Le passage clouté traversé, il se regarda dans la vitrine et comprit. C’est fou ce que les hommes, même les plus brillants, peuvent être longs à la détente. C’est peut-être une question d’éducation. Ils restent ingénus toute leur vie.
Celui-là, il lui a bien fallu cinquante mètres pour enfin comprendre. Il est trop gentil. Mais il y a des moments où ça suffit, où la gentillesse agace, exaspère même. Où une femme ne veut plus être adorée comme une reine, ou idolâtrée comme une déesse, elle (…)
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Articles les plus récents
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Et puis quoi encore ?
15 août 2008, par Jérémie Szpirglas -
Nuit d’insomnie
14 août 2008, par Jérémie SzpirglasNuit d’insomnie et de colère. Pas de sommeil. Il n’y a que du rêve. Rêve dur, amer et noir, à 99% de cacao.
Errance nocturne pour faire passer ça. On cherche le flou, l’ivresse impromptue, on ne trouve que la certitude du glauque, de la descente — aux enfers, comme il se doit —, du bruit brouillé — sans oeufs ni elles, ni bécot on the rocks —, certitude de la facilité de la complaisance, de la fièvre abandonnée.
Une marche en dessous on revient, on écrit, on repense à ce qu’on a déjà (…) -
Fantasmes de concert
14 août 2008, par Jérémie Szpirglas"Grandis !"
Je le pense et le répète dans ma tête. À l’adresse de ce jeune con qui pianote — tout dans les doigts (une mitraillette dans la main) rien dans la tête rien dans le coeur. "Grandis, enfin ! Il est temps de faire un peu de musique, Schumann ne méritait pas ça." Il a encore bien du chemin à parcourir ce garçon.
"Grandis ! pensè-je encore, avec un soupir."
Cependant, alors que je lui enjoins de "grandir", je me prends justement à contempler la poitrine de ma voisine, un petit (…) -
Portrait
13 août 2008, par Jérémie SzpirglasUne femme, fusain en main, fait des dizaines de croquis du quatuor en mouvement devant nous. Chaque feuille se couvre d’arabesques en quelques dizaines de secondes, puis glisse sur la pile que le mari tient sur ses genoux. Quand je la remarque, assise derrière moi, la pile doit bien en compter une cinquantaine.
Elle ne regarde jamais la feuille reste concentrée, sans ciller ni cligner les yeux, fixe les musiciens comme si elle voulait les avaler.
Le résultat n’est pas figuratif, loin de (…) -
29 janvier 2008 — Minuit
13 août 2008, par Jérémie SzpirglasDans l’intérêt de boucler une fois pour toute ce projet qui traîne par trop en longueur.
Je mens.
Je mens et j’arrive (relativement) à m’y tenir.
Ce qui est réellement intéressant (et étonnant) dans cette révélation n’est pas la révélation elle-même : d’une manière ou d’une autre, actions, sentiments, intentions, tout le monde ment. On se construit ainsi dans nos mensonges, derrière eux, en eux, une partie de nos vies, de nos personnes, de ces masques que l’on propose aux autres. (…) -
5 février 2007 — 23 h 23
5 août 2008, par Jérémie SzpirglasUn vieil homme assis en face de moi. Me pose quelques questions. Face bonhomme, sourire avenant. De bons yeux tout ronds sous un front large. Besoin de parler, s’est pris d’une soudaine, éphémère et brûlante, sympathie pour moi. Démesurée aussi.
Il n’est pas triste. Plaisante tente de provoquer par quelques raisonnements un peu limites mais clairement ironiques, et somme toute bien innocents.
Me parle des surréalistes. Une passion de jeunesse. Il connaît tout sur eux ou presque. (…) -
Janvier 2006
27 juillet 2008, par Jérémie SzpirglasLieu de débauche, lieu de mort, lieu du glauque. Lieu du rire. Un jeune seul, fasciné par les lumières rougeâtres, hypnotisé par le brouhaha et les lumières lénifiantes.
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Janvier 2005
27 juillet 2008, par Jérémie SzpirglasChauffage sous les fesses, je cuis. Je suis gêné. J’aimerais sortir et m’en débarrasser.
Voir aussi se transformer certains sourires, quand elles sont au lit — quand elles seront au lit ce soir. Savoir ce qu’est leur rire, la mue de leurs voix. Comment se transforment-elle ?
Quand le masque tombe, aussitôt remplacé par un autre qui sied plus à la situation.
Masque de solitude, masque d’aise, masque fermé placé entre elle et le monde — masque fermé, lisse, s’enfermant dans la banalité (…) -
5 octobre 2007 — 1 h 02
24 juillet 2008, par Jérémie SzpirglasL’élégance comme problème. L’élégance du port, du vêtement, de l’esprit. Est-ce que ça peut se rapporter à l’âme, l’élégance ? Ce n’est pas que ce soit superficiel, mais c’est presque gratuit (attention, c’est dur, mais c’est gratuit quand même).
Savoir décrire une atmosphère sans s’étaler, sans user de vagues métaphores. Deux ruches ne se ressemblent que de loin. On ne peut user de termes qui s’appliqueraient à deux situations différentes, à deux bars différents, à deux moments espacés (…) -
25 août 2007 — 1 h 10
24 juillet 2008, par Jérémie SzpirglasUne petite infidélité ne fait pas de mal. Surtout quand il s’agit de bars et que celui-ci n’est qu’à 15 mètres de l’habituel. L’endroit est plus clair, sans doute plus franchouillard (les banquettes, la carte, la livrée de serveurs), beaucoup moins peuplé à cette heure-ci un vendredi. Beaucoup moins bruyant donc. Je peux écouter de la musique (quatuors de Schulhoff — flashback, à Tours, grand parc en bord de Loire, écouter ce disque la tête sur ses genoux, elle, concentrée, en devient (…)
Inachevé.net