Il est des livres que j’espère n’avoir jamais à écrire et que, pourtant, j’écrirai peut-être. Cette pensée est tout bonnement insupportable. À moins, justement, que toute écrire se fasse muette face audit insupportable.
Quels livres écrit-on ? Choisit-on vraiment ceux qu’on écrit ? Rien n’est moins sûr. Ou alors : ne rien écrire. Se contenter du silence, du ruminement intime, de la pensée pour la énième fois ressassée, du remugle du trauma en suspens. Ou alors contourner, faire avec, ou (…)
Site de création littéraire plus ou moins expérimentale
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Ce que je ne veux pas écrire
2 juin, par Jérémie Szpirglas -
Virginal (bis)
1er juin, par Jérémie SzpirglasJ’envie mes enfants. Je les envie de tout ce dont ils font l’expérience pour la première fois, de cette fraicheur toute particulière dans la découverte, même d’une œuvre très ancienne, mais qui vous frappe comme le saut de peinture la toile blanche et vierge, tâche éclatante (dans tous les sens du terme) qui ruisselle sur tout le reste. Une chose m’amuse particulièrement à présent qu’ils sont assez âgés pour avoir un peu de bagage et d’attention aux détails : leur capacité à détecter la (…)
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Quand le contrepet devient politique
29 mai, par Jérémie SzpirglasLa langue a quelque chose de magique. Pleine de tiroirs et de clins d’œil, de tours de passe-passe et de lapin dans les chapeaux. Peut-être une des raisons pour lesquelles j’aime tant jouer avec. Un peu comme les Lego pour un enfant. Certes, il y a pour chaque boite un plan, une marche à suivre, qui permet d’arriver à une imitation quasi parfaite de la réalité (ou de la fiction, au reste, ce qui n’est pas sans manquer de sel non plus, vivent les doubles négations). Mais il y a aussi cette (…)
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Débordé
28 mai, par Jérémie SzpirglasDébordé, débordement, piscine, piscine à débordement, en nage dans la piscine à débordement, si débordé qu’on est, si dépassé, en nage et en nageant dans ce débordement sans borne, débordé, déborné, libéré, délivré. Je déborde, ça déborde, de tout côté, de la piscine, ça colorie de partout, ça dépasse, ça rougit, ça monte, ça délimite, ça déborde des limites, des moyennes, avec ce petit flux qui continue, ce petit rayon de soleil qui chauffe, qui brule, comme une minuscule voie d’eau, voie (…)
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Des histoires de familles
27 mai, par Jérémie SzpirglasDes histoires de famille, j’en ai plein les tiroirs — et pas que les tiroirs du reste. J’en ai des grandes, des belles, des minables, des drôles, des touchantes, des émouvantes, des tragiques, pour tous les goûts et de toutes les couleurs. J’en ai plein, que je raconte volontiers, au détour d’un dîner ou d’un verre à moitié plein (oui, je suis comme ça, moi, aujourd’hui du moins), et qui enchante, je crois, réellement mon auditoire. Des histoires fascinantes, une véritable épopée, qui (…)
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Déjà, en Grèce tantrique
26 mai, par Jérémie Szpirglas« Déjà, en Grèce tantrique, les températures étaient accablantes, les sècheresses émoussantes, les soleils harassants. Cycle naturel, parait qu’ce s’rait. J’sais pas, j’y connais rien. J’fais rien qu’à répéter c’que la dernière personne qui m’a causé m’a dit. Seriez venus hier qu’ç’aurait sans doute été autre chose. Peux pas le garantir, mais c’probable. J’vous assure, déjà, en Grèce tantrique, y avait tous ces machins-là. Pourtant, z’avaient pas encore envoyé leurs fusées, qui font que des (…)
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Virginal
21 mai, par Jérémie SzpirglasJe m’en souviens comme si c’était hier. Allongé sur mon lit d’enfant, dans ma chambre d’enfant, avec au mur mes posters d’enfant. Quelques minutes — ou quelques heures, qu’en sais-je ? — plus tôt, j’avais pris sans trop y croire un livre dans la bibliothèque familial. Un livre dont on m’avait dit du bien, mais je restais encore très méfiant vis-à-vis des recommandations parentales — je découvris plus tard que j’avais bien tort à ce sujet. Je l’avais pris, l’avais ouvert. Et d’un coup ce (…)
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Mon royaume pour des amphet !
20 mai, par Jérémie SzpirglasAprès Des amphèts pour un amphi, titre qui a jailli comme ça, dans mon esprit, à la lecture d’un article de presse sur l’usage non médical de psychotropes par des étudiants stressés, d’autres titres m’ont pris d’assaut (en rafales, bien sûr). Aujourd’hui : Mon royaume pour des amphèts ! Et, aujourd’hui comme le mois dernier, livrons-nous à nouveau à ce petit exercice d’imagination : à partir d’un titre donné, tenter d’esquisser une intrigue, un pitch. Plus qu’un roman de la Série Noire, Mon (…)
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Abymes oniriques
19 mai, par Jérémie SzpirglasÀ peine éveillé, je m’aperçois que je rêve encore — sentiment familier et trompeur, avec comme une pointe de satisfaction du rêveur que je suis à l’idée que ma nuit se poursuit, que ce n’est ni le moment de se lever, ni une inopportune insomnie. Je rêve encore, mais, comme souvent au réveil, je me souviens du rêve dont je sors à peine. Dans les brumes encore mal dissipées de ce réveil en rêve, je m’avise de la présence de C., une amie que, au demeurant, dans la vraie vie réelle hors rêve, je (…)
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« J’écoute de tout. »
18 mai, par Jérémie Szpirglas« J’écoute de tout. » Voilà une phrase que j’entends beaucoup. Tout le temps. En grand fan de course au large, c’est une phrase glissée à tout bout d’interviews : « À bord, j’écoute de la musique, je me suis fait une playlist, un peu de tout. »
Et puis plus jeune, quand on rencontrait de nouveaux amis et que la conversation tombait, par défaut, après avoir évoqué la pluie et le beau temps, sur la musique.
« J’écoute de tout. » Et généralement le « tout » est assez réduit.
C’est une (…)
Inachevé.net