C’est alors qu’il se trouve au pied d’une montagne, d’un monument. D’un roc isolé, engageant son éperon contre la grisaille de plomb d’un ciel trop bas pour être de là-bas. Le ciel est rouge de colère, et la montagne rougeoit sous sa coupe — nulle verdure, la roche luit sombre et écarlate comme du sang, sous son œil et le regard de la nuit. Péniblement, il pousse son inutile fardeau le long du sinueux sentier qui mène — espère-t-il — au sommet de l’éminence ardente. Il peine, ses yeux fixés (…)
Site de création littéraire plus ou moins expérimentale
Articles les plus récents
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Bien agiter avant de servir — Servir très frais !
12 janvier 2011, par Jérémie Szpirglas -
11 novembre 1983…
6 janvier 2011, par Jérémie SzpirglasJe lisais déjà. Un peu, beaucoup, en désordre. De tout. Des romans, des essais, de la science-fiction ou de la bande-dessinée. Me souviens de mon grand-père maternel, cheminot, militant communiste et syndicaliste qui m’emmenait acheter Pif Gadget. Il me semble bien que c’était le jeudi à l’époque. Oui, c’était le jeudi. C’était au temps de l’enfance. Je lisais déjà. Un jour, ce fut jour d’hapax. Je ne connaissais pas ce mot évidemment, ce qu’il signifiait, ce qu’il symbolisait. Ne (…)
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Elle fait des
19 décembre 2010, par Jérémie SzpirglasElle fait des gros O.
Des O tout ronds, énormes.
Des O monumentaux, caverneux, qui ouvrent des abîmes béants dans sa page...
Quant à ses M, ils sont mamelonesques
Comme autant de ponts suspendus gigantesques.
D’un bout à l’autre de ses lignes.
Ses C sont autant de signes d’inclusion qui avalent sa langue tout entière, tout rond, sans mâcher.
Le reste n’est que batons sans liant ni maizena, skyline hiératique étalée de phrase en phrase.
Ecriture aplatie, hiéroglyphique.
Elle (…) -
Au fil du Quintette
7 décembre 2010, par Jérémie SzpirglasNotes prises durant l’interprétation du Quintette avec piano op. 44 de Schumann, le 2 juillet 2010 dans la cour du Palais de Berberie d’Albi à 21h00 dans le cadre du Festival Tons Voisins. Les interprètes étaient : Eric Lacrouts, Simon Milone (violons), François Gnéri (alto), Alain Meunier (violoncelle), Denis Pascal (piano).
Travail d’écriture dans l’instant, en préparation de ma fiction autour du Quintette avec piano de Schumann...
1. Allegro brillante
Là — Tu es là — si forte — si (…) -
— Sans titre
3 décembre 2010, par Jérémie SzpirglasJe suis une battante. Je suis une battante. Je suis…
Je ne me suis jamais arrêtée. Portée par un dynamisme hors du commun, j’ai traversé la vie comme un joyrider. Pas le temps de penser. Plus vite, plus haut, plus fun. Search & Destroy. Sans le Search. A runaway girl of the nuclear a-bomb. Tu parles. ESSEC sans prépa. A sec t’as vu, comme mes-yeux-profonds-comme-la-nuit disait l’autre cramé père de ma fille, entre deux vodkas Red Bull, les pupilles aussi dilatées que la chatte d’une (…) -
Pas de
1er décembre 2010, par Jérémie SzpirglasPas de course et pas de vis,
Pas de Calais et pas mesuré,
Pascal et papa à demi orphelin,
Pas de danse et pas d’hélice,
Paralysé et pas possible de dormir,
Pas de deux et jamais sans trois,
Pas de quoi (casser trois pattes à un canard),
Pas de chance et pas chassé,
Pas d’idée et pas le temps. -
« Plaies et déliés »
5 novembre 2010, par Jérémie Szpirglashttp://maps.google.fr/maps/ms?hl=fr&ie=UTF8&msa=0&msid=105452997562689034800.000493c3d06406df41912&t=h&z=13
De deux séjours à Berlin, j’ai gardé de nombreux mots et phrases. Pourtant, la seule forme « textuelle » s’avérait insuffisante. Berlin est intéressante à beaucoup de point de vue, et deux de ces points de vue sont certainement l’espace et la topographie. Berlin porte les traces physiques de son histoire, à travers ses creux et ses pleins, ses vides et ses (…) -
érosion
15 octobre 2010, par Jérémie SzpirglasJ’érode mon réel. Mes livres s’ouvrent, mes stylos meurent, mes carnets se terminent, mes habits s’éliment et se trouent, ma montre tourne — toujours — à contre-sens. Le reste fatigue.
J’aime voir vieillir les objets qui m’entourent, les manipuler, reconnaître dans la patine laissée par le temps mes habitudes, mes défauts, mes manies et petites obsessions.
J’aime en contempler l’histoire et l’usure à l’aune de nos moments partagés — telles éraflures que je peux, avec un petit effort, (…) -
Fragment — Dérive
14 octobre 2010, par Jérémie SzpirglasNon, je ne veux pas. Je ne veux pas dériver, c’est hors de question. Ou alors donner une impulsion à cette dérive. La dérouter, la diriger, la maîtriser au moins.
En travers de ta route, jamais rectiligne, toujours de guingois.
C’est ton profil que tu présentes à l’adversité, ton trois-quart à tes amis.
Ton regard est traverciel, il glisse sur moi comme une goutte sur une feuille — se détache, tombe à terre.
Cessons un instant de jouer. -
Elles
7 octobre 2010, par Jérémie Szpirglassont toutes réunies là, en germe. Je les reconnais. L’une puis l’autre. Chacune de mes amours, avec ses fragilités et ses charmes. Celles que j’ai connues et celles que j’ai laissées échapper, celles que j’ai effleurées et celles que je n’ai que rêvées.
me retournent toujours le cœur, même ainsi, trop jeunes pour nous avoir vécus. Je les aime encore, mon cœur me pince. Je reconnais leurs regards, leurs sensualités cachées.
m’adressent ce soir un regard ignorant de nous, au fond duquel je (…)
Inachevé.net