Revenir à la mort de la langue. Exprimer l’inexprimable. Tourner autour du pot, constamment.
Ecrire, ce serait tourner autour du pot ? Egratigner la peau (la surface) pour distinguer dans le noir la forme d’un objet inconnu.
Le langage. Faut poursuivre, se forcer même.
Site de création littéraire plus ou moins expérimentale
Articles les plus récents
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NE PLUS PARLER — MORT DU LANGAGE
17 novembre 2008, par Jérémie Szpirglas -
Quotidien
17 novembre 2008, par Jérémie SzpirglasJ’ai peut-être tort. Le quotidien des gens m’intéresse peu (dans l’écriture, naturellement). Les observer dans leur apparence première, celle qui m’est immédiatement accessible par la vue, dans l’instantané, voilà ce qui m’intéresse dans leur quotidien. Ce qu’ils peuvent dire, se raconter, ce qui se passe dans leurs pauvres vies — ça, ça m’est totalement indifférent. L’instantané, opposé au court terme, aux pauvres anecdotes de vies.
Comment dramatiser chaque instant. Comment faire de (…) -
Série d’esquisses — Esquisses IV, V et VI
23 octobre 2008, par Jérémie SzpirglasEsquisse IV
Vérité inexistence — on n’a rien à dire. Vanité, inutilité constitutive.
Alors on s’accroche aux objets, aux fantômes, à un mysticisme vacillant quelconque et détourné.
On s’accroche, on s’abime. On se jette. Esquisse V
Profession de foi — expression qui m’a toujours étonné.
Que ne puis-je écrire simplement, bêtement, drôlement, tout ce qui me passe par la tête.
Aussitôt cette retenue, cette inhibition, qui me pousse au snobisme lexical, aux ambitions syntaxiques et (…) -
En lisant
20 octobre 2008, par Jérémie SzpirglasDes mots que je lis trop souvent en ce moment et qui m’insupportent, tant ils témoignent du snobisme de pensée d’une littérature qui, parfois bloquée, se réfugie dans la posture (ceci n’est nullement une critique de cette littérature, seulement une déploration d’un de ses principaux travers à mon sens), un vocabulaire qui finalement ne veut rien dire, passe-partout, matraque à défaut, peut-être simplement involontaire, peut-être pour attirer une attention qu’on a peur de voir vaciller car on (…)
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Mon écrivain à moi tout seul
19 octobre 2008, par Jérémie SzpirglasJe viens de relire dans Tumulte la relation que François Bon fait de sa rencontre avec un vieil écrivain, qu’il ne nomme pas mais que deux phrases à peine suffisent à identifier sans plus de doute. Et je me prends alors, fasciné par cette silhouette qui se dessine devant moi, grâce aux quelques mots presque arides de Bon, cette silhouette qui parle et qui dégage un je ne sais quoi de mythique étrangement humain et familier — je ne sais pourquoi, je revois les mains calleuses de mon (…)
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Des solistes et des hommes
15 octobre 2008, par Jérémie SzpirglasLe problème, ce sont ces manières qu’ils ont sur scène. Ces airs qu’ils se donnent de solistes d’un autre âge. Grandissez ! Vous n’avez plus l’âge de faire ces grimaces, vous n’avez plus 11 ans, et ce ne sont plus les Années Folles. Cette manière de jouer, cette manière de se représenter, datée, surannée, plait sans doute au grand-mères mais c’est tout. Et encore.
Et ça ne suffit pas, loin sans faut, à pallier la vacuité de vos interprétations, et renforce encore la vulgarité de vos (…) -
Citation
13 octobre 2008, par Jérémie Szpirglas« Vous les écrivains vous savez très bien que Freud a existé et vous avez l’obligation de faire semblant du contraire. »
(Olivier Bétourné, éditeur de son état, propos rapportés par François Bon au texte 216 de Tumulte) -
Déclaration de haine narcissique ou déclaration narcissique de haine et vice versa
9 octobre 2008, par Jérémie SzpirglasJe ne vous aime pas. Vraiment. Je ne voudrais pas vous paraître amer ou dépité, ni même méchant véritable — suis-je un faux méchant, ou un faux gentil ? —, mais voilà, je tenais à vous le dire : je ne vous aime pas. Vous n’êtes pas le / la seule / seul. Vous être nombreux dans ce cas.
Vous êtes lâche, mesquin, petit, facilement impressionnable.
Une belle liste de défauts, encore incomplète. Bien répugnante comme il faut. Et pourtant, si je réfléchis bien, ce n’est pas pour ça que je ne (…) -
Sans-Titre XIV
8 octobre 2008, par Jérémie SzpirglasSur la placette sans charme ni beauté de ce petit bourg du Conflent, l’oisiveté revêt un habit d’importance. La chaleur est menaçante, le gris changeant du ciel (sombre et changeant du ciel) point entre les branches alors que le soleil pèse encore, à petits poings serrés. Une brise agréable nous rappelle que ce petit conflit, de rien du tout, je répète, de rien du tout, est bien estival.
Coincée entre une terrasse de café et le parvis de l’église, la petite place à l’asphalte irrégulier, (…) -
Série d’esquisses — Esquisses I, II et III
8 octobre 2008, par Jérémie SzpirglasEsquisse I
La scène n’est pas drôle en elle-même. Il faut juste attendre quelques minutes. Apprécier les efforts qu’elle fait. Pourquoi tient-elle à meubler ainsi chaque instant ? Parler ; d’une voix un peu rauque qui porte loin, bien malgré elle j’en ai peur. Complètement différent du type à ma droite dont la voix haut perchée est un murmure incessant, comme un bourdonnement de moteur d’avion, haut dans le ciel.
Tout un métier : pour tenir le haut du pavé, garder la parole pendant tout (…)
Inachevé.net