Il y a quelques années encore, cinqdix ans peut-être, les affaires marchaient bien. Aujourd’hui, c’est dur. Très dur.
Vous me direz lacriselacrise, lacrisececilacrisecela. Mais non, la crise n’a rien à voir à l’affaire. La solidarité connaît pic grâce à la crise, la générosité, au moins d’un sourire — il n’est pas une personne dans la ville qui n’a dans son entourage quelqu’un en difficulté, au chômage, et l’identification est vite faite. Grâce à la crise, les autres, ceux qui demandent, (…)
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Articles les plus récents
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Sans-Titre XX
7 février 2010, par Jérémie Szpirglas -
La Branche ou l’Oiseau
6 février 2010, par Jérémie SzpirglasSalut vieille Branche, dit l’Oiseau,
En posant ses fesses à son bout,
Quoi, répond-elle, tu m’trouves si vieille ?
Je suis peut-être fatiguée, peut-être sur les genoux...
Ben t’as plus une feuille sur le ciboulot,
T’es toute ridée, noueuse comme un olivier et des longues oreilles,
Ça veut rien dire, c’que t’es bête !
C’est l’hiver, et si tu continues,
Sur moi tu n’te poseras plus,
Ni patte, ni plume, ni bec,
Sous la neige je ploies,
Sur le sol tu chois,
Ben, moi (…) -
Un pays de silence
5 février 2010, par Jérémie Szpirglas« Je t’aime — Je t’aime, dit-elle d’une voix douce et grave, avec ce petit empressement dans les consonnes qui seul la trahirait si son discours n’était si clair, Je t’aime — Je t’aime, répond-il, sa voix est singulièrement plus haute et légère, plus agitée, presque peureuse dans ses dentales, Si je ne t’aimais pas, je serais perdu dans un pays de silence. »
Aussitôt : a-t-il dit “pays” ou “océan” — “océan” serait plus attendu, “pays” fait un peu provincial, “pays” fait irrémédiablement (…) -
Sans Titre XIX
4 février 2010, par Jérémie SzpirglasJe suis irrémédiablement fasciné, envoûté, séduit (jusqu’au plus profond de mon sensuel), par le talent. Surtout lorsqu’il s’exprime hors de soi et sur une scène. Plus encore lorsqu’il se projette invisible, ondes vibrantes, cheveux hérissés.
Elle est lumineuse cette chanteuse. Lumineuse, aérienne, pleine de grâce — on croirait ce paysage de vallée enneigée, le vent froid inlassable de l’hiver soulève jusqu’à quelques mètres de hauteur de fines particules blanches étincelantes, un fin (…) -
Détresse du nageur de fond
3 février 2010, par Jérémie Szpirglas(souffle bien sous l’eau) bras droit, bras gauche, inspire, bras droit, (souffle bien sous l’eau) bras gauche, bras droit, inspire, bras gauche, (souffle bien) bras droit, bras gauche, inspire, (souffle bien sous l’eau) bras doit, bas gauche, hhinspire, bras qui croit, (t’entends ?) bras gauche qui file, rat de droite, instille, inspire t’arrête pas, non surtout ne t’arrête pas, débarrasse à gauche, (vacarme dans l’eau trouble) droiture, gaucherie, inspiration ne t’arrête pas sinon tu vas (…)
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Petits mensonges
2 février 2010, par Jérémie SzpirglasÀ force d’enchaîner les petits mensonges, on marchait à présent juste à côté de sa vie.
Au début, c’était simple. Un mensonge à la fois, deux, trois tout au plus — les mêmes pour tout le monde — les choses étaient clairs, pas besoin de se casser la tête. Mais on ne peut user des mêmes mensonges sur tous. Il faut s’adapter, trouver le bon, celui qui fera mouche. Et c’est là que l’affaire se complique.
Ce n’étaient jamais des mensonges bien méchants — quelques omissions, ou imprécisions (…) -
Paris — 1er février 2010 — 23h45
1er février 2010, par Jérémie SzpirglasTempête, ça craque, crâne
(agitation, rafales, embruns) (ça brûle, ça gèle, ça se fissure) (vanité, vide, sauceblanche)
Dépression, implosion, rides
(dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, sisisi, je vous assure) (ah bah ça, forcément, si ça dépresse, ça va pas tenir longtemps) (ben oui, pourquoi pas ?)
Trouée nuageuse, œil du cyclone, jambes lourdes
(no comment) (œil du cyclope, personne dehors, un troupeau de mouton paisse, impair et passe) (a marché, a beaucoup (…) -
Angoisse
31 janvier 2010, par Jérémie SzpirglasAngoisse — petit mot, quelques lettres seulement, à peine trois syllabes — grands effets — solitude acide — pollution bourdonnante — sècheresse en bouche et au coin des yeux — en bord de ciel, bordure de l’ombre — un bouchon en coin, au dessus de la tête et sous la main — ajouter à cela élancement au genou, belle recette pour une nuit farcie — angoisse — petit mot, grande farce — gaver, forcer, laver, délaver, vider, écailler — ma peau élimée, je la porte à grand peine, je la porte à grand (…)
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Bien agiter avant de servir — Servir très frais !
30 janvier 2010, par Jérémie SzpirglasJe ne comprends plus bien ma vie — si je l’ai jamais comprise. Je vois une maison arrêtée en bord de route, un homme à garde à vue en bord de mer, un toit sans attache, un genou solitaire. Ça part dans tous les sens, du sang sur une voiture, une femme au regard provocant assise sur le capot, un regard bleu profond, des sentiments impétueux et discrets.
D’image en image, d’instantané en instantané, de fragment en fragment, il est question de mémoire, de sirènes, d’ordinarité, de sublimes et (…) -
Pastiche(s)
29 janvier 2010, par Jérémie SzpirglasÔ Solitioude ! Que ne fait-on pas en ton nom !
Solitude ! Solitude ! Solitude ! Triste océan !
Dans ton cirque de chapeaux, de chaussures, de cravates,
Comme une voile qui faseye sur une onde trop plate,
La pâle peur (de l’abandon) mêle les gais névrosants
À ta botte, à tes pieds, à tes ongles, je suis,
Je reste. Une bouteille à la main,
De cigüe comme il se doit. Et sous la pluie,
Le visage vers le ciel, c’est bon pour le teint,
Trempé jusques aux os,
Trempé jusques au (…)
Inachevé.net