Je viens de relire dans Tumulte la relation que François Bon fait de sa rencontre avec un vieil écrivain, qu’il ne nomme pas mais que deux phrases à peine suffisent à identifier sans plus de doute. Et je me prends alors, fasciné par cette silhouette qui se dessine devant moi, grâce aux quelques mots presque arides de Bon, cette silhouette qui parle et qui dégage un je ne sais quoi de mythique étrangement humain et familier — je ne sais pourquoi, je revois les mains calleuses de mon (…)
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Articles les plus récents
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Mon écrivain à moi tout seul
19 octobre 2008, par Jérémie Szpirglas -
Des solistes et des hommes
15 octobre 2008, par Jérémie SzpirglasLe problème, ce sont ces manières qu’ils ont sur scène. Ces airs qu’ils se donnent de solistes d’un autre âge. Grandissez ! Vous n’avez plus l’âge de faire ces grimaces, vous n’avez plus 11 ans, et ce ne sont plus les Années Folles. Cette manière de jouer, cette manière de se représenter, datée, surannée, plait sans doute au grand-mères mais c’est tout. Et encore.
Et ça ne suffit pas, loin sans faut, à pallier la vacuité de vos interprétations, et renforce encore la vulgarité de vos (…) -
Citation
13 octobre 2008, par Jérémie Szpirglas« Vous les écrivains vous savez très bien que Freud a existé et vous avez l’obligation de faire semblant du contraire. »
(Olivier Bétourné, éditeur de son état, propos rapportés par François Bon au texte 216 de Tumulte) -
Déclaration de haine narcissique ou déclaration narcissique de haine et vice versa
9 octobre 2008, par Jérémie SzpirglasJe ne vous aime pas. Vraiment. Je ne voudrais pas vous paraître amer ou dépité, ni même méchant véritable — suis-je un faux méchant, ou un faux gentil ? —, mais voilà, je tenais à vous le dire : je ne vous aime pas. Vous n’êtes pas le / la seule / seul. Vous être nombreux dans ce cas.
Vous êtes lâche, mesquin, petit, facilement impressionnable.
Une belle liste de défauts, encore incomplète. Bien répugnante comme il faut. Et pourtant, si je réfléchis bien, ce n’est pas pour ça que je ne (…) -
Sans-Titre XIV
8 octobre 2008, par Jérémie SzpirglasSur la placette sans charme ni beauté de ce petit bourg du Conflent, l’oisiveté revêt un habit d’importance. La chaleur est menaçante, le gris changeant du ciel (sombre et changeant du ciel) point entre les branches alors que le soleil pèse encore, à petits poings serrés. Une brise agréable nous rappelle que ce petit conflit, de rien du tout, je répète, de rien du tout, est bien estival.
Coincée entre une terrasse de café et le parvis de l’église, la petite place à l’asphalte irrégulier, (…) -
Série d’esquisses — Esquisses I, II et III
8 octobre 2008, par Jérémie SzpirglasEsquisse I
La scène n’est pas drôle en elle-même. Il faut juste attendre quelques minutes. Apprécier les efforts qu’elle fait. Pourquoi tient-elle à meubler ainsi chaque instant ? Parler ; d’une voix un peu rauque qui porte loin, bien malgré elle j’en ai peur. Complètement différent du type à ma droite dont la voix haut perchée est un murmure incessant, comme un bourdonnement de moteur d’avion, haut dans le ciel.
Tout un métier : pour tenir le haut du pavé, garder la parole pendant tout (…) -
Sans-titre Froid I
8 octobre 2008, par Jérémie SzpirglasGlacier — oiseaux — vue
Dominé par la puissance massive de la montagne en face.
Au premier coup d’œil, tout paraît simple statique.
Chaque chose invariable, inaltérable, à sa place.
On a besoin de quelques dizaines de secondes pour s’accoutumer aux détails, comme quand on éteint soudain la lumière et qu’il faut laisser le temps à l’œil de se faire à la pénombre, de fabriquer les précieux bâtonnets, si fragiles, qui permettent notre vision nocturne. Les vagues sur la cascade, (…) -
Après Danse avec Bachir
8 octobre 2008, par Jérémie SzpirglasMassacre. Comment puis-je parler de massacre ? N’en ai vécu aucun, mis à part ceux dans ma tête. Sont terribles ceux-là, mais prêtent à rire, aussi, sans doute.
Un massacre. C’est quoi, un massacre. Et comment ça se dit, un massacre ? Ça ne se dit pas, ça ne se montre pas non plus. Trop grotesque, trop tragique pour risquer le grotesque. Trop horrible, inimaginable. Trop facile, aussi, de tomber dans un pathos inutile et sale (inhibitions). Et pourtant faudra bien. -
Fermé
6 octobre 2008, par Jérémie SzpirglasFermé.
On s’enferme sur cette petite place carrée — mérite à peine le nom de place. Porosité du calme, du silence. Quatre arbres malheureux qui n’ont pas eu le temps de grandi au grand air. L’un, plus large plus assuré, protège les trois autres. De quoi, on ne sait pas.
Illusion de la place. Illusion de la rotondité.
Que vient-on chercher là ? Une preuve à sa solitude : la preuve qu’on est seul, on revient, erre là un soir d’été — faux été, fausse soirée.
En colère. Colère, (…) -
Sur le passage du fantôme
6 octobre 2008, par Jérémie SzpirglasLes yeux bleus qui étaient d’une clarté de lumière et d’eau sont résolus, plus éclatants encore de détermination. Leur assombrissement n’est peut-être qu’une impression car l’essence de leur eau est inchangée — mélange.
Les paupières sont impures, le visage se marque, se défait de sa robe d’ingénuité.
Le fantôme paraît déjà sous la pâleur de la peau et la vie irréductible du bleu jaillit pour contredire le monde, lui dire non. Visage encore jeune, regard sans âge. L’Innocence derrière (…)
Inachevé.net