Tout avait commencé par de l’incertitude. Plus personne n’était plus sûr de rien. Vraiment. Pas sûr de dormir, pas sûr de rêver, pas sûr de manger, pas sûr de demain et de l’autre et du soleil et de l’air qu’on respire.
Alors chacun angoissait dans son coin. On ne pouvait pas angoisser ensemble, car on ne pouvait jamais être sûr de l’autre, non plus, jamais être sûr de l’autre avec lequel on aurait pu angoisser, jamais sûr de son angoisse ni même de son existence alors quoi. On restait (…)
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Incertitude
10 février 2009, par Jérémie Szpirglas -
« Quatre est sur le lit... »
6 février 2009, par Jérémie SzpirglasIl est comme ça des phrases qui vous tiennent infatigablement éveillés — qui vous hantent presque. Elles reviennent comme des litanies lancinantes. On a beau les chasser, on a beau essayer de les rejeter à part soi, devant soi, hors de soi, elles reviennent encore. L’esprit encore ralenti essaye alors de les exorciser — il les dissèque, les manipule, les triture, sépare les phonèmes, guillotine les mots, cherche un moyen de les vider de leur sens pourtant déjà mystérieux. On a l’impression (…)
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Encore dans l’air
5 février 2009, par Jérémie SzpirglasLa phrase est encore dans l’air, mais je continue, je laisse passer, un peu comme la pluie quand on est déjà trempé — les chaussettes dans les chaussures sont comme de vieilles éponges mal essorées, ça fait flotch flotch et on continue pourtant à marcher, on a hâte, on hésite à s’abriter un instant, c’est froid — les mots sont encore suspendus aux nuages et je continue, je laisse passer, je ne m’en préoccupe pas. Je m’avoue à moi-même à cet instant que je ne sais même pas ce qu’elle a dit, (…)
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Paris — Nuit du 3 au 4 février 2009 — vers 4 h 25 et 19 secondes
4 février 2009, par Jérémie SzpirglasLe temps est au silence jaunâtre. On avance peu à peu — on ne le remarque qu’aux rares coups d’oeil lancés vers un quelconque pendule indifférente. La fatigue ne dit plus rien, le froid non plus — on avance seconde par seconde, sans paupière et sans soif. La solitude n’a plus cours par ce temps — n’a plus de sens dans cette fausse pénombre qui se cherche un autre nom. On regarde les choses vieillir, on constate la patine du temps, plus lisse sous les doigts, on ne sent plus le reste — ni les (…)
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Où ira-t-il ?
3 février 2009, par Jérémie SzpirglasCertains lui ont dit que ce n’était pas bien. Il ne les a pas cru. Peut-être n’a-t-il pas voulu. Peut-être n’a-t-il pas réfléchi. Moi, je crois qu’il ne les a même pas écouté, mais rien n’est sûr. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’en a fait qu’à sa tête. Suffit de regarder le résultat. Et puis comme il rame à présent. Alors, bien sûr, quand on lui dit qu’on l’avait prévenu, il dit que c’est facile, ça, et qu’on peut bien prévoir l’avenir rétrospectivement, ça ne change rien, et que bon, c’est (…)
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5 avril 2007
1er février 2009, par Jérémie SzpirglasLes tables ici sont si serrées qu’elles permettent non seulement les oreilles indiscrètes, mais donnent lieu à des quiproquos savoureux, sans conséquence dramatique, même quand elles sont érotiques.
Imaginez un large groupe d’amis. Ils se sont donnés rendez-vous là, ne se connaissent pas tous forcément et arrivent au compte goutte. On rencontre des amis d’amis, on amène qui on veut, la personne avec laquelle on a passé l’après-midi, le nouveau copain, la future copine qu’on essaie de (…) -
On fait un pas en arrière. On s’écarte, et les jours passent.
23 janvier 2009, par Jérémie SzpirglasOn fait un pas en arrière. On s’écarte, et les jours passent.
On aura bientôt oublié ce qui faisait le jour hier. Et pourquoi pas ?
Qu’avait-il, ce jour d’hier, de si séduisant, de si confortable ? Juste quelques sentiments à nourrir, quelques susceptibilités à ménager.
S’affranchir — quel beau mot — dépasser — trop juste —
Les talents sont pour si peu dans ce que les rêves suggèrent. Compter sur la force incertaine de la peur pour attiser l’espoir — fatigant.
Pourquoi pas refaire (…) -
je me penche et je t’embrasse
22 janvier 2009, par Jérémie Szpirglasil est tard, je ne sais même plus ce que j’écris, pas sûr que tout ça ait un sens, pas sûr que tout ça soit lisible (aurtograf and all)
je me penche et je t’embrasse
je te sais qui dors, je sais que tu dors, et je me sens aller faire de même : assez de travailler, surtout si inutile
je t’embrasse et m’approche encore
je vais te rejoindre — dans le sommeil — et peut-être plus loin, qu’en sais-je, à cette heure, on ne sait plus rien — l’esprit est ailleurs, la nuque endolorie, les yeux (…) -
15 janvier 2008 — 23 h 00
21 janvier 2009, par Jérémie SzpirglasFragments de quoi ? Fragments de vie, de désir, de relation. Fragments d’instantanés, fragments de rire. Bribe d’un discours qui part et qui coule. Bribes brèves, le temps d’un coup d’œil. Bribes de théories, de parcours tronçon — tablée, fournée.
Toujours ce désir de savoir où ça va, où ça se termine, que le fragment frustre — on n’ira pas au bout. On s’arrêtera en chemin. On interrompra la phrase, la conversation car on ne saura plus quoi dire ou, pire, parce qu’on n’aura plus rien à (…) -
19 janvier 2008 — Minuit quinze
21 janvier 2009, par Jérémie SzpirglasOn laisse traîner ses oreilles, on écoute la conversation d’à côté. Un type maniéré et gominé (oui vous avez bien lu, gominé !), enchaînant généralités et opinions péremptoires.
On arrive en cours de route, la conversation tire à sa conclusion. Mais on peut aisément imaginer ce qui nous a amené là. Le type, qui prétend avoir vécu dans « sept capitales différentes » (comme les sept péchés capitaux, ou les sept merveilles du monde), entreprend un comparatif. Tout y passe : l’accueil, (…)
Inachevé.net