête connue. Pas grand chose d’intéressant parmi la gent féminine. Sauf peut-être (Ma cousine, Berthe, elle s’est faite faire, une indéfrisable, elle est admirable, on en…) cette brune à la poitrine opulente, au visage (…) -
Paris — 31 mai 2008 — avec le café
31 mai 2008, par Jérémie SzpirglasGrisailles printanières. Moroses et tièdes.
Si ce n’était si éblouissant, j’aimerais décrire ces nuances du gris qui rythment le ciel, ces tâches à la fois informes et nettes de contrastes apparemment statiques. -
Paris — 31 mai 2008 — petit matin
31 mai 2008, par Jérémie SzpirglasMessiaen serait content. Il y a ce matin quelqu’un pour écouter le concert ornithologique matutinal. Certes, je ne relève rien, mais je suis là pour l’apprécier, cette délicate polyphonie de quelques rares chants, assourdis par les véhicules plus nombreux qui clôturent cette folle nuit.
Le ciel bleuit, découvrant ses minuscules pores blanches qui le parsèment, l’air est frais, on frissonne, on veut dormir, on va dormir.
Inachevé.net