Comment me suis-je retrouvé dans ce lit ? Grand blanc sur la soirée d’hier. Aucune idée de ce qui a pu se passer. Ce que je sais, c’est que ce matin, très tôt, j’ai été réveillé de la plus agréable manière. J’ai même pensé un instant être en train de faire l’un de ces rêves érotiques matutinaux dont je suis coutumier. Un plaisir diffus m’envahissait, s’intensifiait, se précisait. C’était une bouche sur mon corps, sur ma poitrine, une bouche bientôt sur mon sexe tendu, une bouche qui allait (…)
Site de création littéraire plus ou moins expérimentale
Articles les plus récents
-
29 février 2008 — petit matin
5 mars 2009, par Jérémie Szpirglas -
3 mars 2007
28 février 2009, par Jérémie SzpirglasArrive chaque jour en milieu d’après midi. Entre 15 h 30 et 16 h 30. Petit, sec, un peu fripé, gros visage derrière de plus grosses lunettes. Commande un demi. Pose sa main droite sur la table, redresse la tête. Allume un cigare très fin qui fume déjà quand son verre arrive. Porte autour du cou, en bandoulière, un petit Leica qui garde ce cachet discret des beaux appareils des années 70-80. Regarde devant lui — il pourrait très bien avoir l’esprit vide, tout à fait, vide — ballet serein de (…)
-
Sans-Titre XV
23 février 2009, par Jérémie Szpirglasmétro luisant dispute le drame s’ouvre la tragédie est grecque les larmes sont de sortie odeurs nauséabondes
Elle vient de découvrir que son petit ami a dragué sa soeur — et, qui sait, peut-être pire.
Lui se défend. Non, ce n’était pas de la drague — ça ne tient pas — les aveux vont croissants :
Oui, je l’ai draguée, mais c’était sans y penser, par jeu / pour le plaisir ludique de séduire / sans penser à mal / innocent et sans dessein.
Oui, j’ai eu — j’ai senti / j’ai aimé — un petit (…) -
À quand un permis de diriger ?
16 février 2009, par Jérémie SzpirglasC’est au sortir d’un énième concert très attendu (un programme séduisant, un soliste brillant, un orchestre qui nous avait déjà enchanté par le passé) et gâché par un chef incapable que je n’ai pu contenir une légitime colère contre tous ces gens qui pensent qu’il suffit d’un queue de pie et d’une baguette — qu’on tient comme un manche — pour devenir chef d’orchestre.
Non, messieurs ! On ne s’improvise pas chef d’orchestre ! (Phénomène étrange, et certainement flatteur à leur égard, les (…) -
Incertitude
10 février 2009, par Jérémie SzpirglasTout avait commencé par de l’incertitude. Plus personne n’était plus sûr de rien. Vraiment. Pas sûr de dormir, pas sûr de rêver, pas sûr de manger, pas sûr de demain et de l’autre et du soleil et de l’air qu’on respire.
Alors chacun angoissait dans son coin. On ne pouvait pas angoisser ensemble, car on ne pouvait jamais être sûr de l’autre, non plus, jamais être sûr de l’autre avec lequel on aurait pu angoisser, jamais sûr de son angoisse ni même de son existence alors quoi. On restait (…) -
« Quatre est sur le lit... »
6 février 2009, par Jérémie SzpirglasIl est comme ça des phrases qui vous tiennent infatigablement éveillés — qui vous hantent presque. Elles reviennent comme des litanies lancinantes. On a beau les chasser, on a beau essayer de les rejeter à part soi, devant soi, hors de soi, elles reviennent encore. L’esprit encore ralenti essaye alors de les exorciser — il les dissèque, les manipule, les triture, sépare les phonèmes, guillotine les mots, cherche un moyen de les vider de leur sens pourtant déjà mystérieux. On a l’impression (…)
-
Encore dans l’air
5 février 2009, par Jérémie SzpirglasLa phrase est encore dans l’air, mais je continue, je laisse passer, un peu comme la pluie quand on est déjà trempé — les chaussettes dans les chaussures sont comme de vieilles éponges mal essorées, ça fait flotch flotch et on continue pourtant à marcher, on a hâte, on hésite à s’abriter un instant, c’est froid — les mots sont encore suspendus aux nuages et je continue, je laisse passer, je ne m’en préoccupe pas. Je m’avoue à moi-même à cet instant que je ne sais même pas ce qu’elle a dit, (…)
-
Paris — Nuit du 3 au 4 février 2009 — vers 4 h 25 et 19 secondes
4 février 2009, par Jérémie SzpirglasLe temps est au silence jaunâtre. On avance peu à peu — on ne le remarque qu’aux rares coups d’oeil lancés vers un quelconque pendule indifférente. La fatigue ne dit plus rien, le froid non plus — on avance seconde par seconde, sans paupière et sans soif. La solitude n’a plus cours par ce temps — n’a plus de sens dans cette fausse pénombre qui se cherche un autre nom. On regarde les choses vieillir, on constate la patine du temps, plus lisse sous les doigts, on ne sent plus le reste — ni les (…)
-
Où ira-t-il ?
3 février 2009, par Jérémie SzpirglasCertains lui ont dit que ce n’était pas bien. Il ne les a pas cru. Peut-être n’a-t-il pas voulu. Peut-être n’a-t-il pas réfléchi. Moi, je crois qu’il ne les a même pas écouté, mais rien n’est sûr. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’en a fait qu’à sa tête. Suffit de regarder le résultat. Et puis comme il rame à présent. Alors, bien sûr, quand on lui dit qu’on l’avait prévenu, il dit que c’est facile, ça, et qu’on peut bien prévoir l’avenir rétrospectivement, ça ne change rien, et que bon, c’est (…)
-
5 avril 2007
1er février 2009, par Jérémie SzpirglasLes tables ici sont si serrées qu’elles permettent non seulement les oreilles indiscrètes, mais donnent lieu à des quiproquos savoureux, sans conséquence dramatique, même quand elles sont érotiques.
Imaginez un large groupe d’amis. Ils se sont donnés rendez-vous là, ne se connaissent pas tous forcément et arrivent au compte goutte. On rencontre des amis d’amis, on amène qui on veut, la personne avec laquelle on a passé l’après-midi, le nouveau copain, la future copine qu’on essaie de (…)
Inachevé.net