Esquisse I
La scène n’est pas drôle en elle-même. Il faut juste attendre quelques minutes. Apprécier les efforts qu’elle fait. Pourquoi tient-elle à meubler ainsi chaque instant ? Parler ; d’une voix un peu rauque qui porte loin, bien malgré elle j’en ai peur. Complètement différent du type à ma droite dont la voix haut perchée est un murmure incessant, comme un bourdonnement de moteur d’avion, haut dans le ciel.
Tout un métier : pour tenir le haut du pavé, garder la parole pendant tout (…)
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Série d’esquisses — Esquisses I, II et III
8 octobre 2008, par Jérémie Szpirglas -
Sans-titre Froid I
8 octobre 2008, par Jérémie SzpirglasGlacier — oiseaux — vue
Dominé par la puissance massive de la montagne en face.
Au premier coup d’œil, tout paraît simple statique.
Chaque chose invariable, inaltérable, à sa place.
On a besoin de quelques dizaines de secondes pour s’accoutumer aux détails, comme quand on éteint soudain la lumière et qu’il faut laisser le temps à l’œil de se faire à la pénombre, de fabriquer les précieux bâtonnets, si fragiles, qui permettent notre vision nocturne. Les vagues sur la cascade, (…) -
Après Danse avec Bachir
8 octobre 2008, par Jérémie SzpirglasMassacre. Comment puis-je parler de massacre ? N’en ai vécu aucun, mis à part ceux dans ma tête. Sont terribles ceux-là, mais prêtent à rire, aussi, sans doute.
Un massacre. C’est quoi, un massacre. Et comment ça se dit, un massacre ? Ça ne se dit pas, ça ne se montre pas non plus. Trop grotesque, trop tragique pour risquer le grotesque. Trop horrible, inimaginable. Trop facile, aussi, de tomber dans un pathos inutile et sale (inhibitions). Et pourtant faudra bien. -
Fermé
6 octobre 2008, par Jérémie SzpirglasFermé.
On s’enferme sur cette petite place carrée — mérite à peine le nom de place. Porosité du calme, du silence. Quatre arbres malheureux qui n’ont pas eu le temps de grandi au grand air. L’un, plus large plus assuré, protège les trois autres. De quoi, on ne sait pas.
Illusion de la place. Illusion de la rotondité.
Que vient-on chercher là ? Une preuve à sa solitude : la preuve qu’on est seul, on revient, erre là un soir d’été — faux été, fausse soirée.
En colère. Colère, (…) -
Sur le passage du fantôme
6 octobre 2008, par Jérémie SzpirglasLes yeux bleus qui étaient d’une clarté de lumière et d’eau sont résolus, plus éclatants encore de détermination. Leur assombrissement n’est peut-être qu’une impression car l’essence de leur eau est inchangée — mélange.
Les paupières sont impures, le visage se marque, se défait de sa robe d’ingénuité.
Le fantôme paraît déjà sous la pâleur de la peau et la vie irréductible du bleu jaillit pour contredire le monde, lui dire non. Visage encore jeune, regard sans âge. L’Innocence derrière (…) -
Doutes
6 octobre 2008, par Jérémie SzpirglasL’arrogance vis-à-vis de ce qui vient d’en dessous. Relativité de cette supériorité, relativité du positionnement, du jugement. Arrogance pour se rassurer. Arrogance. Jugement. Mais pourquoi cela, le vrai, le fort, le pérenne, pourquoi ne viendrait-il pas de là ? D’où le verbe semble justement avoir fui. Doute sur la démarche de certains, que je ne peux m’empêcher de trouver à la fois complaisante, paresseuse, inutile, et surtout tellement condescendante dans sa litanie de compassion et de (…)
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Aix-les-Bains — 4 octobre 2008 — Tombée de la nuit
5 octobre 2008, par Jérémie SzpirglasLa nuit tombe tôt ici — nous sommes bien à l’est, et entourés de montagnes. Le ciel est à présent intégralement lavé — par la pluie, par le vent, que sais-je —, il est immaculé, avec quelque part au sud un croissant sans grâce de lune. Au couchant, de l’autre côté du lac, la crête se dessine, se cisèle avec une précision d’ombre chinoise (au couteau) sur le bleu nuit délavé (délacé) pastel du ciel. On pourrait presque, à quelques kilomètres de distance, distinguer chaque branche d’arbre, (…)
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Aix-les-Bains — 4 octobre 2008 — matin
4 octobre 2008, par Jérémie SzpirglasAix-les-Bains — Balzac — Peau de Chagrin — la fin — le lac — premiers émois littéraires sexuels — je ne l’ai pas sous la main donc aucune certitude — Pas de tentation ici — Première fois que je lis « débile » — les ruines du systèmes thermal (casino, grands hôtels n’ayant gardé que le nom, suites divisées en chambres) — automne contrasté et froid
Dès qu’on m’a dit Aix-les-Bains, j’ai pensé Balzac. Comme un réflexe, réaction immédiate au stimuli.
Balzac et La Peau de Chagrin. Je n’ai pas (…) -
Strasbourg — 24 septembre 2008 — 8 h
24 septembre 2008, par Jérémie SzpirglasC’est sans doute la seule chose que j’aie jamais aimée à la rentrée et pendant les quelques semaines qui suivaient.
Sortir de chez soi et découvrir, en descendant vers l’école collège lycée, qu’on a affaire à l’une de ces belles journées, rémanence ou persistance de l’été. La lumière la douceur la caresse du soleil qui n’a plus rien de menaçant comme il a pu l’être, même à la fin des vacances, font qu’on ne regrette pas (trop) de s’être levé si tôt.
Et puis c’est le début, on ne connaît (…) -
Strasbourg — Nuit du 23 au 24 septembre 2008
24 septembre 2008, par Jérémie SzpirglasJe suis arrivé en fin d’après midi.
Sommes le 23 septembre, mais le paysage qui a accompagné mon trajet était celui d’un printemps vert éclatant. Aucune trace d’automne sur ce chemin, dans cette trouée vers l’est.
Sorti de la gare, c’est cette même joie de vivre printanière que disait la légèreté la fraîcheur de l’air et du soleil. Envie de présent.
À un détail près. Aucune promesse, ni dans cette fin de journée, ni dans le début de nuit qui suit (et certainement pas dans la soirée (…)
Inachevé.net