Oui, un jour, je l’écrirai. Mais je n’écrirai pas que ça. J’écrirai autre chose aussi. J’écrirai tout ce que je me suis promis d’écrire, et tout ce que j’ai un jour promis à d’autres d’écrire. Ces dizaines de vies près de moi, ces dizaines de vies au loin, dont je meuble mon esprit et qui musent et m’usent le temps. J’écrirai toutes ces scènes, ces fantasmes qui n’exigent rien de moi que de taper sur quelques touches, j’écrirai toutes ces bêtises et ces mensonges dont je m’abreuve et qui (…)
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Articles les plus récents
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J’écrirai
8 mai 2009, par Jérémie Szpirglas -
J&C
5 mai 2009, par Jérémie SzpirglasC’est décidé, un jour, je l’écrirai. Ça se passera dix ans après la mort de l’autre, ou peut-être non, peut-être un peu avant, alors qu’il est encore vivant mais, cyclothymique et schizophrène, interné, les a laissé eux, les autres, ceux qui vont survivre, seuls avec les enfants dans la grande maison au bord du fleuve où, un jour, il a tenté.
Je ne sais pas exactement comment ça se déroulera. Serait-elle particulièrement triste ce jour-là ? Pensive au piano, relisant une lettre accompagnée (…) -
Sans-Titre XVII
4 mai 2009, par Jérémie Szpirglasextravagante exubérante insouciante
sensuelle spirituelle charnelle
truculente fascinante séduisante
charmeuse audacieuse enjôleuse
aguichante débordante excitante
goulue décolletée gracieuse
plaisante badine étonnante
tentatrice provocatrice actrice
charmante amante inspirée
aiguillonnée insomniaque titillée
fatiguée exaspérée désespérée
oublieuse malheureuse soucieuse
souveraine vaine incertaine
voie diva essentielle -
Sans-Titre XVI
3 mai 2009, par Jérémie SzpirglasL’homme est seul en scène, sur son estrade, six mètres au-dessus de tous. Il gueule dans un silence ordonné, gueule une haine par dessus la foule (hypothétique), l’appelle sans cesse amour, parle de sang, d’âme et de cœur, parle d’un pays (unifié), sans frontière, sans ennemi, dit qu’il est un pour tous, se reprend, un avec tous, dit et nie et (toujours) avance menace exige un amour sans partage, il gueule souffre, souffre de pouvoir, souffre de (son) pouvoir, souffre de ses 30 ans de (…)
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Ce mot qui de moi
1er mai 2009, par Jérémie SzpirglasUn mot.
Simple, chantant, terre-à-terre, brutal, doux, le mot en lui-même est absurde — on en a depuis si longtemps oublié le sens, si seulement il en avait un.
Et pourtant, c’est un mot un seul, un mot pour... un mot pour destiner(ée)... un mot destination.
Nature étrange et singulière entre toutes de ce mot multiple, qui convoque un visage, une voix, une démarche, une prestance, parfois même une allure et une odeur.
Deux ou trois syllabes — rarement moins, parfois plus — dont la (…) -
Sons oubliés
30 avril 2009, par Jérémie SzpirglasAprès une conversation avec Pierre Jodlowski sur son Passage...
le crépitement d’une machine à écrire, le cliquetis des vieux téléphones à cadran, le petit bruit parasite du diamant sur le vinyle, le claquement d’une cassette arrivée en bout de course, le sifflement d’un modem, le souffle électrique subclaquant d’un tube cathodique, l’accent rocailleux et doux, rempli d’arabe et d’italien, de ma grand-mère, le balancement bancal d’une pendule mal équilibrée, le tac sec d’un métronome à (…) -
Why not ?
29 avril 2009, par Jérémie SzpirglasWhy not, after all ? Girl meets boy, boy meets girl, and so it begins.
Toute une histoire. Toujours neuve. Toujours identique. Toujours vécue dans l’instant et pourtant toujours déjà vécue. La peur, l’appréhension, l’excitation, l’enthousiasme — ne fait-on que mimer ? Parce qu’on est supposé parce c’est ce qui se fait, parce c’est ce qu’on a lu, et qu’on aimerait bien que — ah ! méchante Emma, tu nous as tous perdus — et puis qu’on pense mériter — cette fois c’est moi, (…) -
Rien que
28 avril 2009, par Jérémie SzpirglasRien que d’penser que j’pourrais, ça m’fait marrer. Je dois avoir l’air bien con comme ça, à rire tout seul — à pouffer, on entend le souffle haletant de l’hilarité — en regardant du coin de l’oeil, si cillé par le rire qu’on le distingue à peine.
Et je les vois, les autres, si empesés, amidonnés, préparés, masqués et apprêtés, pénétrés, carrant les épaules, bombant discrètement — mais sans naturel — la poitrine, exposant sans tact leurs cuisses à demie écartées. Et je me marre. Je me (…) -
La facilité
27 avril 2009, par Jérémie Szpirglas— Aller, avoue-le, c’est par facilité, non ?
-- Non, vraiment, je ne vois pas ce que tu veux dire.
-- Mais si, tu sais très bien. Seulement tu ne veux pas l’admettre, tu ne veux pas te l’avouer même si, au fond de toi, tu sais bien que c’est la vérité, tu en connais la vérité.
-- Non, vraiment non. Rien n’est facile là-dedans. Entre en jeu de l’effort, de l’intelligence, et jusqu’à une capacité d’adaptation que tu ne pourrais même pas imaginer. Une forme de dépassement de soi. En quelque (…) -
Une courte pièce
21 avril 2009, par Jérémie SzpirglasEn haut, une estampe japonaise (reproduction, une de ces cartes postales un peu chic, repliée sur elle-même), dérive à gauche, une enceinte (datée), deux bougies dans des verres ronds (ventres évasés, verre transparent), un cintre (bois), une autre bougie (cube percé d’arabesques, pour projections odorantes), un miroir, retour à droite, un étendoir (avec, sous deux vastes draps noirs, une collection de vêtements et sous-vêtements délicats).
Le regard revient, se repose, coupable. « On » se (…)
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