En tenant ce cap, il y a bien un moment où l’on va buter sur quelque terre. Et si celle-ci est plus ou moins pétrolifère, plus ou moins désertique, manifestement aride et disputée, il ne faudra pas se voiler la face : on sera bien sur terre habitée. Et notre homme y trouvera comme de bien entendu des persécutés — et plus souvent des persécutées, les pauvres, vraiment, ça, y a pas à dire, en termes de persécution, il n’y a décidément pas d’égalité des sexes — encore hier, sur le pont du (…)
Site de création littéraire plus ou moins expérimentale
Articles les plus récents
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Bien agiter avant de servir — Servir très frais !
18 janvier 2010, par Jérémie Szpirglas -
crêpe atout
17 janvier 2010, par Jérémie Szpirglascrêpe atout, dit l’andouille
tarte sur table !
tâte un tatillon, chaud de bon matin
t’exagères, dit l’autre qui file doux
demi-tour et vlan !
v’là la môme qui irrupte
à grands frais, de courant d’air en brise de mer
à mal carié carira le premier
bientôt perd sa voix,
et ses doigts et ses foies
retrouvera, retrouvera pas
il est amoureux (ou presque)
pauvre de lui, il est perdu ! -
Bien agiter avant de servir — Servir très frais !
16 janvier 2010, par Jérémie SzpirglasSur la table, une Une du Monde s’étale aux côtés d’un poisson non écaillé, d’une bougie à demie consumée, d’un crâne aux yeux vides et au cynisme attendri. Sur le mur, une reproduction d’un de ces paysages d’hiver, tout de glaces, de joues rougies et de jeux d’enfant, de Brueghel. En face, posée sur une cheminée éteinte aux cendres fraîches, une petite crèche faite d’un assemblage de ces grotesques sculptures miniatures de Daumier — on y voit parmi d’autres, un Victor Hugo sévère à grosse (…)
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Triste Topique
15 janvier 2010, par Jérémie SzpirglasPour beaucoup d’artistes (je le constate notamment avec beaucoup de force chez les compositeurs d’aujourd’hui, mais aussi chez moi), la théorie esthétique (et/ou critique) constitue comme un sur-moi au moi créateur. Sur-moi qui, comme à son habitude, peut aussi bien jouer un rôle d’inhibiteur que d’empêcheur de tourner (en rond, ovale ou carré selon ses préférences personnelles, ou même en errance aléatoire en deux ou trois dimensions), d’avancer. L’esthétique devient une critique (…)
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La Daurade et la Girafe
14 janvier 2010, par Jérémie Szpirglasdaurade au dos nu dodu
langues sur babines eaux à la bouche
girafe ton ventre gargouille
ça sonne creux silence
ça dérange les autres métrosagers
qui croient diverses flatulences
girafe incognito cachée dans le métro
(elle n’a pas pris son frigo)
pour pas pincer très fort range ses sabots
couverture sur croupe passe inaperçue
parisiens yeux baissés pas prêteurs d’attention
(c’est là leur moindre défaut)
veulent juste garder narines au chaud
Denfert — Non ! — Pas là (…) -
J&C (suite)
13 janvier 2010, par Jérémie SzpirglasSuite...
Gestes retenus, mots laissés non dits, que l’on tourne et retourne, qui hantent chaque instant, chaque instant inédits et inouïs.
Comment l’imaginer, à entendre le déchaînement — cascade d’expressivité expansive — de sa musique ? — ces longues phrases au lyrisme incandescent et non moins poétique, qui emportent le cœur bouleversent les sens font monter des tréfonds un chant inégal et insatisfait — geste généreux et large, incarnation palpable de désirs et de forts èthos.
Le (…) -
Bien agiter avant de servir — Servir très frais !
12 janvier 2010, par Jérémie SzpirglasC’est une fête. Ça évoque une fête. Si seulement ce T n’était là, ça serait la fête — avec sa ribambelle de prénoms exquis et croustillants, ses festins ripailleurs et gras, ses cendres grises de matinées post-avinées. Ça doit bien raconter quelque chose, une fête, non ? C’est une histoire, à part entière, qu’on narrera encore et encore, qu’on revivra à l’envi — à la prochaine fête, au prochain dîner. C’est un conte, tout un roman, une saga, une fête. Ça explose dans tous les sens, ça va et (…)
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Paris — 11 janvier 2010 — 18h38
11 janvier 2010, par Jérémie SzpirglasLe froid intense installé depuis peu — erratiquement accompagné de quelques ciels plus lourds que d’autres — éclaircit la tiédeur de nos perceptions.
Il y a dans ma vie un bourdonnement incessant qui ne se calme qu’en d’exceptionnels moments — nuit avancée, silence du sommeil des autres, tranquillité forcée de la ville.
Bourdonnement sonore, naturellement, lumineux aussi — si rare est l’obscurité complète dans la ville contemporaine, gâtée d’éclairage public de jaune sale, de phares (…) -
Ccilhés
11 janvier 2010, par Jérémie SzpirglasAdmirable extase ! Sur l’étang qui passe, tu flottes en majesté, blanche et pure, tu brilles d’autorité face à la nue qui te sourit. Tu n’as que ce choix, d’un vol d’azur et de grâce, abandonnant derrière toi tout rêve d’intime ou d’intérieur, de corridors étroits et de colimaçons malaisés. Tu vas droit, jamais ne tourne ou ne détourne ton regard, devinant seulement les fosses ardentes qui parsèment de droite ou de gauche et tenteraient tout coeur plus faible.
Ton esprit est vierge — quel (…) -
Vie de
9 janvier 2010, par Jérémie SzpirglasVie de séducteur, vie de collectionneur, vie de buveur et d’ivrogne, jour de fête, soir de plaisir, nuit de débauches et de paresses, vie d’opulence, vie de c’est Byzance, palais des papes, vie de contrition et de douleurs, vie d’erreurs et d’errances, vie de jeu, vie de je et puis moi, vie de guerre, de violence et d’herbe grise, vie d’amour et d’eau fraîche, vie d’harmonie, vie de torture, vous l’avez vu ?
Non ?
Inutile alors, d’aller plus loin, d’égrener ses vies et ses vices, ses (…)
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