L’homme est seul en scène, sur son estrade, six mètres au-dessus de tous. Il gueule dans un silence ordonné, gueule une haine par dessus la foule (hypothétique), l’appelle sans cesse amour, parle de sang, d’âme et de cœur, parle d’un pays (unifié), sans frontière, sans ennemi, dit qu’il est un pour tous, se reprend, un avec tous, dit et nie et (toujours) avance menace exige un amour sans partage, il gueule souffre, souffre de pouvoir, souffre de (son) pouvoir, souffre de ses 30 ans de (…)
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Articles les plus récents
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Sans-Titre XVI
3 mai 2009, par Jérémie Szpirglas -
Ce mot qui de moi
1er mai 2009, par Jérémie SzpirglasUn mot.
Simple, chantant, terre-à-terre, brutal, doux, le mot en lui-même est absurde — on en a depuis si longtemps oublié le sens, si seulement il en avait un.
Et pourtant, c’est un mot un seul, un mot pour... un mot pour destiner(ée)... un mot destination.
Nature étrange et singulière entre toutes de ce mot multiple, qui convoque un visage, une voix, une démarche, une prestance, parfois même une allure et une odeur.
Deux ou trois syllabes — rarement moins, parfois plus — dont la (…) -
Sons oubliés
30 avril 2009, par Jérémie SzpirglasAprès une conversation avec Pierre Jodlowski sur son Passage...
le crépitement d’une machine à écrire, le cliquetis des vieux téléphones à cadran, le petit bruit parasite du diamant sur le vinyle, le claquement d’une cassette arrivée en bout de course, le sifflement d’un modem, le souffle électrique subclaquant d’un tube cathodique, l’accent rocailleux et doux, rempli d’arabe et d’italien, de ma grand-mère, le balancement bancal d’une pendule mal équilibrée, le tac sec d’un métronome à (…) -
Why not ?
29 avril 2009, par Jérémie SzpirglasWhy not, after all ? Girl meets boy, boy meets girl, and so it begins.
Toute une histoire. Toujours neuve. Toujours identique. Toujours vécue dans l’instant et pourtant toujours déjà vécue. La peur, l’appréhension, l’excitation, l’enthousiasme — ne fait-on que mimer ? Parce qu’on est supposé parce c’est ce qui se fait, parce c’est ce qu’on a lu, et qu’on aimerait bien que — ah ! méchante Emma, tu nous as tous perdus — et puis qu’on pense mériter — cette fois c’est moi, (…) -
Rien que
28 avril 2009, par Jérémie SzpirglasRien que d’penser que j’pourrais, ça m’fait marrer. Je dois avoir l’air bien con comme ça, à rire tout seul — à pouffer, on entend le souffle haletant de l’hilarité — en regardant du coin de l’oeil, si cillé par le rire qu’on le distingue à peine.
Et je les vois, les autres, si empesés, amidonnés, préparés, masqués et apprêtés, pénétrés, carrant les épaules, bombant discrètement — mais sans naturel — la poitrine, exposant sans tact leurs cuisses à demie écartées. Et je me marre. Je me (…) -
La facilité
27 avril 2009, par Jérémie Szpirglas— Aller, avoue-le, c’est par facilité, non ?
-- Non, vraiment, je ne vois pas ce que tu veux dire.
-- Mais si, tu sais très bien. Seulement tu ne veux pas l’admettre, tu ne veux pas te l’avouer même si, au fond de toi, tu sais bien que c’est la vérité, tu en connais la vérité.
-- Non, vraiment non. Rien n’est facile là-dedans. Entre en jeu de l’effort, de l’intelligence, et jusqu’à une capacité d’adaptation que tu ne pourrais même pas imaginer. Une forme de dépassement de soi. En quelque (…) -
Une courte pièce
21 avril 2009, par Jérémie SzpirglasEn haut, une estampe japonaise (reproduction, une de ces cartes postales un peu chic, repliée sur elle-même), dérive à gauche, une enceinte (datée), deux bougies dans des verres ronds (ventres évasés, verre transparent), un cintre (bois), une autre bougie (cube percé d’arabesques, pour projections odorantes), un miroir, retour à droite, un étendoir (avec, sous deux vastes draps noirs, une collection de vêtements et sous-vêtements délicats).
Le regard revient, se repose, coupable. « On » se (…) -
Paris — 11 avril 2009 — 2 h 20
11 avril 2009, par Jérémie SzpirglasQu’importe après tout, qu’un mot ne soit qu’un mot, qu’une phrase ne soit qu’une phrase, et que rien ne nous soit révélé.
Ce ne sont que des mots en l’air, même quand ils sont écrits, dans la lourdeur du papier, ou l’irréalité des 0 et des 1 (sont-ce encore des 0 et des 1 quand ils sont si nombreux ?). Ils n’engagent à rien, justifient ou motivent tout.
Alors pourquoi me les arracher ainsi, pourquoi cette envie de les vomir, pourquoi cet engourdissement de ma langue lorsqu’ils remontent, (…) -
Danse devant mes yeux
8 avril 2009, par Jérémie SzpirglasC’est parti.
Danse devant mes yeux je t’en prie je t’en prie et non je ne te supplierai pas ça ne te suffit pas que je te prie il te faut plus il te faut des cris et de la fureur du sang et du sperme il te faut des agonies et des naissances les deux ensemble peut-être bien Danse devant mes yeux rouges et rougis je te veux je le veux je t’en prie récurrence du je du jeu du jeun dans ma prière à toi dans ce que je t’écris à toi à toi sans autre issue possible Danse devant mes yeux fatigués (…) -
Ocre et ombre
8 avril 2009, par Jérémie SzpirglasVisage d’ocre et d’ombre noire, bras effondrés, épaules affalées, les yeux fermés, même fermés, luisants caverneux. Plus loin une silhouette s’éloigne, démarche coupable, précipitée, coups d’œil nerveux. Et le soleil écrasant qui a remplacé le vent affolant. La poussière soulevée est encore suspendue, l’air est trouble au ras du sol, déforme les pavés et les plaques d’égout anachroniques. La place est déserte, les arbres ne disent plus rien, ils contemplent muets la scène, n’osent entraver (…)
Inachevé.net