C’est pas passé loin. À une (petite) dizaine de mètres près. Si on croit à ce genre de choses, bien sûr. Je ne sais pas. Je ne sais pas si j’y crois. Dans un film, peut-être. Peut-être que j’y croirais. Mais dans la vie ? Rien n’est moins sûr. Ce qui est certain, c’est que ce n’est pas passé loin. En d’autres lieux, d’autres temps, pas sûr que je m’en serais sorti aussi bien. Parce qu’en plus ça tombe. Comme à Gravelotte, comme dirait l’autre. Ça tombe de tout côté. On se demande si c’est (…)
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Articles les plus récents
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De justesse
4 novembre, par Jérémie Szpirglas -
Ralentir
3 novembre, par Jérémie Szpirglas« Comment fait-on pour tout arrêter ? Dites-moi : comment ? J’aimerais tellement que ça s’arrête. Que tout s’arrête. Qu’on s’immobilise un instant, qu’on reprenne son souffle, qu’on prenne un peu de recul, qu’on fasse un pas de côté, que le ressort cesse de se détendre, un instant seulement. La course est folle — même dans la plus extrême lenteur. Alors quoi : ce tunnel, sans fin ni lumière au bout, lancé comme une particule dans un le vide intersidéral, vers les frontières de l’univers, (…)
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Lente apocalypse
2 novembre, par Jérémie SzpirglasCe ne sera pas un feu vengeur exterminant d’un claquement de doigt le vivant dans son entier. Ce ne sera pas une onde-corpuscule de mort, se propageant de proche en proche, abattant tout sur son passage, jusqu’à éteindre l’univers. Ce ne sera pas une éclipse soudaine, les lumières se retrouvant d’un coup les ténèbres. Ce ne sera pas un immense brasier, ni une météorite fracassante soulevant laves et fumées asphyxiantes. Ce sera plutôt une lente apocalypse. Une apocalypse qui ne vient (…)
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La Chute
27 octobre, par Jérémie SzpirglasParfois, ça vient d’un coup, sans prévenir. La commotion est telle que la conscience se suspend quelques instants, on prend congé de soi, et rien ne parviendra à reconstituer l’absence.
D’autre fois, ça vient doucement. On la voit arriver, comme dans un ralenti de cinéma. On sait ce qu’il faut faire pour l’éviter, on le fait d’ailleurs, mais le destin en a voulu autrement : qu’importe, ça continue, imperturbablement, inéluctablement, fatalement. Inébranlablement — ce qui est quand même le (…) -
Bande annonce
26 octobre, par Jérémie SzpirglasAu Brésil, et plus largement dans toute l’Amérique latine, on les appelle « telenovelas » : c’est bien la preuve qu’une certaine filiation existe entre roman et série télévisée. Les lecteurs du XIXe siècle suivaient-ils avec autant d’appétit et d’enthousiasme les Mystères de Paris que les fans de Game of Throne attendent le prochain massacre ? Ils étaient sans doute moins nombreux en valeur absolue, mais en proportion de la population lettrée, le club des accrocs devait être à peu près (…)
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Extrapolation III
23 octobre, par Jérémie SzpirglasPetit exercice : se saisir d’un événement anecdotique du quotidien, d’une anfractuosité du réel, et l’extrapoler en fiction — du moins dans ses grandes lignes.
Ils étaient là, tous les deux, devant moi, et je ne savais auquel m’adresser. Impossible de démêler la hiérarchie entre les deux. Certes, l’un semblait plus âgé, mais l’autre dégageait bien plus d’assertivité. On en serait presque réduit à recourir à ses préjugés. Ce n’est que plus tard, lorsqu’ils se sont mis à travailler, que (…) -
Bonimenteur
22 octobre, par Jérémie SzpirglasAu hasard d’une lecture , j’ai récemment appris que, outre l’éventuel musique improvisée, les premières séances de cinéma était souvent accompagnés d’un bonimenteur. Sorte de Monsieur Loyal des (é)toiles, il racontait autant qu’il commentait, expliquait, mettait en exergue, attirait l’attention sur tel ou tel détail. Tenant tout à la fois de l’aède, du conteur, du conférencier, du cinématologue avant l’heure, c’était un comédien, un improvisateur, un ambianceur, toujours à l’écoute de son (…)
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Crise d’ado
21 octobre, par Jérémie SzpirglasEn fait, c’est ça. Ce n’est pas plus compliqué que ça. On est en pleine crise d’ado. On le sait, un ado ne grandit pas de manière uniforme : il gagne en maturité dans certains aspects de sa personnalité, peut même exceller dans certains domaines bien particuliers, mais reste enfant dans d’autres. L’humanité, c’est pareil, non ? On a des prix Nobel et des psychopathes. Au sein d’un même ensemble, l’humanité excelle dans certains domaines de la connaissance, tout en continuant à jeter son (…)
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Ce que l’IA fait à la langue
20 octobre, par Jérémie SzpirglasLa première fois que ça m’a frappé — ça m’est sauté aux oreilles même —, c’était il y a presque vingt ans. Au cinéma. Un film d’espionnage « made in France » — quand le cinéma français voulait encore imiter les audaces d’un Bourne, hélas, sans y mettre ma moindre once d’originalité. Et cette réplique, prononcée par une héroïne en mauvaise posture, ligotée sur une chaise et en passe d’être torturée : « Pas moyen que je parle », dit-elle, pleine de fiel et de provocation. « Pas moyen que je (…)
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Ville de rêve
19 octobre, par Jérémie SzpirglasParmi mes rêves récurrents, il en est un en inlassable développement génératif — à la croisée des chemins entre le « rêve étrange et pénétrant / D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime, / Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même » de Verlaine et « la forme d’une ville / Change plus vite, hélas ! que le cœur d’un mortel » de Baudelaire. Entre les deux, je suis bien barré : va falloir être au niveau. C’est donc une ville rêvée. Ville de rêve, ville dont je rêve et que je (…)
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